Depuis le début de la saison 2025, Lewis Hamilton connaît un départ compliqué chez Ferrari. Attendu comme le leader capable de ramener la Scuderia au sommet, le septuple champion du monde peine à faire sa place, autant sur la piste que dans l’écosystème très latin de Maranello. Mais alors que les résultats ne sont pas au rendez-vous, une voix respectée du paddock s’élève pour défendre le Britannique : celle de Damon Hill, champion du monde 1996.
Une déclaration qui ravive la polémique du titre 2021
Dans une interview accordée à NextGen-Auto, Damon Hill ne mâche pas ses mots. Pour lui, il ne fait aucun doute que Lewis Hamilton devrait être considéré comme un octuple champion du monde : « Pour moi et beaucoup de fans, il en a déjà 8. Ce huitième titre qui ne s’est pas concrétisé aurait dû l’être en 2021. » Une référence directe au controversé Grand Prix d’Abu Dhabi où, dans les derniers tours, des décisions de la direction de course avaient favorisé Max Verstappen, qui s’était emparé de son premier sacre mondial dans un dénouement dramatique.
Bien que ce débat ait agité la F1 depuis des années, il prend aujourd’hui une résonance particulière. Car si Hamilton ne performe pas encore chez Ferrari, Hill nous invite à ne pas oublier le pedigree du pilote britannique. D’ailleurs, l’ancien pilote de Williams remet aussi en perspective les critiques souvent injustes que subit Lewis, rappelant qu’en 2008 — année de son premier titre — certains estiment qu’il aurait dû perdre face à Felipe Massa. « Peut-être, mais pour moi, il aurait dû gagner dès sa première saison », affirme-t-il.
Un début chez Ferrari plus rude que prévu pour Hamilton
Le passage de Lewis Hamilton chez Ferrari était censé symboliser une renaissance – pour lui comme pour la Scuderia. Pourtant, après les six premières courses de la saison 2025, le Britannique affiche un bilan en demi-teinte. Malgré quelques éclairs en qualifications, il n’a pour l’instant pas signé de podium, tandis que Charles Leclerc semble plus à l’aise dans la SF-25. Mais Hill apporte ici une explication précieuse : la transition vers un nouvel environnement, aussi prestigieux soit-il, n’est pas aisée.
« Ces voitures sont tellement complexes ! Après dix ans chez Mercedes, il est logique qu’il ait du mal à sortir de cette logique », analyse-t-il. Le changement de culture technique, mais aussi linguistique (Hamilton ne parle pas italien) ajouté à l’âge du pilote – 40 ans cette année – rend l’adaptation encore plus ardue. Ferrari a certes gagné en stabilité technique avec l’arrivée de Frédéric Vasseur, mais la dynamique interne reste en construction.
Le poids du passé : 2021 encore dans toutes les têtes
Derrière les difficultés actuelles se cache peut-être une blessure plus profonde : l’injustice ressentie en 2021. Pour Damon Hill, cette page non tournée pourrait continuer de hanter Hamilton. « Je suis triste de le voir aussi abattu », confie-t-il à NextGen-Auto. Un état d’esprit morose, peut-être alimenté par un sentiment d’inachèvement. Car pour beaucoup de fans et observateurs, Hamilton avait mérité ce huitième titre, qui lui aurait permis de dépasser Schumacher dans les livres d’histoire.
Hill évoque même la possibilité d’un break, voire d’un départ anticipé du pilote britannique : « Une autre année ? Ça devient difficile. Peut-être qu’une bonne pause s’impose », lance-t-il. Une perspective qui, même si elle semble prématurée, souligne la fragilité du moment que traverse Hamilton.
Quel avenir chez Ferrari pour Hamilton ?
Le soutien appuyé de Damon Hill ne dissipe pas totalement les inquiétudes autour du projet Hamilton-Ferrari. À court terme, la Scuderia doit rebondir vite : la dynamique actuelle permet à Red Bull de conserver une avance confortable alors que McLaren et Mercedes montent en régime. Pour Hamilton, le challenge est immense : prouver qu’il peut encore briller à 40 ans, dans une voiture qu’il ne maîtrise pas encore, chez une équipe mythique aux attentes gargantuesques.
Mais attention à ne pas enterrer Lewis trop tôt. Le passé a montré que le Britannique a souvent su se réinventer dans l’adversité. S’il parvient à surmonter ce début difficile, à forger une vraie alchimie avec Ferrari et à retrouver la confiance, la saison pourrait basculer avec éclat. L’histoire d’amour entre Ferrari et Hamilton ne fait sans doute que commencer — mais il faudra vite transformer les mots en résultats.