Jean Alesi, figure emblématique de la Scuderia Ferrari dans les années 90, s’apprête à poser un geste symbolique fort qui ne passera pas inaperçu dans le microcosme de la Formule 1. Le 27 janvier 2025, l’ancien pilote français mettra aux enchères l’une de ses précieuses monoplaces Ferrari, celle-là même qui a marqué une époque vibrante mais contrastée de l’histoire du Cheval Cabré.
Une icône de métal et de feu : la Ferrari F92A de 1992
C’est à l’Hôtel Peninsula à Paris que Jean Alesi mettra en vente sa Ferrari F92A, une authentique monoplace de Formule 1 équipée d’un moteur V12 de 750 chevaux. Véritable témoin de la saison 1992, cette voiture n’est pas un simple objet de collection : c’est une pièce de l’histoire de la Scuderia, offerte à Alesi par l’équipe italienne à la fin de sa troisième saison au sein de l’écurie.
La F92A, reconnaissable à son châssis aux formes innovantes et controversées, fut l’un des symboles d’une ère difficile pour Ferrari, marquée par une instabilité technique et des résultats en deçà des attentes. Pourtant, pour les nostalgiques, elle incarne aussi une époque audacieuse, durant laquelle le rugissement du V12 faisait vibrer les paddocks et résonner les autodromes. Jean Alesi avait terminé la saison à la 7e place du championnat, tandis que Nigel Mansell (Williams-Renault) s’adjugeait la couronne mondiale.
« J’ai décidé de la mettre en vente pour qu’un passionné lui redonne vie et fasse de nouveau rugir ce V12 de légende ! », a confié Alesi à l’AFP via la maison de ventes Artcurial. L’estimation oscille entre 3 et 4 millions d’euros, mais l’intérêt historique et émotionnel de cette F1 pourrait bien faire grimper les enchères.
Un geste fort, un symbole pour les tifosi
Au-delà de sa simple valeur pécuniaire, cette vente revêt une portée particulière pour les passionnés de Ferrari. Elle vient rappeler à quel point l’héritage de la marque est intangible, forgé par le talent de pilotes comme Alesi, mais aussi par le mythe de ses mécaniques iconiques comme le moteur V12.
La déclaration d’Alesi à propos de sa récente prise de volant d’une Ferrari de 1995 à Monza renforce encore cette émotion : « Voir ma F92A de 1992 posée dans ma salle de sport m’a convaincu que sa place était sur un circuit. » Ce geste, qui replace la F92A dans son environnement naturel — la piste — est un vibrant plaidoyer de vie pour une machine qui mérite de rugir à nouveau.
Le fait que la voiture soit en parfait état de marche et ait été entretenue dans des conditions optimales est un argument qui ravira les collectionneurs et passionnés de Ferrari. Si l’on y ajoute que le moteur V12 de Maranello est encore fonctionnel, cette mise en vente devient un événement exceptionnel dans le calendrier des enchères automobiles de prestige.
Entre mémoire et modernité : quelle place pour la F1 historique ?
Cette initiative rappelle aussi l’importance croissante de la valorisation du patrimoine en Formule 1. À l’heure où la discipline entre à pleine vitesse dans l’ère des motorisations hybrides et du développement durable, la fascination pour les voitures historiques ne faiblit pas — au contraire. Les puristes comme les néophytes se rassemblent autour de ces icônes, témoins d’une F1 brute, sensorielle, orchestrée au son d’un V12 qui fait encore vibrer les cœurs.
Chez Ferrari, cette mémoire est précieuse. L’arrivée de Frédéric Vasseur à la tête de la Scuderia, depuis la saison 2023, a d’ailleurs contribué à raviver les liens entre passé et présent, en mettant en avant des figures emblématiques comme Alesi ou Räikkönen. La vente de cette monoplace s’inscrit donc dans une dynamique plus large : faire vivre l’histoire pour nourrir la passion actuelle.
L’événement du 27 janvier 2025 ne sera pas seulement une vente aux enchères. Ce sera un chapitre de la grande histoire Ferrari qui se tourne avec émotion et dignité. Pour les tifosi, Jean Alesi reste ce pilote fougueux, loyal, un battant dont le nom est à jamais lié à Maranello. Et la F92A, cette mécanique imparfaite mais charismatique, trouvera sans nul doute un nouvel écrin où son V12 pourra, à nouveau, faire trembler la piste.