Après un début de saison 2025 loin des attentes, la Scuderia Ferrari se heurte à une réalité difficile : la SF-25 peine à rivaliser avec les McLaren et Red Bull, malgré les efforts notables de ses pilotes vedettes, Charles Leclerc et Lewis Hamilton. Si le podium reste désespérément hors de portée, Frédéric Vasseur, le directeur d’équipe, refuse de céder au pessimisme. Il lance un appel fort à l’unité pour maintenir Ferrari sur les rails de la reconstruction.
Un départ au ralenti pour une SF-25 en difficulté
Alors que de nombreux fans espéraient que Ferrari jouerait les premiers rôles en 2025, notamment face à McLaren et Red Bull, les premières courses ont refroidi les ardeurs. Outre la quatrième place de Charles Leclerc au Japon, le meilleur résultat de Ferrari cette saison, l’écurie italienne a enchaîné les désillusions. L’épisode marquant reste la double disqualification au Grand Prix de Chine de Leclerc et Hamilton, un coup dur qui a entamé la dynamique de l’équipe.
La SF-25 montre des limites claires en rythme de course, en particulier sur les longs relais face aux McLaren. Lewis Hamilton, dont l’arrivée chez Ferrari a suscité énormément d’enthousiasme, peine encore à trouver sa place dans une monoplace capricieuse et instable. Quant à Charles Leclerc, il fait preuve de régularité, mais sans voiture compétitive, ses efforts ne suffisent pas à placer la Scuderia sur le podium.
Dans ce contexte, Frédéric Vasseur a tenu à mobiliser les troupes. Lors d’un entretien avec Canal+ après Suzuka, il déclare : « À nous de tirer le meilleur de la voiture, je pense qu’on n’a pas toujours fait un très bon travail de ce côté-là ce week-end. […] Il ne faut pas que l’on se désunisse, [il faut] que l’on garde la même approche, que l’on travaille comme on a travaillé l’année dernière et puis ça viendra.» (Source : Canal+)
Patience, cohésion et travail : le message fort de Vasseur
La stratégie de Frédéric Vasseur repose sur une conviction : seule une équipe soudée peut surmonter ce genre de passage à vide. Le Français, qui a pris les rênes de la Scuderia début 2023, continue de bâtir une culture de confiance et de rigueur. Son rappel des progrès de l’an passé – où l’équipe est passée de 6 dixièmes de retard sur Red Bull à des victoires – montre qu’il croit à une remontée progressive.
Mais pour que le plan fonctionne, chaque acteur – ingénieurs, mécaniciens, pilotes – doit rester aligné derrière une vision commune. En appelant à « ne pas se désunir », Vasseur mise sur la stabilité humaine pour enclencher une dynamique technique. Une stratégie radicalement différente des réflexes historiques de Maranello, où les crises ont souvent été suivies de changements rapides en interne.
La comparaison avec McLaren est particulièrement douloureuse : l’écurie britannique, elle aussi en reconstruction il y a encore deux saisons, devance aujourd’hui Ferrari en rythme pur et fiabilité. Andrea Stella, patron de McLaren, a réussi à créer un environnement technique agile, basé sur la confiance et l’innovation. Ferrari semble vouloir emprunter la même voie – mais avec un temp de retard.
Quels leviers pour relancer la machine Ferrari ?
La Scuderia possède toutefois des atouts indéniables pour revoir ses ambitions à la hausse. Avec un duo de pilotes extrêmement talentueux, un directeur expérimenté et des ressources techniques importantes à Maranello, une montée en puissance est loin d’être exclue. Mais celle-ci passera par des évolutions techniques rapides sur la SF-25, à commencer par une meilleure maîtrise du comportement de la voiture en virage moyen et une gestion optimisée des pneumatiques.
De nouvelles évolutions aérodynamiques sont attendues dès le Grand Prix de Miami. On sait que Ferrari prépare un nouveau fond plat et une mise à jour de l’aileron avant censée améliorer la stabilité générale de la voiture. Reste à voir si ces modifications suffiront à inverser la tendance face à des rivaux qui, eux, ne ralentissent pas.
En attendant, le message de Frédéric Vasseur résonne comme un rappel à l’ordre et à l’esprit d’équipe. Si la Scuderia veut renouer avec les premières places et, à terme, viser le titre constructeur, elle devra s’appuyer sur une cohésion sans faille et une approche méthodique.
Car en Formule 1, plus qu’un sport de vitesse, c’est une course d’endurance stratégique – et mentale. Ferrari le sait mieux que quiconque.