La tension est palpable à Maranello. Deux Grands Prix avant la fin de la saison 2025, la Scuderia Ferrari accuse le coup. Pas de victoire, des résultats inégaux et une place au pied du podium du championnat constructeurs. Pourtant, Frédéric Vasseur, team principal de la Scuderia, refuse de céder à la panique. Après un Grand Prix de Las Vegas frustrant sur le plan comptable, le Français a livré une déclaration sans détour, qui interroge autant qu’elle intrigue : « Ce n’est pas un drame ».
Un message de résilience plutôt que de résignation
Face aux critiques grandissantes à l’égard de la performance de Ferrari en 2025, notamment du côté des tifosi, Frédéric Vasseur a choisi d’adopter un ton mesuré mais ferme. Dans des propos rapportés par Motorsport.com, il nuance l’échec supposé de cette saison : « Nous étions deuxièmes du championnat il y a seulement deux semaines. Ce n’est pas comme si tout avait été un désastre total. »
Ce positionnement ne minimise pas les erreurs, mais met en valeur une dynamique globalement stable durant la première moitié de saison. Le problème, c’est cette fin d’année sans éclat : depuis le Grand Prix du Brésil, Ferrari n’a marqué qu’une poignée de points, laissant Red Bull et Mercedes s’éloigner définitivement en tête du classement constructeurs.
Vasseur refuse toutefois l’alarmisme. Pour lui, le parcours de 2025 n’est pas symptomatique d’une crise profonde, mais plutôt d’un plateau de performance difficile à franchir. Une manière sans doute de maintenir la stabilité en interne à l’approche du grand chamboulement réglementaire de 2026.
Une saison 2025 en demi-teinte : état des lieux
Sur le plan purement sportif, 2025 n’entre clairement pas dans les grandes heures de la Scuderia. Aucun succès en course, un Charles Leclerc souvent dans le top 5 mais jamais au sommet, un Lewis Hamilton en période d’acclimatation délicate après son arrivée cette année – la greffe ne prend pas encore totalement entre l’icône britannique et la monoplace rouge.
La SF-75 a manqué de constance, notamment en rythme de course, là où Red Bull continue de dominer avec un Max Verstappen toujours impressionnant. McLaren a également fait un net bond en avant, au point de poser parfois plus de problèmes à Ferrari que Mercedes. Les écarts entre les équipes de pointe se sont resserrés, mais cela n’a pas suffi à la Scuderia pour prendre l’avantage.
Le GP de Las Vegas résume bien la situation actuelle : Leclerc termine 4e après disqualifications chez McLaren, tandis qu’Hamilton, 10e, sauve un point. Des miettes à ce niveau de compétition.
Préparer 2026 : la stratégie de projection
Si Vasseur refuse de parler de drame, c’est aussi parce que les regards sont déjà tournés vers 2026. L’arrivée d’une nouvelle réglementation moteur et aérodynamique redistribuera les cartes, et Ferrari mise sur ce tournant pour revenir aux avant-postes. Dès cet hiver, la Scuderia devra s’engager dans une restructuration technique importante pour préparer cette transition stratégique.
En interne, le travail de développement sur la monoplace 2026 est déjà lancé. Les ingénieurs planchent notamment sur une meilleure synergie entre la puissance du moteur et la gestion énergétique, enjeu crucial de la prochaine ère. Vasseur l’a répété : « Nous voulons toujours mieux, quoi qu’il arrive. » Ce mantra constitue l’ADN d’une équipe qui aspire à renouer avec les titres.
Mais le défi est immense : Red Bull s’annonce déjà redoutable sur le plan de la préparation et dispose d’une base technique solide. Mercedes, malgré ses irrégularités, travaille dans l’ombre. Ferrari devra donc non seulement corriger ses faiblesses actuelles, mais aussi anticiper les tendances techniques à venir.
Conclusion : entre lucidité et optimisme stratégique
La saison 2025 n’a certes pas livré les résultats espérés pour Ferrari. Pourtant, Vasseur prône la résilience, s’ancrant dans une vision à long terme. La route vers les sommets est encore sinueuse, mais la Scuderia demeure en lice, avec de solides atouts humains et techniques à faire valoir.
En refusant la panique, Vasseur choisit un cap clair : apprendre, s’ajuster, et viser haut pour 2026. Loin d’un drame, Ferrari vit peut-être une mue silencieuse. Une transition qui, bien maîtrisée, pourrait annoncer le véritable retour aux affaires de la plus grande écurie de l’histoire de la Formule 1.