Essais F1 à Bahreïn : Leclerc prudent malgré une SF-26 prometteuse

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par Alex Marcol

Charles Leclerc entame la saison 2025 de Formule 1 avec une approche plus méthodique que jamais. Après des essais hivernaux concluants sur le circuit de Sakhir, le pilote de la Scuderia Ferrari se montre mesuré, bien loin de l’euphorie prématurée qui a parfois marqué les débuts de saisons passées à Maranello.

Une SF-26 prometteuse, mais des enseignements limités

C’est sous un soleil radieux de Bahreïn que Charles Leclerc a conclu sa journée d’essais au volant de la nouvelle Ferrari SF-26. Si les chronos affichés sur les écrans ont pu faire frémir les tifosi, le Monégasque garde la tête froide : « Nous avons bouclé le programme sans problème, ce qui est toujours positif… mais les temps au tour ne veulent pas dire grand-chose. L’important, c’est de se concentrer sur soi et sur son travail », a-t-il calmement expliqué aux médias, des propos relayés par La Gazzetta Ferrari le 12 février 2025.

Derrière ce discours sobre se cache pourtant une réalité encourageante. La nouvelle SF-26 semble plus équilibrée, et surtout plus cohérente dans sa gestion des longs relais. Après une saison 2024 marquée par une irrégularité chronique, Ferrari semble avoir renforcé la stabilité aérodynamique de sa monoplace, tout en optimisant la dégradation pneumatique – un talon d’Achille notoire depuis plusieurs années.

Leclerc, plus mature que jamais dans son approche

Ce Charles Leclerc version 2025 a décidé de ne pas tomber dans le piège de l’optimisme aveugle. « Les sensations dans la voiture sont bonnes, mais il est encore trop tôt pour tirer des conclusions », insiste-t-il. Une lucidité précieuse dans un paddock toujours prompt à juger hâtivement un favori ou un outsider après quelques tours de piste.

La stratégie est claire : ne pas déclencher de faux espoirs. L’expérience parle – depuis son arrivée chez Ferrari en 2019, Leclerc a connu les hauts (comme les poles merveille a Monza ou Bakou) et les bas (comme la saison 2020 catastrophique ou les erreurs stratégiques en 2022-23). Il sait que c’est à Melbourne, lors du premier Grand Prix de la saison le 8 mars prochain, que les vraies cartes seront abattues.

La Scuderia Ferrari joue la carte de la discrétion

Ce ton mesuré est à l’image du nouveau management chez Ferrari, avec Frédéric Vasseur toujours aux commandes, préférant une communication plus technique et pragmatique qu’émotionnelle. Aucune déclaration tapageuse, aucune promesse de podium, mais un focus clair sur les performances pures et l’analyse des données collectées.

À Sakhir, l’équipe a travaillé en priorité sur les vérifications de systèmes, les tests aéro dynamiques et sur la simulation de différents scénarios de courses – pluie, dépassements, Virtual Safety Car. Leclerc, en collaboration étroite avec les ingénieurs, a également multiplié les retours pour anticiper les stratégies pneumatiques, un axe crucial avec les nouvelles gommes proposées par Pirelli cette année.

Quels enseignements pour Ferrari avant Melbourne ?

Si Ferrari reste en retrait médiatiquement, les performances de la SF-26 laissent espérer un regain compétitif. La voiture semble moins soumise au marsouinage, un fléau en 2022, et les gains en traction à la sortie des virages serrés sont notables. Reste à savoir si cela suffira à rivaliser avec Red Bull, Mercedes ou même McLaren, dont les essais se sont également révélés très solides.

Avec une philosophie de travail précise, une monoplace visiblement plus stable et un Charles Leclerc plus aguerri et concentré, Ferrari s’avance vers 2025 avec des bases sérieuses. Mais le Monégasque a raison : les essais hivernaux sont une pièce du puzzle, et seul Melbourne dira si la SF-26 est enfin l’arme capable de ramener la Scuderia sur la plus haute marche du podium mondial.

La prudence n’est plus un frein mais une stratégie, et chez Ferrari, c’est peut-être la clé pour retrouver enfin de la constance au plus haut niveau.

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