Frédéric Vasseur s’en prend aux rumeurs : quand la pression médiatique ébranle la Scuderia Ferrari

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par Alex Marcol

Depuis son arrivée à la tête de la Scuderia Ferrari en 2023, Frédéric Vasseur n’a jamais esquivé les sujets sensibles. Mais au micro de Motorsport Next Gen fin juin 2025, le directeur français a haussé le ton d’une manière rare, ciblant directement les médias pour les remous qui ont agité la première moitié de saison 2025. Derrière cette sortie coup-de-poing se cache un mal plus profond : une pression journalistique constante sur Maranello, qui a mis à rude épreuve la stabilité de l’équipe.

Entre performances décevantes et tempête médiatique

La saison 2025 de Ferrari démarrait pourtant avec de solides ambitions. Après une fin d’exercice 2024 encourageante et des essais hivernaux positifs, les tifosi espéraient enfin un retour durable aux avant-postes. Mais rapidement, l’écart avec McLaren s’est creusé, Red Bull a maintenu sa domination, et Mercedes est revenu dans le jeu. Résultat : peu de podiums, des ratés stratégiques et surtout, aucune victoire à la mi-saison.

Dans ce contexte houleux, les rumeurs ont proliféré. L’avenir de Vasseur était remis en question, certains allant jusqu’à annoncer son remplacement avant l’été. Même Charles Leclerc, figure de proue de Maranello, fut l’objet de spéculations sur un potentiel transfert chez Mercedes — alors même qu’il avait prolongé son contrat jusqu’en 2028. Ce que Vasseur n’a pas digéré, c’est « l’emballement médiatique » autour de ces bruits de couloir :

> « Ce ne sont pas nous qui avons lancé ces rumeurs, ce sont les médias. […] Avec Internet, les reportages deviennent plus agressifs. Lorsque ces rumeurs ont fait surface au Canada, j’étais très en colère », a-t-il déclaré à Motorsport Next Gen.

Un climat délétère pour la performance ?

Pour Vasseur, ces polémiques exacerbées ont un réel impact sur la performance de l’équipe. Il cite notamment l’exemple de Loïc Serra, nouveau directeur technique venu de Mercedes au printemps : « On l’a accusé à tort de mauvais résultats, alors qu’il n’a pas conçu la monoplace 2025. » Un contexte jugé injuste et contre-productif, surtout dans un sport où la cohésion interne fait souvent la différence.

À Maranello, on reconnaît que les critiques sont « normales » dans une structure aussi mythique que Ferrari. Mais le Français exhorte à une forme d’équilibre, d’autant plus que les réactions en Italie — fer de lance de la passion F1 — tournent vite à l’émotion : « Sans ce bruit de fond, mes discussions avec Ferrari auraient été beaucoup plus rapides », confie encore le patron de la Scuderia.

Quels enjeux pour la deuxième partie de saison ?

Avec un Leclerc toujours engagé, un Carlos Sainz déterminé malgré son départ annoncé pour 2026, et une monoplace attendue plus performante à Spa et Monza, Ferrari doit à présent se reconcentrer sur la piste. Vasseur espère que cette diatribe agira comme un électrochoc, libérant l’équipe des distractions pour enfin débloquer la victoire.

Au cœur du paddock, cette prise de position soulève aussi une question majeure : jusqu’à quel point la pression médiatique peut-elle interférer dans la construction d’un projet compétitif ? Si Red Bull et McLaren semblent mieux armés pour encaisser les cycles de critique médiatique, Ferrari, en tant que symbole national et mythique du sport automobile, semble en souffrir davantage.

Un appel à l’unité et à la stabilité

Les espoirs de la Scuderia Ferrari pour 2025 ne sont pas encore dissipés. Techniquement, la SF-25 dispose d’un fort potentiel, notamment avec les nouveaux packages aérodynamiques prévus pour la seconde moitié de saison. Côté RH, aucune défection n’est annoncée, et les contrats prolongés de Leclerc et Vasseur sont censés ancrer l’équipe dans la durée.

Mais pour transformer les intentions en résultats, il faudra briser le cercle des rumeurs négatives et remettre l’accent sur le travail. Le message de Vasseur ? Un appel à la tempérance médiatique pour permettre aux hommes et femmes de Maranello de faire ce qu’ils savent faire le mieux : courir et gagner.

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