Carlos Sainz ne cachait pas son attachement à Ferrari. Pilote constant, vainqueur à Singapour en 2023 et modèle de professionnalisme, l’Espagnol semblait bien ancré à Maranello. Pourtant, dans une interview récente relayée par Nextgen-Auto, il a révélé les coulisses désarmantes de son départ, sur fond de tractations secrètes menant à l’arrivée de Lewis Hamilton en 2025.
Une saison solide… avant le coup de théâtre
À l’issue de la saison 2023, Carlos Sainz sortait la tête haute. Malgré une monoplace parfois instable, il avait inscrit des points précieux, dominé son coéquipier sur plusieurs courses et signé une victoire stratégique à Singapour. Ce leadership de l’ombre plaçait l’Espagnol dans une position favorable pour une extension de contrat logique avec Ferrari. Mieux : selon ses propres mots, l’écurie lui assurait en coulisses qu’un prolongement était imminent.
« Je n’ai jamais eu l’impression que cela n’allait pas se faire », confie-t-il. « Tous les commentaires que je recevais étaient positifs. On parlait de finaliser rapidement les aspects économiques du contrat. Pour moi, c’était une question de jours. »
Mais au cœur de l’hiver, le scénario bascule brutalement. Carlos Sainz apprend de manière informelle le recrutement surprise de Lewis Hamilton par Ferrari, une information confirmée quelques jours plus tard par la Scuderia. Cette décision laisse Sainz sans siège dans une écurie qu’il pensait encore sienne.
Les dessous d’un choix stratégique : pourquoi Ferrari a misé sur Hamilton
La signature du septuple champion du monde britannique, Lewis Hamilton, a stupéfié le paddock. Ferrari, sous l’impulsion de Frédéric Vasseur, cherchait un coup d’éclat stratégique autant qu’un leader rassurant pour impulser une nouvelle dynamique. Le choix d’écarter Sainz s’inscrit dans une logique froide mais classique en Formule 1 : maximiser les opportunités, quitte à sacrifier un pilote pourtant performant.
Lewis Hamilton, qui dispose encore d’un immense aura médiatique et technique, représentait une opportunité rare sur le marché. Ferrari, dans sa quête de titane et de titres, a voulu trancher net et fort. Mais ce revirement de position, si opportun dans la perspective d’un titre mondial, laisse un goût amer dans les rouages internes. L’ancien management vantait la cohésion et la loyauté des interactions. La décision de mise à l’écart de Sainz a ouvert des fissures dans la communication entre l’équipe dirigeante et ses pilotes.
Décryptage : une rupture de confiance symptomatique du paddock F1
Le cas Sainz illustre une réalité implacable : en F1, aucune promesse verbale ne vaut une signature sur contrat. La rapidité avec laquelle Ferrari a rompu une dynamique positive avec Sainz, en dépit de ses résultats, souligne à quel point la discipline reste un univers brutalement compétitif.
En interne, cette gestion a probablement généré des tensions. S’il n’a pas souhaité alimenter la polémique, Sainz décrit une période confuse, marquée par l’incompréhension et la désillusion. « Il m’a fallu une bonne semaine pour assimiler ce qui venait de se produire. »
Carlos Sainz n’a cependant pas baissé les bras. En cette saison 2025, il est déterminé à montrer que Ferrari aurait pu croire en lui plus longtemps. Ses prestations actuelles, solides et régulières, parlent pour lui. En dépit de cet épisode douloureux, l’Espagnol a su conserver une approche professionnelle, concentrée et ambitieuse.
Quel futur pour Sainz et quel pari pour Ferrari ?
Carlos Sainz reste l’un des pilotes les plus bankables du plateau. Sa capacité à extraire le meilleur d’une voiture imparfaite et à fédérer une équipe joue en sa faveur. Là où certains auraient plongé, lui s’est relevé, affichant une régularité qui ne passe pas inaperçue.
Chez Ferrari, l’arrivée d’Hamilton rebat les cartes. Frederic Vasseur mise sur l’expérience du Britannique pour tirer Leclerc vers les sommets et créer une dynamique de conquête. Mais la pression est immense. Le départ de Sainz, mal perçu par une partie du paddock, condamne la Scuderia à des résultats rapides sous peine de voir cette manœuvre stratégique devenir un fardeau plus qu’un tremplin.
En bout de ligne, cette affaire restera emblématique d’une Formule 1 toujours en mouvement, où les certitudes d’aujourd’hui peuvent être balayées par les opportunités de demain. Carlos Sainz, malgré la déception, garde la tête haute. Et peut-être qu’au final, cette trahison déguisée pourrait devenir son plus grand moteur.