Le Grand Prix des États-Unis 2025 à Austin a une fois de plus offert son lot de rebondissements. Si Charles Leclerc a signé une performance maîtrisée pour offrir de précieux points à Ferrari, tous les yeux se sont tournés vers Lewis Hamilton dans les derniers instants de la course. Le septuple champion du monde — désormais pilote Ferrari — a bien failli perdre une quatrième place durement acquise face à un Oscar Piastri très pressant. Retour sur un final sous haute tension et les leçons stratégiques pour la Scuderia.
Un dernier tour sous tension : Hamilton proche de tout perdre
Alors qu’il évoluait en quatrième position derrière son coéquipier Charles Leclerc, Lewis Hamilton a vécu un dernier tour extrêmement difficile sur le tracé texan. Dans les deux premiers secteurs, le Britannique a perdu pas moins de sept secondes. Une chute brutale de rythme qui a mis sa position en grand danger face au pilote McLaren, Oscar Piastri.
Dans une déclaration relayée par Motorsport.nextgen, Hamilton a décrit la situation avec franchise : « Je me suis dit ‘bon sang, qu’est-ce qui se passe ?’, mais j’ai réussi à tenir le coup dans les deux derniers virages. J’ai eu un énorme sous-virage dans le dernier. Je pensais que l’aileron avant était cassé ou qu’il y avait un problème avec le pneu. C’était vraiment juste. »
Ce retour brutal à la réalité en fin de course souligne les limites encore bien présentes sur la SF-25. Si la Scuderia a réalisé des progrès notables en matière de rythme de course et de gestion des pneus, certains instants critiques montrent que la voiture reste vulnérable, notamment face à la dégradation dans les derniers tours.
Des performances encourageantes, mais un déficit à combler
Au-delà de ce problème inattendu dans le money time, Hamilton reste satisfait de son week-end à Austin : « Dans l’ensemble, ce dimanche a été productif. La course d’aujourd’hui a été un bon résultat pour l’équipe et nous avons gagné de précieux points. Mon premier relais était encourageant, et je me battais pour la troisième place, mais après mon arrêt au stand, l’écart avec les trois premiers est devenu trop difficile à combler. »
Un constat lucide qui met en lumière les progrès accomplis par Ferrari depuis l’entame de la saison 2025, mais aussi les marges d’amélioration persistantes. Si l’écurie rouge a nettement gagné en stabilité sur des circuits typés high-speed comme Austin, elle peine encore à afficher une constance de performance sur toute la durée de la course.
La gestion stratégique des relais, en particulier l’équilibre entre undercut et surchauffe des pneus, reste perfectible. Dans le cas d’Hamilton, son deuxième relais a mis en évidence un écart insurmontable avec les leaders, notamment Max Verstappen et George Russell, qui ont su mieux capitaliser sur la fenêtre de performance des gommes medium.
Quel impact pour Ferrari dans la suite du championnat ?
Ce GP des États-Unis confirme une tendance claire : Ferrari peut viser le podium régulièrement, mais chaque point est une bataille, et chaque erreur peut coûter cher. Le quasi-abandon de performance d’Hamilton dans les derniers kilomètres aurait pu virer au cauchemar sans sa capacité exceptionnelle à défendre sous pression.
Pour Frédéric Vasseur et ses équipes techniques, cette course est une piqûre de rappel : la fiabilité mécanique et la compréhension fine du comportement aérodynamique en dégradation finale seront cruciales pour la suite de la saison. La Scuderia ne peut se permettre de miser uniquement sur le talent de ses pilotes pour sauver des points clés.
Avec toujours une place à défendre au championnat constructeurs face à Mercedes et McLaren, et l’ambition affichée de revenir titiller Red Bull, Ferrari doit capitaliser sur ce genre de week-ends pour optimiser chaque scénario, anticiper chaque anomalie.
Conclusion : l’incident Hamilton à Austin, s’il semble mineur sur le plan comptable, est riche en enseignements pour Maranello. L’heure est venue, non pas d’alerter, mais de s’ajuster, car chaque dixième et chaque tour peuvent basculer un résultat… ou un titre.