Depuis son arrivée tonitruante chez Ferrari début 2025, Lewis Hamilton vit une saison pleine de désillusions. Mais ce samedi 22 novembre, lors des qualifications du Grand Prix de Las Vegas, le septuple champion du monde a touché le fond : 20e et dernier sur la grille. Une catastrophe qui symbolise parfaitement les difficultés profondes du camp Ferrari cette année, et un Hamilton méconnaissable, totalement déboussolé.
Un choc pour Hamilton, un symbole inquiétant pour Ferrari
C’était censé être un nouveau départ prometteur pour Lewis Hamilton. Après plus d’une décennie chez Mercedes, son transfert chez Ferrari avait enflammé la planète F1. Mais à l’aube de la fin de la saison 2025, le bilan est glaçant : aucun podium, des performances erratiques, et une dynamique en chute libre. Las Vegas marque un nouveau point de non-retour.
« La voiture était très performante lors de la Libre 3… C’est un choc d’être dernier… » a confié Hamilton à Motorsport Next Gen dans la soirée de samedi. Un constat terriblement amer pour le Britannique, qui pointait un manque d’adhérence, des pneus trop froids, et une incompréhension générale de la situation.
La séance de qualification s’est transformée en cauchemar : confronté à des drapeaux jaunes puis rouges en fin de séance, Lewis n’a jamais pu signer un chrono compétitif. Mais au-delà de l’incident ponctuel, c’est bien le fond de jeu de Ferrari qui inquiète. Le manque de constance, la gestion erratique des pneus et une adaptation délicate aux évolutions du châssis SF-25 soulèvent de vraies questions.
Des failles techniques et un avenir à réinventer
Ferrari avait pourtant mis les petits plats dans les grands pour accueillir le septuple champion de monde. L’adaptation de la monoplace au style de pilotage de Hamilton était au cœur du projet technique 2025. Mais force est de constater que l’osmose tarde à apparaître. La SF-25, certes compétitive par séquences, manque cruellement de fenêtres de performance stables. Résultat : des performances inconsistantes comme à Suzuka, Montréal, ou encore Singapour.
Au-delà de la performance brute, le moral semble entamé. Lorsqu’un pilote tel que Lewis Hamilton confie : « Je ne me sens pas bien… Je n’ai pas de réponse… », c’est que le malaise est profond. La Scuderia, qui comptait sur son charisme et son expérience pour embarquer le projet vers les sommets, doit aujourd’hui faire face à un chantier mental et technique.
Carlos Sainz, de son côté, parvient à tirer un peu plus de régularité de la voiture, mais l’Espagnol plafonne également hors du top 5, révélant les limites actuelles du package Ferrari. À Maranello, Frédéric Vasseur et ses équipes devront tirer de lourdes leçons de 2025 avant d’aborder la nouvelle réglementation aérodynamique prévue pour 2026.
Quel impact pour le projet Ferrari-Hamilton ?
Ce revers brutal à Las Vegas relance forcément les discussions sur l’avenir du duo Hamilton-Ferrari. Faut-il revoir l’approche technique autour de lui ? Hamilton est-il en difficulté à cause d’une philosophie de voiture trop éloignée de celle développée chez Mercedes ? Ou est-ce simplement l’âge et une adaptation plus difficile que prévu aux processus internes de la Scuderia ?
Une chose est sûre : Ferrari n’a pas recruté Hamilton pour flirter avec la Q1. Chaque course qui passe sans résultat fait perdre à la Scuderia des points précieux et, plus grave encore, une partie de sa crédibilité face à la domination toujours impressionnante de Red Bull et la montée en puissance de McLaren.
La course de dimanche sur le Strip de Las Vegas s’annonce difficile, avec une possible remontée de Hamilton depuis la vingtième place — mais sans illusions. L’objectif principal pour le Britannique sera de retrouver des sensations, accumuler des données et préparer les derniers Grands Prix de la saison 2025 avant un très attendu remaniement hivernal.
Ferrari, déjà tournée vers 2026, devra digérer une saison ratée et repenser en profondeur son approche, autant sur le plan technique que stratégique. Car chez les Rouges, l’heure n’est plus aux promesses mais aux actes.