Le retour de la pause estivale n’a pas souri à Ferrari. Sur le circuit sinueux et exigeant de Zandvoort, Charles Leclerc n’a eu d’autre choix que de ranger sa SF-25 au garage, victime d’un accrochage en milieu de course avec le jeune Andrea Kimi Antonelli (Mercedes). Un week-end cauchemardesque pour le Monégasque, qui signe ici son troisième abandon de la saison, et qui quitte les Pays-Bas sans le moindre point. Décryptage d’un Grand Prix qui laisse un goût amer à Maranello.
Un départ compliqué et un rythme en dent de scie
Parti depuis la 6e position sur la grille, Charles Leclerc n’a jamais vraiment été en mesure de se mêler à la lutte pour le podium ce dimanche. Le début de course a été marqué par un trafic intense au milieu du peloton, lequel l’a rapidement empêché de tirer profit de la compétitivité de la Ferrari, pourtant plus constante en rythme de course que sur un tour.
« C’était un enfer ce week-end. De la FP1 jusqu’à la course », a confié Leclerc en zone mixte à Autohebdo. La Scuderia Ferrari a manqué de performance globale sur ce circuit aux virages serrés et aux enchaînements exigeants. Malmenée notamment par les AlphaTauri et une Aston Martin en regain de forme, la SF-25 semblait incapable de trouver l’équilibre optimal, en particulier sur les phases à forte charge latérale.
Comme souvent à Zandvoort, la stratégie pneumatique et la gestion des interventions de la voiture de sécurité ont également pesé lourd. Ferrari a tenté un pari stratégique sous Safety Car, mais celui-ci n’a pas payé, plaçant Leclerc dans une situation délicate à la relance, entouré de pilotes agressifs en quête de points cruciaux.
Un accrochage évitable qui met fin au Grand Prix de Leclerc
Le tournant du week-end intervient peu avant la mi-course, au sortir d’un arrêt au stand. À la bataille avec Andrea Kimi Antonelli, Leclerc est surpris par une tentative osée du pilote Mercedes dans le virage 7, typique des attaques kamikazes où le moindre écart se paie cash.
La manœuvre – mal calculée selon l’analyse à chaud du Monégasque – clôt définitivement ses chances. Contact. Dégât sur la suspension avant. Fin de course.
« Très clairement, Kimi a essayé de faire quelque chose qui n’était pas ultra-réaliste (…) Il m’a touché et c’était la fin de ma course », a-t-il expliqué, visiblement frustré mais mesuré, toujours auprès d’Autohebdo.
Un incident qui soulève évidemment des interrogations sur la gestion de course d’Antonelli, mais révèle aussi une fébrilité chez Ferrari lorsqu’elle se retrouve hors de position. Car ce genre de situation – une SF-25 coincée dans le trafic – semble systématiquement se solder par un scénario catastrophe.
Un signal d’alarme avant Monza ?
Ce nouvel abandon inquiète à plusieurs semaines d’un Grand Prix d’Italie crucial. Ferrari, qui ambitionnait de lutter régulièrement avec Red Bull Racing et Mercedes cette saison, stagne au classement constructeur (actuellement 3e), et voit McLaren grignoter du terrain.
D’un point de vue individuel, Leclerc reste en embuscade pour une place dans le top 4 pilote, mais cet abandon compromet ses chances de viser plus haut. Il devra impérativement redresser la barre à Monza, devant un Tifosi exigeant, en quête de revanche après un GP des Pays-Bas désespéremment vide de gloire.
Du côté du mur des stands, Frédéric Vasseur et ses ingénieurs sont attendus au tournant. Optimiser les mises à jour techniques et ajuster les stratégies en conditions instables semble désormais vital pour préserver les ambitions de podiums réguliers.
L’objectif est clair : transformer la frustration de Zandvoort en élan électrisant devant le public italien. Car à Maranello, on le sait mieux que quiconque : chaque faux pas est autant une alerte qu’une opportunité de rebond.