Dans une saison 2025 où les enjeux sont colossaux, la Scuderia Ferrari se retrouve une fois encore au cœur des interrogations. Si les attentes autour de la mythique écurie de Maranello ont toujours été immenses, l’analyse tranchante de Nico Rosberg, champion du monde de Formule 1 2016, vient mettre un coup de projecteur sur la situation actuelle, aussi délicate que complexe.
Une saison 2025 qui s’éternise sans succès pour Ferrari
À l’approche de la dernière ligne droite du championnat, le constat est brutal : Ferrari n’a pas encore remporté la moindre course en 2025. Une anomalie pour une équipe de ce calibre, surtout face à des adversaires directs comme Red Bull Racing, McLaren ou Mercedes qui, eux, multiplient les victoires.
Lors du Grand Prix de Monza – véritable baromètre de la saison pour la Scuderia devant ses tifosi – Charles Leclerc et Carlos Sainz ont signé une modeste 4e et 6e place, laissant un goût amer aux supporters autant qu’à la direction sportive de l’écurie. Ce résultat illustre une nouvelle fois les difficultés rencontrées par Ferrari, malgré une structure solidifiée par Frédéric Vasseur et un développement technique intensif sur la SF-25.
“Hormis quelques éclairs de potentiel à Barcelone ou Spa, Ferrari n’arrive pas à capitaliser sur ses performances en qualifications pour se battre sur la durée en course. Le rythme de course s’effondre, la dégradation des pneus est trop élevée, et les stratégies restent trop conservatrices face à l’audace de Red Bull ou à l’exécution chirurgicale de McLaren”, note un analyste technique de Motorsport.com (source : Motorsport.com – analyse post-GP Hongrie 2025).
Le diagnostic sévère de Rosberg : Ferrari au bord d’une nouvelle traversée du désert ?
Dans des propos relayés par Motorsport Next Gen, Nico Rosberg ne mâche pas ses mots à propos de l’état actuel de Ferrari :
« Ferrari sera sous pression, car cette écurie est toujours jugée sur ses performances lors de sa course à domicile, et celle-ci a été médiocre, sans rythme, sans chance de victoire et sans chance de podium. Elle sera donc sous pression car les opportunités de finir la saison avec une victoire au moins se réduisent. Et cela fait 18 ans qu’ils n’ont pas remporté le championnat des pilotes. […] Ils traversent donc une période extrêmement difficile », a déclaré Rosberg. (source : Motorsport Next Gen)
Rappelons que le dernier titre pilotes de la Scuderia remonte à 2007 avec Kimi Räikkönen. Rosberg n’hésite pas à dresser un parallèle glaçant : à l’image de la longue disette entre 1979 et 2000, la Scuderia pourrait bien revivre une nouvelle traversée du désert longue de deux décennies.
Quels leviers pour rebondir avant la fin de saison ?
La pression monte sur Frédéric Vasseur et ses troupes. L’ingénieur français, qui a tenté de rétablir une culture de la performance et de rationaliser les processus techniques, se heurte toutefois à des problématiques enracinées : fiabilité mécanique, manque de constance en développement et difficulté à trouver une philosophie claire autour de la monoplace 2025.
Le duo Leclerc-Sainz, talentueux mais de plus en plus frustré, multiplie les appels à des évolutions plus agressives, et certains bruits du paddock laissent penser que l’ambiance à Maranello se tend.
Le calendrier, lui, n’offre plus beaucoup de répit : avec Singapour, Suzuka, Interlagos et Abu Dhabi comme dernières opportunités, Ferrari devra impérativement convertir au moins une course en victoire pour stopper l’hémorragie médiatique et sportive.
Ferrari et l’histoire : une obsession du sacre qui devient fardeau
Chez Ferrari, chaque saison sans victoire au championnat aggrave le poids de l’histoire. C’est bien là le paradoxe de ce géant rouge : adulé pour son passé, jugé selon des standards hérités de légendes comme Schumacher ou Lauda, mais constamment défié par la réalité moderne de la Formule 1 hybride et technologique.
Le spectre d’un nouveau cycle de 20 ans sans titre pilote rôde. Et tandis que McLaren ancre sa renaissance et que Red Bull consolide son empire, Ferrari se doit d’innover, de prendre des risques, et surtout, de convertir la pression en moteur au lieu de la subir. Un défi titanesque, mais pas insurmontable, pour qui veut remettre la Scuderia sur le toit du monde.
Une chose est certaine : les prochains Grand Prix seront bien plus que des courses. Ce seront des verdicts.