Depuis son arrivée à la tête de la Scuderia Ferrari début 2023, Frédéric Vasseur évolue sous la loupe constante des médias, des fans et du paddock. Alors que la saison 2025 bat son plein et que la Scuderia court toujours après un titre mondial qui lui échappe depuis 2008, nombreux sont ceux qui se demandent si le Français n’est pas fragilisé dans sa position. Pourtant, dans une récente interview accordée au site officiel de la Formule 1, Vasseur a coupé court aux spéculations. Il affirme pleinement assumer sa mission, avec un message fort : Ferrari est sur la bonne voie… et l’ambiance au sein de l’équipe est plus motivante que jamais.
Un leadership affirmé malgré la pression chez Ferrari
Frédéric Vasseur n’est pas un novice en matière de gestion d’équipes. Avant d’arriver chez Ferrari, il a déjà dirigé Renault F1 Team puis Alfa Romeo (désormais Sauber/Fueled by Audi) avec discrétion mais efficacité. Depuis un an et demi à la tête de la Scuderia, il s’est vu confier une mission aussi ambitieuse que symbolique : replacer Ferrari au sommet de la Formule 1.
Si les premiers résultats ont été encourageants—avec des pôles positions et quelques victoires arrachées de haute lutte en 2024—le championnat 2025 reste encore délicat. Face à la domination renouvelée de Red Bull et au retour en force de McLaren et Mercedes, la tâche est ardue. Dans ce contexte, la prolongation de Vasseur pour plusieurs années, officialisée par Ferrari il y a deux semaines, envoie un signal fort : la direction croit en son plan de long terme.
Lors de son entretien, Vasseur a voulu rappeler que la reconstruction d’un colosse comme Ferrari ne se fait pas en quelques mois. “C’est une route semée d’embûches, mais nous avançons ensemble, avec conviction”, a-t-il souligné.
Une culture d’équipe unique à Maranello
Interrogé sur l’ambiance en interne, Vasseur ne cache ni les émotions ni la pression propre à la Scuderia. À Maranello, tout résonne plus fort que dans n’importe quelle autre écurie. C’est à la fois une fierté et un défi quotidien. Mais pour le manager tricolore, cet environnement est loin d’être un frein : “J’aime d’abord travailler avec les gars. C’est une équipe passionnée et pleine d’émotion, et chaque jour, c’est une motivation extrêmement positive.”
Le Français admet cependant qu’une certaine rigueur reste nécessaire pour canaliser cette passion : “Il faudrait peut-être maintenant mettre en place un peu plus de processus et une approche plus sereine pour modérer cette attitude extrême.” Une remarque qui illustre bien la délicate alchimie entre culture italienne flamboyante et approche méthodique à la française que Vasseur tente d’instaurer. Et cela fonctionne : depuis début 2024, les opérations en piste semblent plus solides, les arrêts aux stands sont plus réguliers, et les stratégies mieux exécutées.
Un avenir construit sur la stabilité
La Scuderia reste un bateau difficile à manœuvrer, et l’histoire récente a montré combien les changements trop fréquents à sa direction pouvaient s’avérer contre-productifs. Avec la reconduction de Vasseur, Ferrari veut s’offrir le luxe de la continuité. Ce choix stratégique vise à bâtir un avenir solide, durable et performant. Le recrutement technique continue (notamment avec l’arrivée de nouveaux ingénieurs venus de Mercedes et Red Bull en 2024), et les pilotes – Charles Leclerc et Carlos Sainz – bénéficient désormais d’un environnement plus stable pour exprimer leur potentiel.
En matière de développement pur, Ferrari a aussi franchi un cap, avec une correlation plus efficace entre la soufflerie de Maranello, le simulateur ultra-moderne mis à jour début 2024, et la piste. Si la Scuderia veut vraiment jouer le titre en 2026, année de nouveaux règlements techniques, elle devra s’appuyer sur les fondations que Vasseur consolide aujourd’hui.
Conclusion : Vasseur, la pierre angulaire du projet Ferrari
Frédéric Vasseur n’est pas là pour flamber. Son style est discret, pragmatique, mais déterminé. Et même si les résultats immédiats sont encore inégaux, son discours rassurant, sa vision long-terme et son attachement sincère à son équipe montrent qu’il est bien l’homme de la situation. Loin de subir la pression, il l’utilise comme moteur pour fédérer et progresser.
Avec une Scuderia qui a retrouvé de la rigueur dans l’exécution et une stabilité managériale rare chez les Rouges, le plan Vasseur prend forme. Reste à savoir si cela suffira pour transformer les promesses en titres, mais une chose est sûre : Ferrari est à nouveau en mouvement. Et c’est déjà une victoire.