La Scuderia Ferrari traverse un tournant délicat de sa saison 2025. Alors que le Grand Prix de Singapour aurait pu être l’occasion de remettre les pendules à l’heure, les qualifications ont révélé des lacunes inquiétantes pour l’écurie italienne. Frédéric Vasseur, team principal depuis janvier 2023, ne cache pas sa frustration, mais garde aussi une posture pragmatique face à cette baisse de performance.
Des qualifications loin des attentes pour Ferrari
Ce week-end à Singapour, Ferrari espérait capitaliser sur une piste urbaine traditionnellement exigeante qui pouvait jouer en faveur de ses pilotes expérimentés : Lewis Hamilton et Charles Leclerc. Mais ni le septuple champion du monde, ni le Monégasque n’ont réussi à hisser leur monoplace au-delà de la troisième ligne. Avec des sixième et septième places sur la grille, Ferrari est condamnée à une course défensive dans les rues étroites de Marina Bay, où les dépassements sont rares et périlleux.
Frédéric Vasseur a fait preuve de transparence en analysant les contre-performances de ses troupes : « Il nous manque quelque chose, car nous avons enregistré le même temps au tour en Q1 et en Q3, sans profiter des bénéfices de l’évolution de la piste », a-t-il expliqué. Ce manque de progression sur la session entière est symptomatique d’une voiture instable ou peu adaptée à l’évolution des conditions de piste – un facteur souvent décisif à Singapour.
Ferrari sous pression : menace sur le podium des constructeurs
Depuis le Grand Prix d’Azerbaïdjan à Bakou, où Mercedes avait doublé Ferrari au classement des constructeurs, la Scuderia semble peiner à retrouver un rythme constant. Si les résultats en course ont parfois été meilleurs qu’en qualifications, l’inconstance du SF-25 sur différents types de tracés met Vasseur et ses ingénieurs face à un véritable casse-tête technique.
« Il faut le reconnaître, il nous manque quelque chose entre la Q1 et la Q3 », a admis Vasseur, soulignant un manque d’adaptation et de performance continue au fil des sessions. Au-delà du simple résultat brut, cette stagnation inquiète : contrairement à des écuries comme Red Bull ou McLaren, capables d’optimiser au mieux les évolutions de piste et de gommes, Ferrari semble plafonner là où il faudrait monter en puissance.
Ajoutez à cela la pression exercée par Mercedes et Aston Martin – désormais menaçante au championnat – et la marge d’erreur s’amenuise considérablement. Ferrari, troisième au classement actuel, pourrait perdre sa place sur le podium des constructeurs si ses performances en qualifications ne s’améliorent pas rapidement.
Vasseur, entre lucidité et résilience stratégique
Malgré tout, Frédéric Vasseur garde la tête froide. Face à une situation difficile, il veut s’appuyer sur les fondamentaux : tirer le maximum de la course, jouer avec les stratégies de ravitaillement et économiser les gommes là où cela peut faire la différence.
« Je préférerais partir en première et deuxième position plutôt qu’en sixième et septième. Il est tellement difficile de dépasser à Singapour, mais nous verrons bien », a-t-il confié, lucide mais combatif.
Avec un duo de pilotes aussi talentueux que complémentaire, Ferrari peut encore espérer limiter les dégâts. Hamilton, toujours précis sur les circuits où la gestion de pneus est clé, pourrait gagner des positions en jouant la carte de l’expérience. De son côté, Leclerc reste l’un des meilleurs en rythme de course lorsqu’il dispose d’un package équilibré.
Mais pour espérer de véritables avancées, l’écurie devra aussi revoir sa copie aérodynamique et trouver une meilleure corrélation entre simulateur et piste – un point qui, selon certaines sources internes à Maranello, reste perfectible depuis le début de la saison.
Conclusion : Ferrari au pied du mur mais pas résignée
Le Grand Prix de Singapour 2025 pourrait bien marquer un tournant pour Ferrari. Si les résultats ne sont pas au rendez-vous sur le sec comme à Bakou, c’est probablement l’ensemble du modèle de développement de Maranello qui sera remis en question en interne. L’approche analytique de Vasseur est un atout, mais il faudra qu’elle se traduise rapidement en performances tangibles.
Face à une concurrence toujours plus affûtée, la Scuderia doit retrouver le mordant qui faisait sa force en début de saison. Singapour est un test – pas seulement pour les pilotes ou les mécanos, mais bien pour toute la structure Ferrari. L’heure est venue de prouver que Maranello a encore les armes pour se battre en haut de tableau. Prochain verdict, dès l’extinction des feux.
Source des déclarations : Conférence de presse FIA post-qualifications, Grand Prix de Singapour 2025.