Ferrari en crise : l’inquiétude grandissante de Mattia Binotto

Photo of author

par Alex Marcol

Depuis quelques semaines, l’ambiance chez Ferrari est morose. La Scuderia, pourtant bien lancée en début de saison 2025, a perdu de sa superbe à l’approche de l’été. Pire, les résultats décevants des deux derniers Grands Prix ont ravivé les doutes d’un passé récent que les tifosi espéraient définitivement derrière eux. Dans ce contexte tendu, Mattia Binotto, ancien Directeur de la gestion sportive de l’écurie italienne, a pris la parole. Et ses mots résonnent comme un véritable signal d’alarme.

Un ancien responsable inquiet pour la Scuderia

Mattia Binotto connaît la Scuderia Ferrari comme peu d’autres. Présent à Maranello pendant plus de vingt ans, ingénieur moteur avant de gravir les échelons jusqu’au poste de directeur d’équipe, il reste une voix respectée dans le paddock et auprès des tifosi. Dans une déclaration relayée par la presse italienne, Binotto a exprimé une inquiétude sincère, non pas tant pour les pilotes ou les dirigeants actuels, mais pour l’ensemble des équipes techniques et des fans.

« Je partage la douleur des tifosi et celle des nombreux travailleurs de Maranello qui s’investissent pleinement dans ce projet ; il n’est pas facile de vivre avec ces résultats », déclarait-il récemment. Un message teinté d’émotion, mais aussi d’un attachement jamais rompu à la maison rouge. Bien qu’il ait depuis tourné la page – il travaillerait aujourd’hui sur de nouveaux projets en lien avec l’ingénierie automobile –, Binotto ne cache pas sa déception face à la trajectoire prise par la Scuderia.

Des résultats qui interrogent

Après un début d’année encourageant et des podiums réguliers obtenus par Charles Leclerc et Carlos Sainz, Ferrari semble piétiner. Lors des deux derniers Grands Prix – Barcelone et Silverstone –, l’écurie n’a pas réussi à placer une voiture sur le podium, malgré des conditions parfois favorables. Pire, l’écart avec Red Bull et McLaren s’est creusé. Mercedes, pourtant à la peine en début de saison, commence même à récupérer du terrain.

Frédéric Vasseur, team principal en poste depuis 2023, tente tant bien que mal de calmer les esprits. Lors d’un point presse à Silverstone, il déclarait : « Nous savons où nous devons progresser, et nous travaillons méthodiquement. Nous ne changerons pas notre ligne directrice en cédant à la panique. » Une communication maîtrisée, mais qui peine à masquer une forme d’immobilisme technique sur certains développements aérodynamiques et mécaniques.

Un management sous pression ?

La déclaration de Binotto met aussi en lumière un point rarement abordé de manière frontale : l’impact psychologique sur les employés de Maranello. Derrière le glamour des paddocks et les joutes stratégiques, ce sont des centaines d’ingénieurs, de mécaniciens et de techniciens qui se donnent corps et âme pour faire briller le Cavallino Rampante. Selon plusieurs sources proches de l’usine Ferrari, une certaine démotivation s’installe, alimentée par les changements de cap fréquents et une instabilité chronique depuis le départ de Sergio Marchionne en 2018.

Le départ de Binotto, évincé fin 2022 après une saison en demi-teinte malgré quatre victoires, avait marqué un tournant. Depuis, le chantier de reconstruction est en cours, mais les fondations semblent encore fragiles. Le manque de résultats alimente les doutes, tant chez les tifosi que dans l’organigramme interne.

Quels enjeux pour la suite de la saison 2025 ?

Alors que la mi-saison approche, Ferrari doit impérativement redresser la barre si elle veut rester dans la course au titre ou, à défaut, sécuriser la deuxième place au Championnat Constructeurs. Le futur de Carlos Sainz reste encore incertain face à l’arrivée annoncée de Lewis Hamilton en 2026, et Charles Leclerc est plus que jamais le fer de lance du projet rouge.

Les prochaines évolutions attendues pour le Grand Prix de Hongrie seront cruciales. Le Hungaroring, circuit à haute charge aéro, pourrait convenir aux caractéristiques de la SF-25, mais encore faudra-t-il maîtriser la gestion des pneus et aligner une stratégie sans faille — deux faiblesses récurrentes cette saison.

Le message de Mattia Binotto, bien qu’en retrait des affaires de la F1, invite à une introspection profonde du côté de Maranello : redonner du sens, de la stabilité et de la performance au projet Scuderia Ferrari avant que la spirale négative ne devienne incontrôlable.

Laisser un commentaire