Depuis son arrivée en Formule 1, Charles Leclerc s’est imposé comme une figure lucide et franche du paddock. En 2023, néanmoins, le Monégasque avait formulé une prédiction audacieuse : selon lui, Red Bull resterait imbattable jusqu’à l’entrée en vigueur du nouveau règlement technique prévu pour 2026. Deux ans plus tard, alors que la saison 2025 touche à sa fin, force est de constater que cette prévision était erronée. Et Leclerc l’admet sans détour.
Une domination Red Bull remise en question plus tôt que prévu
En 2023, Red Bull sortait tout juste d’une saison outrageusement dominée, marquée par une série de records et un Max Verstappen injouable. La logique aurait voulu que cette domination se prolonge jusqu’au prochain cycle technique, attendu pour 2026 avec l’introduction des moteurs hybrides nouvelle génération et des châssis largement revus. C’est sur cette base que Charles Leclerc avait bâti son analyse. Elle semblait logique, étayée par la maîtrise technique impressionnante de l’équipe autrichienne.
Mais entre le développement interrompu de la RB20 en fin de saison 2024 pour se concentrer sur 2026, et la montée en puissance spectaculaire de McLaren, le paysage compétitif de la Formule 1 a été bouleversé dès 2025. L’équipe de Woking, propulsée par un duo aussi jeune que redoutable – Oscar Piastri et Lando Norris – a balayé en piste toutes les certitudes.
Avec des performances constantes et une voiture parfaitement optimisée dès la première course de la saison, McLaren s’est imposée comme la référence actuelle. Max Verstappen, triple champion du monde en titre, a dû s’incliner, tout comme Charles Leclerc et Carlos Sainz. Ferrari et Red Bull se livrent désormais une bataille pour la place de n°2 du plateau, loin derrière les performances des monoplaces orange papaye.
Leclerc lucide et admiratif face à McLaren
Toujours transparent dans ses analyses, Charles Leclerc n’a pas esquivé sa responsabilité dans cette fausse prédiction. Interrogé par Motorsport Next Gen, le pilote Ferrari a même fait preuve d’une rare humilité : « Eh bien, j’avais clairement tort, et c’est pourquoi je n’utiliserai probablement plus le mot impossible. McLaren nous a tous prouvé que nous avions tort. »
Leclerc souligne également l’approche méthodique de McLaren, qui aurait su maximiser les derniers mois des règlements techniques actuels là où d’autres, Ferrari compris, misaient déjà sur 2026. Résultat : une domination nette sur les deux tableaux – pilotes et constructeurs – et un affrontement épique entre Piastri et Norris pour le titre.
Ferrari, pour sa part, a raté le coche. Si la SF-25 est compétitive, elle souffre d’un déficit d’efficacité en course et de stratégies parfois discutables. Leclerc est régulièrement dans le coup pour les podiums, mais la victoire reste hors de portée. Le contraste avec McLaren est criant : innovation aérodynamique, stratégie pneus, exécution en course… Woking coche toutes les cases.
Quel impact pour Ferrari et Leclerc ?
Le mea culpa de Leclerc n’est pas qu’un simple aveu d’erreur. Il illustre aussi la nécessité pour Ferrari de repenser en profondeur sa stratégie. Alors que le nouveau cycle réglementaire approche, l’écurie de Maranello doit tirer les leçons de cette transition manquée. En ayant trop misé sur la continuité technique de 2025, la Scuderia a peut-être laissé passer une réelle opportunité de se battre à la régulière pour le titre.
Pour Charles Leclerc, l’année 2025 est celle de la patience. Sans commettre d’erreur notable, le Monégasque subit la situation plus qu’il ne la maîtrise. Mais son engagement envers Ferrari reste intact, avec comme objectif une remontée en puissance à l’aube de la réglementation 2026. Entre les choix de développement, le partenariat avec Haas renforcé pour faire progresser le simulateur, et la prospective technologique sur le futur moteur 100 % électrique-hybride, le travail ne manque pas.
La confession de Charles Leclerc sur sa prédiction erronée en dit long sur sa maturité et sur la complexité du jeu technique en Formule 1. L’éclosion de McLaren rafraîchit la hiérarchie, et rappelle à la Scuderia qu’en F1, le statu quo n’existe pas. Reste à voir si, en 2026, Ferrari pourra tirer les fruits d’un apprentissage aussi rude qu’utile.