Ferrari sur le podium ? Oui. Ferrari victorieuse ? Encore oui. Mais Ferrari dominatrice absolue ? Pas cette fois. Lors de l’édition 2025 des 24 Heures du Mans, la marque au cheval cabré a une nouvelle fois brillé… sans toutefois parvenir à verrouiller le triplé historique qu’elle avait en ligne de mire à quelques heures seulement de l’arrivée.
Une domination signée AF Corse
Pour la troisième année consécutive, Ferrari décroche la victoire dans la prestigieuse classique mancelle. Mais cette fois, c’est l’équipe privée AF Corse – fidèle satellite de la Scuderia – qui s’illustre en plaçant la Ferrari n°83 tout en haut de la feuille de classement. Le trio Robert Kubica – Yifei Ye – Philip Hanson a mené une course solide, dominatrice et sans erreur majeure pour s’imposer au terme des 24 heures d’endurance.
Cette victoire est toutefois particulière : elle marque la première consécration d’un pilote chinois, Ye Yifei, au Mans. Un moment fort pour la discipline… mais un goût amer pour Ferrari, puisque cette voiture n’étant pas engagée officiellement par le constructeur, la victoire ne rapporte aucun point au Championnat du monde d’endurance (WEC). Une nuance majeure dans l’objectif stratégique de Ferrari, qui vise autant les trophées que les titres.
Un triplé envolé à trois heures de l’arrivée
À trois heures de l’arrivée, Ferrari semblait pourtant en route vers un triplé rêvé : la n°83 de l’AF Corse en tête, devant les voitures d’usine n°51 (Giovinazzi – Pier Guidi – Calado) et n°50 (Fuoco – Molina – Nielsen). Mais c’était sans compter sur un adversaire de taille : la Porsche n°6 pilotée par un Kévin Estre survolté.
Déjà auteur d’une remontée impressionnante la veille – passant de la 21e à la 4e place en à peine 75 minutes – le Français a une nouvelle fois démontré qu’il est l’un des maîtres de l’endurance. À l’approche du drapeau à damier, il parvient à intercaler la Porsche d’usine entre les Ferrari, sauvant l’honneur pour Stuttgart, et brisant le rêve du triplé italien.
« Une course incroyable jusqu’au bout, où chaque relais avait son importance », déclarait Estre au micro de la chaîne L’Équipe (source : @lachainelequipe sur Twitter, 15 juin 2025). Grâce à son attaque décisive, la n°6 termine 2e, juste devant la Ferrari n°51, tandis que la n°50, pourtant tenante du titre, échoue à la quatrième place.
Une arrivée à couper le souffle
Jamais dans l’histoire moderne du Mans les quatre premiers n’avaient bouclé la course dans une telle proximité : moins de 30 secondes séparaient le quatuor de tête après 24 heures de lutte. Un signal fort pour le WEC et le spectacle qu’il propose – la nouvelle ère Hypercar lancée en 2021 semble plus que jamais tenir ses promesses.
Ferrari peut se réjouir de sa régularité et de la compétitivité de son package sur 24 heures. Mais des questions demeurent. L’écurie officielle abrite des talents majeurs comme Antonio Giovinazzi ou Antonio Fuoco, mais n’a pas su convertir sa domination apparente en podium complet. De quoi nourrir une certaine frustration dans les rangs de Maranello.
Le WEC relancé, l’endurance française en panne
Au-delà du duel Ferrari-Porsche, cette édition du Mans a aussi mis en lumière les difficultés des constructeurs tricolores : Alpine sauve les meubles avec une modeste 10e place pour la voiture n°35, tandis que Peugeot, progressivement distancée depuis plusieurs courses, termine loin du top 10. La marque au Lion, en pleine restructuration de son programme Hypercar, peine à rivaliser malgré un engagement massif.
Dans la catégorie LMGT3, Valentino Rossi, icône reconvertie du sport auto, a de nouveau dû abandonner. Une déception pour ses fans, mais un rappel implacable de la difficulté de cette épreuve mythique.
Alors que l’hyper compétition continue de monter en intensité, le Championnat WEC confirme qu’il est l’un des théâtres les plus passionnants du sport automobile. Et si Ferrari n’est pas repartie avec les trois places du podium, elle a prouvé qu’elle reste, plus que jamais, une force incontournable dans cet univers.
Rendez-vous désormais à Interlagos pour la prochaine manche du WEC, avec un objectif clair pour la Scuderia : transformer cette domination de cœur en points concrets pour le titre mondial.