Carlos Sainz recadre les critiques : l’adaptation d’Hamilton chez Ferrari relance le débat

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par Alex Marcol

Le début de saison 2025 de Lewis Hamilton chez Ferrari est incontestablement scruté, commenté, et souvent critiqué. Pourtant, un ancien de la maison rouge, aujourd’hui chez Williams, a décidé de prendre la parole pour remettre les pendules à l’heure. Carlos Sainz, longtemps sous-estimé dans sa capacité à s’adapter aux nouvelles écuries, a profité des difficultés actuelles du septuple champion du monde pour rappeler une vérité : s’adapter à une nouvelle équipe n’est jamais immédiat, même pour les plus grands.

Un message clair de Sainz aux journalistes : l’adaptation, une lutte invisible

Interrogé par Mundo Deportivo sur le début de saison délicat de Lewis Hamilton chez Ferrari, Carlos Sainz n’a pas cherché à dissimuler son exaspération. L’Espagnol, qui a quitté la Scuderia à l’issue de la saison 2024 pour rejoindre Williams, a livré une mise au point honnête et pleine de sens.

« Je comprends ce qu’il traverse, car je sais à quel point c’est compliqué. De la fierté ? Non. Tu comprends pourquoi c’est si difficile », a-t-il confié au média catalan. Sainz rappelle qu’il a lui-même affronté cinq changements d’écurie au cours de sa carrière – Toro Rosso, Renault, McLaren, Ferrari, et aujourd’hui Williams – et que ce type de transition requiert du temps, de la méthode, et une capacité à déconstruire puis reconstruire son pilotage en fonction des nouvelles machines et des nouvelles équipes techniques.

Mais ce qui l’agace particulièrement, c’est l’hypocrisie médiatique. « Maintenant, quand un septuple champion change d’équipe et galère aussi, ça vient un peu confirmer ce que je vous disais il y a cinq ou dix ans. Peut-être que vous n’y croyiez pas à l’époque… mais maintenant si », tacle-t-il.

Ferrari et Hamilton : un mariage complexe, des attentes élevées

Le cas Hamilton chez Ferrari mérite lui aussi d’être analysé avec nuance. Rejoindre une écurie aussi exigeante que la Scuderia, après plus d’une décennie chez Mercedes, n’est pas un simple passage de relais. Si l’Anglais apporte avec lui son expérience, son talent et sa notoriété mondiale, il découvre également une équipe au fonctionnement différent, une voiture à l’ADN éloigné de ce qu’il a connu, et une atmosphère plus latine où l’émotion et l’engagement institutionnel sont omniprésents.

Depuis le début de la saison 2025, Lewis Hamilton connaît des performances en demi-teinte. Derrière Charles Leclerc lors de plusieurs qualifications et en manque de rythme en course, il semble encore loin de la synergie attendue avec sa SF-25. Ferrari elle-même a reconnu que l’intégration du Britannique demandera du temps – Mattia Binotto, redevenu conseiller en coulisses, a récemment évoqué un « processus de construction sur la durée » (source : communiqué Ferrari début avril 2025).

Sainz, un pilote sous-estimé… qui avait vu juste

Les propos de Carlos Sainz sonnent finalement comme une réhabilitation tardive. Longtemps considéré comme un pilote régulier mais sans flamboyance, il a souvent été éclipsé par ses coéquipiers – Norris, Leclerc, et aujourd’hui Albon chez Williams. Pourtant, l’Espagnol a toujours fait preuve d’une adaptabilité remarquable, réussissant à performer dans des contextes très variés.

Sa victoire au Grand Prix de Singapour 2023 et son attitude professionnelle durant les phases de développement de la Ferrari ont marqué les esprits chez les tifosi. Le fait qu’il défende aujourd’hui un champion comme Hamilton en dit long sur sa lucidité et sa vision plus globale de la F1 contemporaine.

Vers une meilleure compréhension de la phase d’adaptation ?

Au-delà de la bataille médiatique, les déclarations de Sainz ouvrent la voie à une réflexion plus large sur les exigences actuelles en Formule 1. Le changement d’équipe est souvent réduit à un simple transfert, alors qu’il s’agit d’une métamorphose technique et mentale. L’échec partiel de Ricciardo chez McLaren, les débuts timides de Vettel chez Aston Martin ou les ajustements nécessaires d’Alonso chez Alpine puis Aston Martin sont autant d’exemples qui confirment les propos du pilote espagnol.

Dans ce contexte, les attentes autour de Hamilton chez Ferrari doivent être recalibrées. Le projet rouge se construit, et l’intégration d’un champion comme Lewis prendra du temps. Sainz, lui, en profite pour remettre les choses à leur place et rappeler que la performance ne naît pas en un instant. Même à Maranello.

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