Depuis le début de la saison 2025, la pression n’a jamais été aussi forte sur la Scuderia Ferrari – et sur Lewis Hamilton. Débarqué de chez Mercedes avec l’ambition de ramener les Rouges au sommet, le Britannique a vu ses premiers résultats en demi-teinte provoquer des remous au sommet de l’écurie italienne. Le plus marquant ? Une déclaration sans détour de John Elkann, président de Ferrari, sur la surmédiatisation de ses pilotes… et certains ont vu dans ces propos une pique directe à l’adresse du septuple champion du monde.
John Elkann hausse le ton : une pression ciblée sur Hamilton ?
Lors d’une interview relayée par plusieurs médias italiens, John Elkann n’a pas mâché ses mots. Le président de Ferrari a exprimé son inquiétude quant à l’exposition médiatique importante de ses pilotes, affirmant que « l’écurie devait retrouver une culture de la performance avant celle de l’image ». Des mots qui ont immédiatement été perçus comme une attaque voilée envers Lewis Hamilton, très actif sur les réseaux sociaux et dans les espaces publics, notamment pour ses engagements personnels et humanitaires.
L’arrivée de Hamilton chez Ferrari en 2025 avait été perçue comme un tournant stratégique, autant pour sa dimension sportive que commerciale. Mais après une première moitié de saison mitigée – aucun podium en six courses et plusieurs erreurs techniques sur la SF-25 – certains observateurs n’ont pas tardé à questionner son intégration et sa concentration. Elkann, en bon capitaine d’industrie exigeant, semble vouloir recentrer les projecteurs sur la piste…
Lewis Hamilton opte pour l’unité et relativise les tensions
Interrogé en marge du Grand Prix de Las Vegas, Lewis Hamilton a pris la parole pour la première fois suite aux déclarations de son président. Contre toute attente, le Britannique n’a pas enflammé la polémique. Au contraire, il a opté pour une posture unificatrice :
« Je n’ai pas l’impression qu’il y ait une culture du blâme ici. Je pense que nous sommes tous dans le même bateau. (…) Je suis toujours prêt à réduire ma présence médiatique ! Mais non, sérieusement, nous devons tous assumer nos responsabilités. (…) Je suis pleinement engagé à aider cette équipe à se reconstruire et à progresser », a-t-il déclaré devant la presse (source : conférence de presse FIA, GP de Las Vegas 2025).
Cette réponse ciselée et empreinte de calme démontre une volonté claire d’apaisement et de solidarité interne. Elle marque aussi une évolution du discours du pilote, qui assume désormais pleinement son rôle de leader dans une Scuderia en reconstruction.
Quels enjeux pour Ferrari et Hamilton en 2025 ?
Chez Ferrari, la saison 2025 devait représenter le renouveau. Avec Frédéric Vasseur à la direction, un duo Hamilton-Leclerc prometteur et une SF-25 annoncée comme enfin à la hauteur, l’objectif était clair : se battre pour les victoires. Mais après six Grands Prix marqués par des performances erratiques, le bilan est inquiétant. Ni Hamilton ni Leclerc ne sont montés sur la plus haute marche du podium, et Red Bull continue de dominer outrageusement le peloton.
Dans ce contexte, toute forme de distraction ou de tension interne est immédiatement pointée du doigt. Les remarques de John Elkann peuvent être interprétées comme un appel à la concentration et à une dynamique collective plus resserrée. Pour Hamilton, c’est aussi le moment de prouver que son engagement auprès de Ferrari n’est pas seulement médiatique mais profondément compétitif.
Le Grand Prix de Las Vegas représente ainsi une étape clé. Sur un circuit urbain spectaculaire et inédit, la SF-25 a l’occasion de montrer un réveil tant espéré. Et pour Hamilton, chaque course est désormais une opportunité de faire taire les doutes – à la fois sur la piste et dans les paddocks.
Conclusion : Hamilton reste centré sur l’objectif Ferrari
En répondant avec calme et maturité, Lewis Hamilton a choisi l’unité plutôt que la confrontation. Une stratégie particulièrement avisée dans une maison comme Ferrari, où la pression médiatique est constante et où l’histoire se conjugue à l’impératif de résultats. Reste à voir si cette posture se traduira par des performances plus solides dans les prochaines épreuves. En Formule 1, comme toujours, seul le chronomètre a le dernier mot.