À l’aube d’un changement majeur dans le règlement technique, la Scuderia Ferrari donne un aperçu saisissant des moteurs qui redéfiniront la Formule 1 dès 2026. Enrico Gualtieri, directeur technique de l’unité de puissance chez Ferrari, a récemment partagé des éléments clés de cette transition lors d’une présentation interne relayée par plusieurs médias spécialisés. Et il y a de quoi alimenter les discussions dans le paddock comme chez les passionnés. Ferrari, en quête de sa 17e couronne mondiale, compte bien faire de cette nouvelle ère un tournant stratégique.
Une révolution technique : 50/50 entre thermique et électrique
Le moteur 2026 ne ressemblera en rien à celui d’aujourd’hui. La FIA ayant imposé une répartition équitable entre moteur thermique et moteur électrique — soit 500 chevaux pour chacun — Ferrari s’est attaquée à un défi d’ingénierie colossal. Enrico Gualtieri confirme : « Nous entrons dans une ère où la puissance hybride représentera la moitié de la performance globale. Cela représente près de trois fois l’apport énergétique actuel du MGU-K » (source : Ferrari Media).
La suppression du MGU-H, composant complexe jusqu’ici chargé de récupérer la chaleur des gaz d’échappement, change la donne. À partir de 2026, seule la régénération via le freinage (MGU-K) alimentera les batteries. Fini le luxe d’un système double récupération. Désormais, chaque décélération est stratégique.
Dans les faits, cela signifie que les pilotes ne pourront plus s’appuyer sur une réserve constante d’électricité pour boucler un tour complet à pleine charge. Le nouveau paradigme exigera une gestion au cordeau du mix énergétique. Le moindre excès de consommation d’électricité devra être compensé au tour suivant, rendant l’anticipation et la lecture de course cruciales.
Maîtriser l’intelligence énergétique et l’aérodynamique active
Alors que certains observateurs redoutaient un pilotage passif du type « lift and coast », Ferrari rassure : pas question de sacrifier le spectacle ou la performance. La clé ? Le contrôle logiciel de l’énergie.
Les futurs modes de déploiement — pilotés en temps réel par les conducteurs via le volant — seront vitaux pour équilibrer performance, régénération et usure. L’intelligence artificielle embarquée et le traitement automatisé des données prendront une importance sans précédent, tout comme les talents du pilote en gestion de course. « Il y aura davantage de stratégie à bord qu’avant », explique Gualtieri.
Autre nouveauté intégrée au règlement 2026 : l’aérodynamique active. Pensée pour ajuster l’appui en ligne droite ou en virage selon l’état énergétique et les besoins instantanés de consommation, elle ne créera pas d’écart si elle est parfaitement coordonnée avec le système hybride. Une intégration que Ferrari a déjà testée virtuellement dans ses simulateurs de Maranello.
Des carburants durables… et capricieux
Autre défi non négligeable : les nouveaux carburants 100 % durables obligatoires à partir de 2026. Ferrari, comme ses concurrents, tâtonne encore dans la compréhension des effets de combustion et des résidus internes qu’entraîne ce carburant éco-compatible. Lors des premiers essais au banc, plusieurs anomalies de température et de dépôt ont été répertoriées (source : Ferrari Test Data, janvier 2025).
Ces problématiques vont de pair avec une contrainte accrue sur la masse totale du véhicule. Le poids minimum passera à 768 kg, un seuil qui pousse les équipes à explorer de nouveaux matériaux, parfois encore en phase expérimentale. Dans ce contexte, la moindre réduction de poids, même de quelques grammes, pourrait offrir des gains cruciaux en performance ou en consommation énergétique.
2026 : une opportunité pour la renaissance de Ferrari ?
Tandis que la Scuderia n’a pas connu de couronne mondiale depuis 2008 (constructeurs) et 2007 (pilotes), cette révolution des moteurs semble offrir une page blanche idéale pour se repositionner. Ferrari, qui a récemment renforcé ses partenariats technologiques et revu ses structures internes autour de Frédéric Vasseur, mise sur l’innovation pour reprendre le dessus. Et alors que Red Bull perdra son lien avec Honda et que Mercedes devra faire face à ses relances internes, la saison 2026 pourrait bien redistribuer entièrement les cartes.
Une chose est sûre : Ferrari veut reprendre la conquête, et ce moteur du futur pourrait être l’outil clé de cette résurrection.