Ferrari en 2025 : une saison difficile, l’analyse lucide de Laurent Mekies

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par Alex Marcol

Avec une saison 2025 marquée par l’absence de victoires et une série de contre-performances, la Scuderia Ferrari traverse l’un de ses moments les plus critiques de la dernière décennie. Parmi les voix qui se sont exprimées avec clarté et recul sur cette situation, celle de Laurent Mekies résonne avec un certain poids. Ancien directeur sportif chez Ferrari entre 2018 et 2023, aujourd’hui à la tête de l’écurie Visa Cash App RB (anciennement AlphaTauri), le Français ne cache ni sa lucidité ni son attachement à la marque au Cheval Cabré.

Un constat sans détours sur la saison 2025

Interrogé par plusieurs médias durant le Grand Prix du Japon, Laurent Mekies a commenté la saison actuelle de Ferrari en Formule 1 avec franchise : « Je ne dirais pas que je suis surpris », a-t-il déclaré (source : Motorsport.com, avril 2025). Ce manque de surprise en dit long sur les attentes internes et externes autour de la Scuderia, surtout après l’arrivée de Lewis Hamilton en 2024, censée marquer un tournant stratégique vers le succès.

Pour la première fois depuis 2020, Ferrari termine une moitié de saison sans victoire ni podium, un fait d’autant plus marquant que l’équipe a misé sur un duo de pilotes prestigieux : Charles Leclerc et Lewis Hamilton. Mais ni l’un ni l’autre n’ont réussi à se hisser aux avant-postes face à la domination de Red Bull, le retour en puissance de Mercedes, et la régularité impressionnante de McLaren.

Selon Mekies, cette spirale s’explique par un environnement ultra-concurrentiel : « La Formule 1 est extrêmement compétitive. La ligne entre le succès et l’échec est très mince, surtout cette année, où quelques dixièmes faisaient la différence », analyse-t-il avec lucidité. Cette remarque souligne la finesse nécessaire dans l’exploitation technique de la monoplace mais aussi dans la gestion opérationnelle des courses.

Une vision formée au cœur de Maranello

Laurent Mekies connaît parfaitement les rouages de la Scuderia. De 2018 à 2023, il a œuvré au sein du département technique puis dans le management sportif, aux côtés de Mattia Binotto puis de Frédéric Vasseur. Cette proximité avec l’organisation interne de la maison rouge donne du poids à ses paroles, mais aussi une certaine retenue : « Je souhaite le meilleur à Ferrari », a-t-il sobrement affirmé.

Ce message empreint de respect et d’affection illustre le lien durable entre Mekies et Maranello. Il rappelle aussi que les défis rencontrés par Ferrari en 2025 ne sont pas uniquement liés aux pilotes ou aux choix stratégiques de l’année. Il s’agit d’un écosystème complexe : structure technique, développement moteur, stratégie de course, gestion des pneus, et harmonie dans l’équipe doivent être parfaitement alignés pour performer. Or, en 2025, certains de ces leviers semblent avoir fonctionné en décalage.

Quel avenir pour Ferrari après ce revers ?

L’échec relatif de Ferrari en 2025 est loin d’être définitif, mais il soulève des questions majeures pour la suite : la direction prise par Frédéric Vasseur porte-t-elle ses fruits suffisamment vite ? L’intégration de Lewis Hamilton s’est-elle faite aux dépens de la stabilité interne ? Et sur le plan du développement technique, Ferrari parviendra-t-elle à combler son retard vis-à-vis de Red Bull, dont l’avance aérodynamique reste notoire ?

L’analyse de Mekies, sans être acerbe, pointe vers un besoin fondamental de régénération. Il revient désormais à Vasseur et à ses ingénieurs de redéfinir un cap clair pour 2026, année où les nouvelles directives techniques commenceront à se faire sentir en vue de la grande révolution réglementaire attendue pour 2026. La fiabilité du moteur, l’équilibre aérodynamique et le rôle crucial du simulateur sont autant de chantiers en cours qu’il faudra transformer en résultats tangibles.

Ferrari, toujours emblématique, reste sous les projecteurs. Mais à l’aube de la seconde moitié de la saison 2025, il est clair que le retour au sommet passera autant par une introspection stratégique que par un réveil collectif sur la piste.

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