Depuis son arrivée spectaculaire à Maranello début 2025, Lewis Hamilton alimente les débats. Annoncé comme la pièce manquante du puzzle Ferrari pour enfin redevenir championne du monde, le septuple titré britannique traverse une première saison bien plus complexe que prévu. Et la critique commence à pleuvoir – y compris en provenance de figures légendaires de la Formule 1. Dernier en date : Bernie Ecclestone, l’ancien grand patron de la discipline, qui ne mâche pas ses mots.
Un transfert Hamilton-Ferrari sous haute tension
L’arrivée de Lewis Hamilton chez Ferrari a fait l’effet d’un séisme dans le paddock. Après plus d’une décennie chez Mercedes, le Britannique s’alignait pour un ultime défi : ramener la couronne mondiale à la Scuderia, en quête de titre pilote depuis Kimi Räikkönen en 2007. Mais à mi-saison 2025, force est de constater que les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes.
Ferrari peine à suivre le rythme effréné de Red Bull et McLaren. Si Charles Leclerc parvient à tirer son épingle du jeu avec des podiums réguliers, Hamilton, lui, lutte pour s’acclimater totalement à la SF-25. Placements moyenne gamme en qualifications, rythme de course inégal, stratégie parfois bancale – le septuple champion semble en perte de repères.
Bernie Ecclestone allume Hamilton : « un projet de marketing »
Invité à commenter la situation par le site allemand sport.de, Bernie Ecclestone, 95 ans, désormais en retrait mais toujours influent observateur de la F1, n’a pas hésité à tacler Hamilton en des termes particulièrement directs :
« Il voulait devenir champion du monde là-bas et il est maintenant surpris de ne pas y parvenir. Hamilton est l’un des meilleurs de ces dix dernières années, mais pas le meilleur. Aujourd’hui, il n’est plus qu’un projet de marketing financier, et il fera davantage dans la mode à l’avenir. » (source : sport.de).
Ce jugement cinglant soulève plusieurs questions : Hamilton est-il désormais plus une icône qu’un pilote d’élite ? Et surtout, ces propos reflètent-ils une réalité ou sont-ils simplement le fruit d’une vision rétrograde du paddock ?
Analyse : un bilan contrasté pour Hamilton chez Ferrari
S’il est vrai que Lewis Hamilton n’a pas encore remporté de course cette saison – une première depuis 2022 – réduire son apport à un simple coup marketing serait injuste. Son arrivée a immédiatement boosté la visibilité mondiale de Ferrari, renforcé l’attractivité commerciale de la marque, et généré une dynamique interne positive, comme le soulignent plusieurs membres de l’équipe technique.
D’un point de vue stratégique, l’adaptation à la SF-25 demande du temps. Contrairement à Mercedes où l’équipe était construite autour de lui, Hamilton doit partager le leadership avec un Charles Leclerc au sommet de son art. Cette dualité au sein du garage Ferrari, bien que complexe, pourrait être un moteur de performance pour 2026, lorsque la stabilité technique et l’expérience commune auront porté leurs fruits.
Quel avenir pour Hamilton et la Scuderia ?
Malgré les critiques, rien n’indique un désengagement anticipé de Hamilton. Le pilote britannique a signé pour au moins deux saisons, avec une option pour 2027. Selon plusieurs sources internes, l’expérimentation en 2025 est considérée comme une phase d’apprentissage.
La position de Ferrari est également claire : avec Frédéric Vasseur à la manœuvre, l’écurie construit un projet à moyen terme. Les ajustements techniques, notamment au niveau de l’exploitation du châssis et de l’aérodynamique, laissent entrevoir de meilleures performances pour la deuxième moitié de saison.
L’objectif reste de bâtir une voiture capable de battre Red Bull sur la régularité et non seulement sur l’éclat ponctuel.
Conclusion : une tempête passagère ou le début du déclin ?
Si les mots d’Ecclestone frappent fort, ils ne dressent pas le tableau complet. Lewis Hamilton reste l’un des pilotes les plus expérimentés et respectés du plateau. Sa trajectoire avec Ferrari est en construction, et s’il parvient à surmonter cette année de transition, il pourrait bien surprendre ses détracteurs dès 2026. Car une chose est certaine : sous le rouge Ferrari, on ne lâche rien.
En attendant, les mots de Bernie Ecclestone rappellent une vérité propre à la Formule 1 : même les plus grands doivent constamment prouver leur valeur. Et chez Ferrari, l’attente est aussi grande que le prestige.