Depuis le début de la saison 2025, la tension monte dans les garages de la Scuderia Ferrari. Alors que l’arrivée de Lewis Hamilton, quintuple champion du monde, devait symboliser le renouveau et la conquête du titre, les résultats actuels laissent perplexes. Et pendant que le septuple champion peine à retrouver le haut de la grille, un certain Carlos Sainz brille sous les couleurs d’une Williams revigorée. Un scénario que nombre d’observateurs – et désormais certains membres de la Scuderia – n’avaient pas vu venir. Alors, Ferrari a-t-elle parié sur le mauvais cheval ?
Carlos Sainz : un départ qui laisse des traces à Maranello
La décision de Ferrari, officialisée fin 2023, de remplacer Carlos Sainz par Lewis Hamilton avait fait grand bruit. L’Espagnol, solide, fiable et redoutablement intelligent en course, quittait son baquet rouge après trois saisons sans fausse note majeures. En interne, cette décision avait été justifiée comme un « pari stratégique » pour enfin replacer Ferrari au sommet. Mais à quelques courses de l’été 2025, certains commencent à regretter ce choix.
C’est Gunther Steiner, ex-directeur de Haas et toujours bien informé des coulisses de la F1, qui a levé le voile sur ces remords. Dans une interview accordée à Motorsport Next Gen, il confie : « Je pense que certaines personnes dans l’équipe le regrettent. Le management ne peut évidemment pas avoir de regrets, car cela reviendrait à admettre qu’il a fait une erreur… »
En pointant du doigt les performances contrastées de Hamilton et les bons résultats de Sainz avec Williams – notamment un podium en Azerbaïdjan où la Scuderia ne plaçait aucune voiture dans le top 7 – Steiner met en lumière un écart aussi stratégique qu’humain. Carlos incarnait la stabilité, une qualité qui semble aujourd’hui cruellement manquer à Ferrari.
Hamilton en difficulté : une transition plus complexe que prévu
Recruter un pilote du calibre de Lewis Hamilton, c’est attirer les projecteurs… mais aussi assumer une pression médiatique constante. Depuis son arrivée, le Britannique ne cache pas ses frustrations concernant le comportement de la SF-25 qu’il peine à maîtriser. Résultat ? Pas un seul podium en Grand Prix cette saison, une première pour Lewis dans une carrière longue de 18 ans.
À l’inverse, Carlos Sainz semble s’épanouir sous les nouvelles couleurs bleues. Chez Williams, l’Espagnol est rapidement devenu le leader naturel de l’écurie. Malgré un package technique encore en retrait des top teams, il réussit à extraire le plein potentiel de sa monoplace. Son podium à Bakou, obtenu dans des conditions exigeantes, en est une preuve éclatante.
Hamburgé par son adaptation difficile à la Scuderia, Lewis Hamilton est également devenu une source de distraction pour l’équipe technique. Toujours selon Steiner : « Ils n’auraient pas eu toutes les interférences extérieures liées aux performances médiocres de Lewis… Avec Carlos, ils avaient une valeur sûre. » Une conclusion difficile à ignorer.
Des choix à long terme remis en question ?
Il ne s’agit évidemment pas de tirer un jugement définitif quelques mois après le début de la saison. Lewis Hamilton reste un pilote exceptionnel, et la redynamisation d’un projet aussi ambitieux que celui de Ferrari requiert du temps. Toutefois, l’écart grandissant entre les performances attendues et les résultats actuels nourrit la frustration à Maranello.
Sainz, lui, continue d’engranger des points, prouvant chaque week-end qu’il reste l’un des pilotes les plus sous-estimés du plateau. Chez Williams, son implication est saluée, et certaines rumeurs évoquent déjà un prolongement de contrat sur le long terme. Une aubaine pour une équipe en pleine reconstruction… et une source de regrets croissants pour la Scuderia ?
Ferrari devra prochainement redéfinir sa stratégie. En poursuivant avec Hamilton, impossible de faire marche arrière, mais il faudra retrouver une dynamique interne efficace, moins polarisée autour d’une seule individualité. Car en Formule 1, le collectif fait souvent la différence.
Conclusion : une leçon de stratégie et de psychologie
En laissant partir Carlos Sainz, Ferrari a peut-être commis une erreur de management… ou précipité une transition ambitieuse sans filet de sécurité. Si les mois à venir seront décisifs pour évaluer la pertinence du choix Hamilton, une chose est sûre : à l’heure actuelle, c’est bien Sainz qui tire les marrons du feu. Et à Maranello, certains commencent à se demander si la Scuderia n’a pas confondu star power et stabilité sur la piste.