Dans un paddock en constante mutation, la stabilité managériale peut faire toute la différence. Et lorsqu’un certain Stefano Domenicali – ancien directeur de la Scuderia Ferrari et désormais PDG de la Formule 1 – prend la parole sur ce sujet, chaque mot pèse lourd. Dans une déclaration récente relayée par NextGen-Auto, l’Italien n’a pas mâché ses mots concernant les errements récurrents de Ferrari dans la gestion de son équipe.
Ferrari, victime de son instabilité chronique ?
Depuis plus d’une décennie, la Scuderia Ferrari lutte pour retrouver la constance qui faisait autrefois sa force. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : depuis son dernier titre constructeurs en 2008, l’équipe a connu pas moins de six changements de team principal. Dernier en date : Frédéric Vasseur, nommé début 2023, qui tente tant bien que mal d’imposer une stratégie cohérente.
Mais pour Domenicali, les résultats ne viendront que si Ferrari fait preuve de patience et de constance : « Abattre des arbres est facile, mais si vous avez besoin d’ombre, il faut du temps », a-t-il déclaré, illustrant l’urgence pour la Scuderia de cesser les réorganisations internes précipitées. « Des changements importants ont eu lieu, et nous devons laisser les choses aller », a-t-il martelé, pointant du doigt implicitement la culture de réaction excessive qui mine l’organisation depuis plusieurs saisons.
Les départs successifs d’ingénieurs, stratèges ou directeurs techniques – parfois au cœur même de la saison – ont durablement affecté la capacité de Ferrari à construire une réelle dynamique. Résultat : une monoplace 2025 performante mais toujours à la peine dans la régularité, frappée par des erreurs stratégiques ou un manque de développement en course.
McLaren, le modèle à suivre selon Domenicali
À l’opposé, Domenicali encense McLaren, une écurie qui a su redresser la barre grâce à un cap clair. Il rappelle qu’il y a deux ans seulement, l’équipe de Woking partait en fond de grille à Bahreïn. Depuis, sous la houlette d’Andrea Stella et Zak Brown, McLaren a bâti un collectif solide et performant, porté par une structure stable.
« Ce qui compte, c’est de faire les bons choix pour bâtir un groupe talentueux. McLaren nous enseigne également qu’en période difficile, il ne faut pas désespérer », souligne-t-il. Grâce au plafonnement budgétaire, un environnement plus équitable a émergé, mais c’est bel et bien la continuité managériale et la confiance dans ses leaders qui ont permis à McLaren de devenir une menace régulière pour les top teams.
Cette vision à long terme, alliée à une restructuration en profondeur sans précipitation, contraste fortement avec la méthode Ferrari, souvent prise de court et poussée à agir sous la pression médiatique et politique.
2025 : une saison charnière pour Ferrari
Dans une saison 2025 où Red Bull reste l’équipe de référence malgré une concurrence croissante, Ferrari ne peut plus se contenter d’exploits sporadiques. Si la SF-25 montre des signes clairs de compétitivité sur certains circuits, son irrégularité endémique reste un frein à toute ambition de titre, qu’il soit pilote ou constructeur.
Frédéric Vasseur doit maintenant faire face à un double défi : conserver l’unité au sein de Maranello et renforcer l’efficacité opérationnelle de l’équipe. Le tout, sans céder à la tentation des grands bouleversements qui ont si souvent perturbé la progression de la Scuderia.
Le message de Domenicali est donc bien plus qu’une simple opinion : c’est l’appel d’un homme qui connaît les rouages de Ferrari, et qui alerte sur un point crucial — pour triompher, la Scuderia doit choisir la construction sur la durée plutôt que la réaction immédiate. McLaren, en redevenant un adversaire sérieux grâce à une ligne directrice stable et bien définie, en est la meilleure démonstration.
Si Ferrari veut revenir au sommet de la Formule 1, elle devra cesser de scier la branche sur laquelle elle s’efforce de grimper.