L’arrivée de Lewis Hamilton chez Ferrari a fait l’effet d’un séisme dans le monde de la Formule 1. Septuple champion du monde, icône de Mercedes depuis une décennie, le Britannique vise un ultime couronnement avec la Scuderia pour entrer — un peu plus encore — dans la légende. Mais après plusieurs courses, le constat est sans appel : l’adaptation est plus compliquée que prévu. Retour sur un début d’aventure fait de promesses, de frustrations et de défis à relever.
Un départ agité : entre attentes monumentales et réalité technique
Lors du Grand Prix d’Australie, Lewis Hamilton découvre la SF-24 dans des conditions délicates. Très loin de ses standards habituels, il termine 10e, visiblement en difficulté avec sa nouvelle monture. Interviewé après la course, il avoue sans fard : “La voiture était vraiment difficile à piloter […] elle voulait constamment aller dans le mur.” (Source : F1Only)
Ce premier week-end soulève déjà de nombreuses interrogations : le septuple champion peut-il s’adapter au style bien différent d’une Ferrari, après des années développées autour de son style chez Mercedes ?
Un sursaut en Chine… vite rattrapé par la réalité
Hamilton répond catégoriquement en Chine. Il signe la pole sur le Sprint Shootout, puis s’adjuge une victoire nette en Course Sprint. Son pilotage incisif rappelle à tous son pedigree exceptionnel. « Je me suis vraiment senti dessus », confie-t-il à talksport.com.
Pourtant, l’élan positif s’interrompt brutalement avec sa disqualification du Grand Prix principal pour une usure excessive du patin sous la voiture, un coup dur qui relègue le Britannique à l’anonymat et freine l’élan de la Scuderia tout entière.
Une série noire : 4 Grands Prix à oublier
C’est ensuite une spirale de week-ends frustrants. Au Japon, à Bahreïn, en Arabie Saoudite et à Miami, Hamilton ne fait pas mieux que 5e (à Bahreïn). La voiture semble capricieuse, difficile à exploiter. L’ex-star de Mercedes peine à s’exprimer quand Leclerc brille à plusieurs reprises.
Le Grand Prix de Miami marque un tournant : frustration à la radio, tension avec son ingénieur et une 8e place sans éclat. “Nous manquons clairement de rythme”, lâche-t-il à news.com.au — un aveu rare chez un pilote habitué aux sommets.
Imola : enfin des signes de progrès
Lors du Grand Prix d’Émilie-Romagne, Hamilton montre les premiers signes d’une véritable synergie avec la SF-24. Qualifié seulement 12e, il livre une course propre et fluide jusqu’à la 4e place finale.
“Tout a fonctionné en harmonie”, déclare-t-il à grandprix.com, soulagé. Ferrari réalise une stratégie gagnante et les signaux deviennent enfin positifs quant à la capacité de Lewis à performer régulièrement.
À Monaco et Barcelone, la stabilité… mais pas encore l’égalité
À Monaco, Hamilton apparaît plus serein sur la piste, mais Leclerc – impérial sur ses terres – décroche une superbe 2e place. Lewis, lui, réalise une course solide, conclue en 5e position.
À Barcelone, la SF-24 montre un bon rythme notamment sur les longs relais. Leclerc monte encore sur le podium, mais Hamilton termine 6e derrière Hülkenberg. En débrief, il n’élude pas : “C’était une très mauvaise journée […] il n’y a rien à ajouter.” (Source : talksport.com)
Une adaptation qui prendra du temps
Leclerc s’affirme course après course comme le leader naturel de la Scuderia. De son côté, Hamilton semble encore chercher les limites de cette monoplace SF-24, notamment sur les phases de qualification où la confiance est clé.
Rien n’est toutefois perdu. Avec plus de 15 Grands Prix restants, le vétéran britannique a encore le temps pour transformer cette adaptation laborieuse en une montée en puissance progressive. Ferrari mise sur le long terme avec Hamilton et espère qu’à mesure que la relation pilote/équipe/voiture s’intensifie, les résultats suivront.
Ce début de saison est donc à deux vitesses : mitigé factuellement, prometteur symboliquement. Et s’il y a bien une chose que l’histoire nous a apprise, c’est qu’un champion comme Hamilton n’abandonne jamais le combat.