Lewis Hamilton commence à apprivoiser sa Ferrari : vers un tournant en Arabie Saoudite ?

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par Alex Marcol

Depuis le début de la saison 2024, les débuts de Lewis Hamilton chez Ferrari alternent entre promesses et frustrations. Alors que certains attendaient des performances tonitruantes du septuple champion du monde dès son arrivée, la réalité en piste est plus nuancée. Mais à l’aube du Grand Prix d’Arabie Saoudite, Hamilton assure qu’il commence enfin à comprendre les subtilités de la SF-25.

Une phase d’apprentissage encore en cours

Quotidiennement scruté par les observateurs, Hamilton n’a pour l’instant jamais fait mieux qu’une cinquième place en qualifications. Avec seulement 25 points engrangés depuis le début de saison et déjà 52 unités de retard sur Lando Norris (McLaren), son adaptation chez Ferrari a des allures de parcours du combattant. Pourtant, l’Anglais reste optimiste. Dans un entretien accordé à Sky Sports, il confie : « Je pense que j’ai compris comment la voiture aime être pilotée, donc si j’applique ça la semaine prochaine, si je peux mieux me qualifier, le week-end sera meilleur. »

Hamilton pointe notamment du doigt les difficultés rencontrées à stabiliser son set-up durant un week-end complet. À l’inverse de Charles Leclerc, plus rigoureux et constant dans ses réglages, il a parfois navigué à vue : « Charles commence avec un set-up et le conserve, moi je l’ai trop modifié. »

Ce manque de stabilité explique peut-être certaines irrégularités en piste. Mais selon lui, la clé réside dans une meilleure préparation dès les EL1, et surtout, plus de constance.

Une Ferrari à dompter, un style à transformer

Piloter une Ferrari diffère fondamentalement d’une Mercedes, et Hamilton en est pleinement conscient. Après douze saisons chez les Flèches d’Argent — une alliance ponctuée de six titres mondiaux — il découvre chez Ferrari une philosophie technique et un feeling de conduite radicalement différents. « J’ai piloté la même voiture au sein de la même écurie pendant si longtemps… et je suis arrivé dans une nouvelle voiture qui requiert un style et des réglages différents. »

La SF-25 semble particulièrement exigeante dans l’exploitation de ses pneus en qualifications et dans sa sensibilité à l’équilibre aérodynamique. Tous ces éléments demandent une période d’adaptation naturelle, même pour un pilote expérimenté comme Hamilton. Le défi est aussi psychologique : savoir déconstruire douze années d’habitudes n’est pas chose aisée.

Frédéric Vasseur, directeur de la Scuderia, reste toutefois confiant et souligne l’investissement personnel de son nouveau pilote. « On ne remplace pas 12 années de collaboration en deux Grands Prix », rappelle-t-il, tout en saluant la volonté d’Hamilton de s’adapter. Il précise aussi que la Scuderia est prête à ajuster ses méthodes pour tirer le meilleur de lui : « Nous adapterons la voiture pour Lewis, mais il doit aussi faire cette démarche. »

Des enjeux croissants dans un plateau de plus en plus resserré

En Formule 1 moderne, les écarts sont minimes. Une simple demi-seconde d’écart peut désormais faire passer un pilote de la première à la quatrième ligne sur la grille. Ainsi, toute erreur d’adaptation ou tout retard dans l’apprentissage devient immédiatement sanctionné. Ferrari le sait, et Hamilton aussi.

La prochaine étape se jouera à Djeddah, sur le très rapide circuit urbain saoudien. Un tracé que Lewis affectionne particulièrement : vainqueur en 2021, il détient toujours le record du meilleur tour (1’30’’734). Ce sera une nouvelle vraie opportunité d’évaluer le chemin parcouru depuis Bahreïn.

Si la compréhension de la voiture évoquée par Hamilton est réelle, alors le Grand Prix d’Arabie Saoudite pourrait marquer un tournant. À condition de bien réussir les essais libres et de ne pas se disperser dans les réglages, un retour sur le podium est envisageable.

Conclusion : adaptation ou révolution ?

Le processus d’intégration de Lewis Hamilton chez Ferrari est en marche, mais encore loin d’être achevé. Le Britannique est confronté à une réalité : le talent brut ne compense pas le manque d’automatismes, et la Scuderia exige une maîtrise méticuleuse du moindre détail technique. Si Hamilton parvient à capitaliser sur ce regain de compréhension de sa SF-25 dès Djeddah, les signaux pourraient devenir réellement positifs pour la suite de la saison.

La collaboration Hamilton–Ferrari n’a pas encore pleinement trouvé son rythme, mais les signes d’une montée en puissance sont là. Toute la Tifoseria n’attend plus qu’une chose : voir le numéro 44 rugir au sommet… en rouge.

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