À peine débarqué chez Ferrari en 2025, Lewis Hamilton continue de faire couler beaucoup d’encre. Largement médiatisé, son transfert de Mercedes vers la Scuderia devait être la pièce maîtresse du renouveau de l’écurie italienne. Pourtant, à trois courses de la fin de la saison, l’ancien champion du monde n’est toujours pas monté sur un podium avec la SF-25. Une situation qui alimente critiques et doutes… Mais pas pour tout le monde. Claire Williams, ancienne patronne de l’écurie éponyme, vole au secours du Britannique.
Un début de saison frustrant pour Hamilton
La saison 2025 est loin d’avoir répondu aux espoirs placés en Lewis Hamilton. En rejoignant Ferrari, le septuple champion du monde visait clairement un objectif : ramener le titre à Maranello. Mais la réalité du terrain est plus nuancée. Depuis le début de l’année, la SF-25 s’est montrée capricieuse en rythme de course, avec une fenêtre de performance très réduite et des réglages difficiles à exploiter. Carlos Sainz, plus à l’aise dans le giron rouge après plusieurs saisons, a régulièrement devancé Hamilton, s’offrant même deux podiums jusqu’ici.
Hamilton, de son côté, enchaîne les arrivées en fond de top 5, frustré mais combatif. Pour le septuple champion, tant habitué à jouer les premiers rôles qu’à développer une voiture autour de lui chez Mercedes, le défi est de taille. Son adaptation à la culture très spécifique de Ferrari — entre passion latine, pression médiatique et attentes des tifosi — n’est pas encore achevée.
Claire Williams plaide la patience et l’adaptation
Interrogée sur les ondes de talkSPORT, Claire Williams a tenu à défendre celui qu’elle a côtoyé en paddock pendant plus d’une décennie. « Même quelqu’un du calibre et de l’expérience de Lewis aura besoin de temps pour trouver ses marques », a-t-elle déclaré. « Ferrari, c’est l’Italie, c’est le soutien des tifosi. Ils ont une manière de faire très différente. »
L’ex-directrice adjointe de Williams note que Hamilton a passé plus de 10 ans chez Mercedes, contribuant largement à façonner l’équipe autour de son style de travail. Ce changement vers une structure aussi distincte que Ferrari n’a rien de trivial — même pour un pilote aussi expérimenté. Elle ajoute : « Il faut leur donner un peu plus de temps, voir ce qui se passe en allant vers 2026. »
C’est là tout l’enjeu de ce pari : au-delà de la performance immédiate, il s’agit d’un projet long terme. Ferrari et Hamilton ont signé jusqu’en 2026, avec des objectifs alignés sur la prochaine réforme du règlement technique, où tout le monde repartira (presque) de zéro.
Une équation à plusieurs inconnues
L’arrivée d’Hamilton chez Ferrari ne peut être analysée sans prendre en compte les éléments structurels. La stabilité de l’équipe dirigeante sous Fred Vasseur est un point positif, tout comme les progrès du département technique, désormais renforcé par l’arrivée d’ingénieurs-clés venus de Red Bull.
Mais l’adaptation du pilote à la voiture reste un sujet épineux. La philosophie de la SF-25, très différente de la W14 qu’il pilotait l’an dernier chez Mercedes, demande une remise en question de ses automatismes. Cela peut prendre du temps, même pour un pilote aussi complet.
Pour 2026, tous les regards sont déjà tournés vers les nouveaux moteurs, où Ferrari espère frapper fort. Hamilton, qui vise un huitième sacre pour entrer seul dans la légende, sait que cette échéance est cruciale. En attendant, chaque course de fin de saison 2025 sera un test : pour lui, pour l’équipe, et pour la crédibilité de ce projet aussi ambitieux que symbolique.
Conclusion : pari risqué, mais encore jouable
Claire Williams a peut-être vu juste. Oui, le tandem Ferrari-Hamilton est encore loin de son plein potentiel. Mais il est trop tôt pour enterrer ce projet à peine lancé. Si quelqu’un peut faire triompher la passion de Maranello combinée à son talent brut, c’est bien Lewis Hamilton. Encore faut-il lui laisser le temps, en piste comme en coulisses, de s’intégrer, de créer, de gagner.