La Scuderia Ferrari traverse une fin de saison 2025 agitée, bien loin des ambitions affichées en début d’année. Entre tensions internes, résultats décevants, frustration des pilotes – à commencer par Lewis Hamilton – et une relation tendue avec la FIA, le géant de Maranello est sous pression. Analyse d’une situation explosive.
Un management de plus en plus contesté chez Ferrari
La saison avait pourtant bien commencé pour la Scuderia. Des performances solides en essais hivernaux, un duo Charles Leclerc – Lewis Hamilton prometteur, et une SF-25 amenée à jouer les premiers rôles. Mais au fil des Grands Prix, la dynamique s’est inversée. La voiture manque de régularité et les stratégies s’avèrent trop souvent défaillantes.
Principal visé dans ce marasme : Frédéric Vasseur, directeur de la Scuderia depuis début 2023. Selon plusieurs sources internes relayées par Motorsport.com et formulées avec prudence, des tensions seraient apparues entre Vasseur et Matteo Togninalli, le responsable des opérations piste. Officiellement, Ferrari dément toute « dispute musclée », mais en coulisses, les erreurs de Togninalli dans les réglages de la SF-25 sont pointées du doigt. Notamment un manque de corrélation entre les données du simulateur et les comportements réels en piste. Résultat : si la voiture semble compétitive en début de week-end, la performance chute en qualifications et en course.
Cette instabilité stratégique est décriée au sein même du garage. Plusieurs membres de l’équipe technique remettent en question la chaîne décisionnelle de Maranello. Un contexte tendu qui affaiblit encore davantage le groupe, déjà sous pression face à la montée en puissance de McLaren et Mercedes.
Hamilton et la FIA : deux fronts qui enveniment la situation
Lewis Hamilton, en quête d’un huitième titre mondial, n’a pas mâché ses mots après le Grand Prix de Singapour. Victime d’un sérieux souci de freins, le Britannique aurait déposé un rapport détaillé aux dirigeants de l’équipe, demandant des changements dans les procédures de validation technique (source : The Race). Ce geste, rare à ce stade de la saison, traduit une perte de confiance dans les processus internes.
Mais ce n’est pas tout. Ferrari doit également faire face à une relation tendue avec la FIA. Depuis la mi-saison, les contrôles techniques de la monoplace SF-25 se sont intensifiés. Certains experts du paddock, comme Mark Hughes (via Motorsport Magazine), estiment que ces vérifications fréquentes limitent considérablement la marge d’innovation de Ferrari. Cela aurait forcé l’écurie à adopter des réglages ultra-conservateurs par crainte d’une nouvelle infraction au règlement technique – notamment en lien avec les éléments aérodynamiques.
Conséquences : le potentiel de la SF-25 est bridé, ce qui confirme les baisses de performance constatées le samedi et le dimanche. Cette pression réglementaire, ajoutée aux inquiétudes internes, scelle une spirale négative pour la Scuderia en cette fin de saison 2025.
Quels leviers pour relancer la dynamique ?
Alors que le peloton resserre la lutte en tête, Ferrari doit impérativement redresser la barre. Leclerc, toujours solide malgré des frustrations croissantes, continue à porter l’équipe avec rigueur. Hamilton, de son côté, réclame un changement de culture technique.
Frédéric Vasseur, malgré les critiques, maintient que l’équipe est « en phase de consolidation », selon ses propos relayés par la Gazzetta dello Sport. Mais les fans de la Scuderia attendent désormais des actes. Un remaniement interne est-il à prévoir ? Peut-on envisager un renforcement des compétences en aérodynamique pour 2026 ? L’arrivée prochaine d’ingénieurs de Red Bull ou Mercedes, souvent évoquée par les rumeurs, pourrait offrir une bouffée d’air frais à Maranello.
Quoi qu’il en soit, Ferrari ne peut se permettre un nouveau passage à vide à l’approche du nouveau règlement moteur prévu pour 2026. La Scuderia joue gros, et les prochaines semaines seront décisives pour déterminer si 2025 restera une saison de transition… ou un énième rendez-vous manqué.