En février 2024, l’annonce résonnait comme un séisme : Lewis Hamilton, septuple champion du monde, quittait Mercedes pour relever le défi tant rêvé – courir pour la Scuderia Ferrari. Un an plus tard, le ton a radicalement changé. À l’approche de la dernière ligne droite de cette saison 2025, le bilan est, pour le moins, alarmant pour le Britannique. Et certains anciens pilotes n’hésitent plus à lancer des avertissements.
Une adaptation difficile sous la pression de Maranello
L’arrivée d’Hamilton chez Ferrari devait symboliser une alliance historique. La légende de la F1 rejoignant la mythique Scuderia – tout était réuni pour une histoire digne des grandes épopées de la discipline. Mais sur le bitume, le mythe s’est vite effrité. Après 18 Grands Prix disputés, le compteur ne recense aucun podium pour l’ex-Mercedes, contre cinq Top 3 (dont deux victoires) pour son coéquipier Charles Leclerc.
Avec seulement 156 points au championnat pilotes, Hamilton traîne très loin derrière les leaders, et plus encore derrière Leclerc. La seule étincelle fut la victoire au Sprint du Grand Prix de Chine, mais cet instant de gloire a vite cédé la place à la frustration chronique d’un pilote déboussolé. Lui-même a qualifié cette saison de « cauchemar » (propos tenus à Canal+ au GP de Sao Paulo).
Dès le début de la saison, à Djeddah, Hamilton faisait part de ses doutes : « La voiture est difficile, c’est une saison qui s’annonce compliquée. » (source : Sky Sports F1). Visiblement, ni l’usine de Maranello ni son expérience hors norme n’ont suffi à dompter la SF-25, une monoplace capricieuse et difficile à cerner, encore plus lorsqu’il faut se battre contre un Leclerc en pleine maturité technique.
Johnny Herbert : « Il est peut-être en train d’entacher son héritage »
Dans ce contexte tendu, les voix s’élèvent. Johnny Herbert, ancien vainqueur de Grands Prix entre 1989 et 2000, n’est pas tendre dans ses propos. Dans une interview accordée à NewBettingSites.UK, Herbert confie : « Lewis risque de ternir son héritage, et c’est probablement le début de cela. »
Selon lui, Hamilton doit analyser avec honnêteté ce qu’il peut encore apporter à Ferrari – et à la F1 en général – au risque de quitter le paddock par la petite porte. Herbert poursuit : « Plus vous essayez de croire que vous pouvez redresser la situation, plus vous réalisez qu’il faut parfois accepter : ‘Non. Ce n’est plus comme avant.’ »
Les images du Britannique en interview, le regard vide, la voix lasse, ont frappé les observateurs. Herbert note un Hamilton « perdu et anéanti ». Alors, la grande question se pose : Hamilton peut-il rebondir, ou est-il pris au piège d’un projet qu’il ne maîtrise pas ?
Un défi technique et psychologique pour Ferrari
Ce transfert met aussi en lumière des faiblesses profondes dans l’organisation de Ferrari. En dépit d’un duo de pilotes expérimentés, la SF-25 souffre de manques que les ingénieurs peinent à corriger. Manque de constance dans les longs relais, aérodynamique capricieuse sur certains tracés urbains et une fiabilité qui reste en dessous des standards Red Bull ou McLaren : les ingrédients pour une saison solide n’y sont pas réunis.
Et quand deux pilotes de haut niveau doivent extraire le maximum d’une monoplace perfectible, les tensions montent. Charles Leclerc, de son côté, semble avoir trouvé ses marques malgré les limites techniques. Hamilton, lui, donne l’impression de courir contre la voiture, contre lui-même, et parfois contre sa propre légende.
Quel avenir pour Hamilton chez Ferrari ?
Rien n’indique aujourd’hui que Lewis souhaite prendre sa retraite dès fin 2025. Il lui reste un contrat en cours avec la Scuderia jusqu’à fin 2026 (source : Ferrari Press Release, janvier 2024). Mais la réflexion est inévitable. S’il ne parvient pas à inverser la tendance, la saison prochaine s’annonce sous tension, pour l’homme comme pour l’écurie.
Le défi Ferrari est peut-être plus grand qu’un simple changement d’équipe. Il touche à l’identité même d’un pilote qui a construit sa carrière sur le contrôle, la performance, la domination. Et dans le tumulte de Maranello, c’est un tout autre monde qui l’attend.
Verdict donc en 2026 ? Ou grand sursaut dès la fin de saison ? Chez Ferrari, une chose est sûre : les légendes ne suffisent pas à faire gagner une monoplace… encore faut-il qu’elle le permette.