Ferrari en difficulté : les révélations de Luigi Mazzola sur les freins et l’aérodynamique

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par Alex Marcol

Depuis plusieurs courses, la Scuderia Ferrari peine à maintenir le rythme face à la concurrence en Formule 1. En ce milieu de saison 2025, alors que Red Bull se rapproche dangereusement pour contester la troisième place du championnat constructeurs, une voix bien connue de Maranello s’élève : celle de Luigi Mazzola, ancien ingénieur de la Scuderia. Dans une intervention sans détour, il met en lumière des problèmes structurels qui entravent actuellement les performances de la SF-25.

Des compromis techniques risqués : entre aérodynamique et freinage

Luigi Mazzola, ingénieur de renom ayant contribué aux succès de Ferrari dans les années Schumacher, estime que les difficultés de la Scuderia sur la piste sont en grande partie liées à des compromis techniques hasardeux. Selon ses propos rapportés dans les médias italiens, Ferrari est aujourd’hui incapable d’exploiter la pleine performance de sa monoplace à cause de deux problèmes majeurs.

Premièrement, la voiture ne peut pas être rabaissée pour maximiser sa charge aérodynamique, sous peine de subir une usure excessive de la planche (le “plank”) située sous le châssis. Cela risquerait une disqualification, comme cela a récemment failli arriver en course. Pour compenser ce déficit de performance aérodynamique, les ingénieurs réduisent alors les prises d’air des freins pour chercher de la charge ailleurs — un choix complexe, car les systèmes de freinage sont extrêmement sensibles sur le plan thermodynamique.

Le résultat ? « La gestion de la voiture devient critique. Dès le quatrième tour, les pilotes sont contraints au ‘Lift and Coast’, une stratégie de conservation de l’énergie et de gestion thermique consistant à relâcher l’accélérateur bien avant les points de freinage. » explique Mazzola (source : Gazzetta dello Sport). Cette technique, utilisée pour éviter la surchauffe des freins ou la surconsommation, témoigne des limites fondamentales rencontrées par la SF-25 cette saison.

Un déficit de communication inquiétant entre la piste et Maranello

Au-delà des seule considérations techniques, Luigi Mazzola pointe un problème encore plus profond : une possible défaillance dans la transmission des données et du feedback entre la piste et l’usine de Maranello. Il note une incohérence entre les discours tenus par Frédéric Vasseur, le directeur de la Scuderia, et la réalité observée en piste.

« On parle de potentiel, mais ce potentiel s’exprime-t-il réellement ? Si à chaque mise sous pression les risques de disqualification ou de surchauffe frein apparaissent, le problème est structurel. Ce n’est plus une histoire de réglages, mais de philosophie de conception », résume-t-il.

Ce point est particulièrement inquiétant pour une équipe historique comme Ferrari, dont l’ADN repose sur une culture d’excellence technique et organisationnelle. Une mauvaise circulation de l’information entre les données de la piste, l’analyse en temps réel et le travail en soufflerie peut fausser complètement les orientations stratégiques et fausser le développement technique.

Des conséquences déjà visibles et un avenir à sécuriser

Les dernières courses parlent d’elles-mêmes : les performances en dents de scie, les relégations hors du podium et l’irrégularité stratégique ne sont que les symptômes visibles d’un mal plus profond. Alors que Red Bull, Aston Martin et même McLaren se montrent redoutables, Ferrari joue désormais son podium au championnat fabricants.

À court terme, une réaction rapide est attendue de la part de l’organigramme technique et stratégique de l’équipe. Mais à moyen et long terme, c’est une redéfinition de certains choix fondamentaux qui semble nécessaire. Comprendre où les failles se situent – entre conception aérodynamique compromise, freinage sous pression et communication interne bancale – est la première étape vers une renaissance durable en 2026, saison charnière avec la nouvelle réglementation moteur FIA.

Avec une base solide de jeunes talents côté ingénierie et un duo de pilotes capable de briller si les conditions sont réunies, Ferrari a les cartes en main. À condition de savoir comment – et surtout à quel moment – les jouer.

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