Le Grand Prix de Bahreïn 2024 s’annonce intense dès les premières séances. Ce vendredi, lors des Essais Libres 1 (EL1), trois piliers de la grille – Charles Leclerc, George Russell et Fernando Alonso – resteront sur le banc. L’objectif ? Offrir un précieux temps de roulage à de jeunes talents, conformément au règlement FIA, et dans le cas de Ferrari, préparer l’avenir avec Dino Beganovic.
Charles Leclerc cède sa SF-24 à Dino Beganovic en EL1 : logique réglementaire et vision d’avenir
Ce vendredi, Ferrari appliquera une décision dictée par le règlement sportif de la FIA : offrir la possibilité à un rookie de prendre le volant d’une Formule 1 officielle lors d’un week-end de Grand Prix. Depuis 2022, les écuries doivent en effet aligner un jeune pilote lors de deux séances EL1 par saison. En 2024, le chiffre a été porté à quatre séances par écurie. À Bahreïn, Ferrari a donc choisi de sacrifier la première séance de Charles Leclerc pour permettre à Dino Beganovic de s’illustrer.
Champion d’Europe en Formule Regional en 2022 et pilote de la Ferrari Driver Academy, Beganovic fait partie des jeunes talents sur qui la Scuderia mise à long terme. Il a déjà goûté à la F1 lors d’un roulage privé sur le circuit de Fiorano, mais signera bien à Sakhir sa première participation officielle à une session d’essais en Grand Prix. Plus qu’un simple test, l’exercice est une opportunité précieuse pour lui comme pour l’écurie italienne : données en condition réelle, expérience des procédures d’un week-end de GP, et évaluation directe par les ingénieurs de Ferrari.
Pour Ferrari, c’est également un investissement en capital humain et technique. En privant Leclerc de 60 minutes de roulage sur un tracé abrasif et exigeant comme celui de Sakhir, l’équipe démontre une vision à long terme et la solidité de ses procédures de mise en route.
Un trio de stars sur la touche pour former la relève : Mercedes, Ferrari et Aston Martin dans la stratégie
Leclerc n’est pas le seul à observer d’un peu plus loin ce vendredi. Mercedes alignera Frederik Vesti à la place de George Russell. Le Danois n’en est pas à son coup d’essai : il a déjà roulé à Mexico et à Abu Dhabi en 2023. Côté Aston Martin, Felipe Drugovich disputera sa sixième apparition au volant de l’AMR24 en participant à cette séance libre à la place de Fernando Alonso.
Toutes ces décisions s’inscrivent dans une stratégie commune : maximiser les bénéfices d’un règlement qui oblige désormais à une double exposition pour les rookies au cours de la saison. Bahreïn, avec son climat stable, son revêtement abrasif et son cadre connu des séances d’essais hivernaux, est un choix idéal pour déployer ces jeunes pousses. Les risques sont limités et les données récoltées restent utilisables pour le reste du week-end.
Quel impact sur la préparation de Charles Leclerc et de la Scuderia Ferrari ?
Certes, perdre une heure de roulage n’est jamais négligeable, surtout en ouverture de saison où chaque kilomètre compte. Mais Ferrari semble confiante : la stabilité des performances de la SF-24 et la synergie entre Leclerc et son ingénieur Xavi Marcos devraient permettre une entrée en matière rapide dès les EL2.
Surtout, Ferrari optimise ainsi son programme global de développement. Le roulage de Beganovic offrira des données complémentaires – même si le rythme sera forcément différent – et renforcera sa montée en compétence. Cela crée également une marge de manœuvre stratégique dans l’utilisation ultérieure d’un second rookie au cours de la saison.
En définitive, la Scuderia Ferrari ne cède pas seulement un volant pour se conformer aux règles : elle prépare son futur, renforce sa Ferrari Driver Academy et démontre qu’à Maranello, la vision stratégique dépasse les objectifs immédiats du week-end. Charles Leclerc reprendra le manche en EL2, avec forcément un œil attentif sur les premiers pas de son jeune successeur temporaire.