Ferrari 2025 : tensions internes et avenir incertain pour Frédéric Vasseur

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par Alex Marcol

Depuis le paddock de Singapour jusqu’aux couloirs de Maranello, la Scuderia Ferrari traverse une période de turbulences dont l’intensité pourrait bien atteindre son apogée avant la fin de la saison 2025. En ligne de mire : des tensions grandissantes autour du directeur d’équipe Frédéric Vasseur, pointées du doigt comme le catalyseur d’un malaise structurel plus profond au sein de la mythique écurie italienne.

Crise ouverte chez Ferrari : la guerre des nerfs interne

Selon les révélations du Corriere dello Sport, une vive altercation aurait éclaté à Singapour entre Frédéric Vasseur et Matteo Togninalli, responsable très respecté de l’ingénierie piste chez Ferrari. Si la Scuderia n’a pas officiellement confirmé l’incident, plusieurs sources internes concordantes affirment que cet échange houleux a profondément ébranlé l’équilibre précaire de l’équipe technique.

Togninalli, vétéran de la maison rouge et cheville ouvrière du département piste, aurait sévèrement critiqué certaines décisions stratégiques post-qualification, mettant en doute les orientations prises sous la houlette de Vasseur. Ce dernier, arrivé à la tête de Ferrari début 2023 pour remettre de l’ordre après l’ère Binotto, se retrouve aujourd’hui confronté à une résistance interne de plus en plus visible.

Prolongation de Vasseur : un choix par défaut ?

Officiellement renouvelé à la fin juillet 2025, le contrat de Frédéric Vasseur semble aujourd’hui davantage incarner une solution de stabilité temporaire qu’un véritable projet de long terme. La Gazzetta dello Sport affirme que ce renouvellement a été acté « uniquement parce qu’il n’y avait pas d’alternative crédible sur le marché ». Une décision pragmatique, certes, mais qui n’a pas apaisé les tensions à Maranello.

Derrière les portes closes de la Gestione Sportiva, les désaccords se font de plus en plus palpables. Les divergences de vues entre les divers départements techniques freinent la cohésion nécessaire au retour aux avant-postes. Si le début de la saison 2026 venait à ressembler à celui de 2025, marqué par une irrégularité frustrante et une gestion parfois rigide des stratégies de course, la position de Vasseur pourrait vite devenir intenable.

John Elkann, président de Ferrari, et Benedetto Vigna, PDG du groupe, sont annoncés cette semaine à Maranello pour des « discussions urgentes ». L’objectif est clair : éteindre l’incendie avant que celui-ci ne ravage définitivement les fondations d’un projet amorcé il y a deux ans.

Un contexte à haut risque pour Ferrari

Cette crise arrive à un moment charnière. Ferrari, toujours à la recherche de son premier titre mondial depuis 2008, doit impérativement capitaliser sur les gains réalisés dans le développement moteur et aérodynamique ces deux dernières saisons. Or, les instabilités d’organisation, qu’elles soient humaines ou structurelles, risquent de faire vaciller une équipe engagée face à une concurrence ultra organisée.

Par ailleurs, dans un environnement où Mercedes restructure, où Red Bull exploite une dynamique victorieuse portée par Verstappen, et où McLaren et Aston Martin montent clairement en puissance, Ferrari ne peut plus se permettre un nouveau cycle de transition manqué.

La gestion des pilotes sera un autre facteur clé. Charles Leclerc, pilier du projet sportif, s’est plusieurs fois montré critique (tout en restant diplomate), tandis que Carlos Sainz brille par ses performances mais reste dans l’incertitude concernant son avenir au-delà de 2025.

Et maintenant, quel avenir pour Vasseur et la Scuderia ?

L’avenir de Frédéric Vasseur chez Ferrari dépendra moins de sa feuille de route contractuelle que de sa capacité à ressouder une équipe fracturée sans rompre le lien fragile avec ses ingénieurs. L’enjeu est double : maintenir la pression technique sur les concurrents tout en pacifiant les relations internes. Une mission herculéenne dans un environnement où chaque course devient un test de légitimité.

Alors que la saison 2025 entre dans sa seconde phase, tous les regards sont tournés vers Maranello. Ferrari a les cartes en mains, mais la marge d’erreur est désormais inexistante. La Scuderia joue plus que des points ou un podium : elle joue sa crédibilité, sa stabilité et sa capacité à redevenir championne du monde à court terme.

Une seule chose est sûre : à Maranello, l’automne s’annonce brûlant.

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