Alors que la grille 2025 n’a pas encore livré tous ses secrets, Ferrari regarde déjà vers l’avenir avec détermination. L’année 2026 marquera un tournant majeur pour la Formule 1, et Frédéric Vasseur, directeur d’équipe de la Scuderia, a confirmé que Maranello se prépare activement à ce virage décisif.
2026 : une révolution technique qui redistribue les cartes
La saison 2026 ne sera pas une simple continuité. Elle s’annoncera comme l’une des plus disruptives de l’histoire moderne du championnat. Avec l’introduction du nouveau règlement technique — comprenant une refonte complète de l’aérodynamique et, surtout, une nouvelle ère pour les motorisations hybrides à forte composante électrique — toutes les équipes repartiront, selon les mots de Vasseur, « d’une feuille blanche » (source : Les Échos).
Ces nouvelles régulations visent à rendre la F1 plus durable et compétitive, réduisant la dépendance aux énergies fossiles et rapprochant la technologie des voitures de série. Pour Ferrari, constructeur emblématique et motoriste historique, c’est une opportunité stratégique de se repositionner en tête de peloton après plusieurs saisons à chasser des titres qui échappent depuis 2008.
Ferrari déjà à l’offensive sur le projet 676
Derrière les murs du département F1 à Maranello, le développement de la monoplace 2026 — projet interne baptisé « 676 » selon la numérotation chronologique des châssis — a déjà été lancé. Ce projet mobilise des ressources dédiées, en parallèle du programme 2025, avec pour objectif d’éviter le faux départ subi lors du précédent changement réglementaire en 2022.
Frédéric Vasseur insiste sur la complexité de cette transition : « Impossible de se comparer tant qu’aucune voiture n’a roulé », rappelle-t-il. Car dans ce nouveau règlement, le package aérodynamique ne pourra plus être simplement extrapolé depuis les données précédentes. L’intégration du MGU-K renforcé et d’une batterie plus performante demandera une architecture entièrement repensée, tant pour le châssis que pour les groupes propulseurs.
Ferrari compte également sur l’expérience de ses partenaires techniques, et notamment de Shell, pour développer de nouveaux carburants synthétiques conformes aux futures normes FIA. Un secteur où chaque gain en rendement énergétique pourra faire la différence.
Vasseur veut tourner la page des incertitudes
Si les récentes performances de Ferrari en 2025 restent correctes — souvent devant Mercedes mais régulièrement battus par McLaren — l’équipe n’est pas encore revenue au niveau de Red Bull Racing. Cela rend 2026 encore plus stratégique.
Malgré quelques rumeurs sur son avenir, Frédéric Vasseur semble conforté dans son rôle à long terme, bénéficiant d’un soutien renouvelé de John Elkann et Benedetto Vigna, respectivement président et CEO de Ferrari. Un signal fort qui donne de la stabilité au management de Maranello et de la cohérence dans sa vision technique.
Dans les paddocks, beaucoup voient en Vasseur le profil idéal pour aborder ce virage réglementaire. Rationalisation des structures, recrutements ciblés tels qu’Antonello Coletta (ex-Ferrari GT) et un renforcement de la coopération entre les départements châssis et moteur : tous les piliers de la reconstruction sont en place.
2026 : un coup de poker pour toutes les écuries
« On ne saura vraiment où l’on en est qu’au moment où la voiture roulera », reconnaît Vasseur. Car si Ferrari prépare minutieusement ses cartes, le jeu reste inédit. Red Bull devra développer un moteur maison via Red Bull Powertrains, tandis qu’Audi marquera son arrivée officielle comme constructeur à part entière. Mercedes, Alpine, Aston Martin-Honda : tous devront s’adapter.
Pour Ferrari, l’enjeu est double : capitaliser sur une rupture technologique pour réduire l’écart avec Red Bull, mais aussi confirmer que Maranello peut redevenir l’épicentre de l’innovation haute performance en Formule 1. Vasseur n’en fait pas mystère : 2026 est bien plus qu’une nouvelle saison. C’est une nouvelle aventure, un nouveau départ, une opportunité en or.
De quoi nourrir les espoirs des tifosi, qui rêvent une fois encore de voir le Cavallino Rampante regagner son trône.