Le week-end dernier, le paddock du Red Bull Ring a été secoué par une absence aussi discrète qu’intrigante. Frédéric Vasseur, directeur d’équipe de la Scuderia Ferrari, n’était pas présent lors du Grand Prix d’Autriche – une première depuis sa prise de fonction en janvier 2023. Dans un contexte sportif tendu et alors que Ferrari traverse une mauvaise passe en termes de résultats, cette défection n’a pas manqué d’éveiller les soupçons. Officiellement, le Français de 57 ans était de retour à domicile pour « raisons personnelles », selon un porte-parole de Ferrari… Mais cette justification laconique ne suffit pas à calmer les spéculations.
Ferrari sous pression : des résultats qui inquiètent
Depuis le début de la saison 2024, la Scuderia Ferrari peine à s’imposer face à ses concurrents directs. Si quelques lueurs d’espoir sont apparues (notamment sur des circuits favorables aux caractéristiques de la SF-24), l’écart avec Red Bull et McLaren reste palpable. Charles Leclerc et Carlos Sainz ont souvent brillé individuellement, mais l’équipe dans son ensemble peine à concrétiser les performances escomptées en rythme de course, avec des stratégies parfois discutables et une fiabilité toujours sujette à caution.
Dans ce contexte, la pression monte sur Frédéric Vasseur, nommé directeur en 2023 pour remettre de l’ordre et redonner à Ferrari une trajectoire plus compétitive. Et les rumeurs évoquant un possible non-renouvellement de son contrat à l’issue de la saison n’ont pas tardé à refaire surface cette semaine dans les médias italiens, notamment via le Corriere dello Sport et La Gazzetta dello Sport.
L’absence de Vasseur : une coïncidence malvenue ?
Officiellement, Vasseur a quitté l’Autriche pour raisons personnelles. Mais son absence, au pire moment de la saison, fait jaser. La Gazzetta dello Sport note que c’est la première fois que le Français manque un Grand Prix depuis sa nomination – un fait rare dans un sport où la présence du directeur d’équipe est cruciale sur le muret des stands. Son remplaçant, Jérôme d’Ambrosio, actuellement directeur adjoint de l’écurie, a logiquement repris le flambeau durant le week-end… sans toutefois commenter l’absence de Vasseur.
Faut-il y voir un signal ? Difficile à dire. Chez Ferrari, la communication reste verrouillée. Les mots choisis sont mesurés, et aucune déclaration officielle ne remet en cause le soutien au directeur actuel. Mais en interne, les résultats ne suffisent visiblement plus. Vasseur est arrivé avec une feuille de route ambitieuse : restaurer la discipline, améliorer la structure technique, faire progresser le développement de la monoplace. Pourtant, le rythme de progression reste lent — et cela pourrait ne pas convenir à Maranello.
Quel avenir pour Vasseur à la Scuderia ?
La question est dans toutes les têtes : Frédéric Vasseur vivra-t-il encore de nombreuses courses en rouge ? Pour rappel, son contrat initial s’étale sur trois ans, jusqu’à fin 2025. Mais comme souvent en Formule 1, les contrats n’empêchent pas les changements brusques, surtout au sein d’une structure aussi mythique (et exigeante) que Ferrari. Si les résultats ne s’améliorent pas dès la tournée estivale – avec des étapes cruciales comme Silverstone, la Hongrie ou la Belgique – le siège de Vasseur pourrait véritablement vaciller.
Le facteur Jérôme d’Ambrosio intrigue également. L’ancien pilote belge est souvent cité comme un potentiel successeur en interne, son ascension rapide au sein de Ferrari/Driver Academy le montre. S’il venait à gagner en responsabilités, cela pourrait redistribuer les cartes au sein de l’organigramme.
Quoi qu’il en soit, l’absence de Vasseur en Autriche cristallise désormais bien plus qu’une simple affaire personnelle. Elle symbolise les tensions et les difficultés actuelles de la Scuderia Ferrari. Et en Formule 1, les symboles sont rarement anodins.