Depuis le transfert très médiatisé de Lewis Hamilton chez Ferrari en début d’année, tous les projecteurs sont braqués sur le septuple champion du monde. Mais après plusieurs Grands Prix en demi-teinte et une SF-25 incapable de rivaliser durablement avec Red Bull ou McLaren, le Britannique a sorti les griffes. Sa cible ? La Formule 1 elle-même, et plus précisément les conséquences du plafonnement budgétaire sur la compétitivité des voitures de 2025.
Une saison 2025 figée trop tôt ?
Interrogé par Motorsport Next Gen à la suite des essais libres du Grand Prix d’Azerbaïdjan à Bakou, qu’il a terminés en tête, Hamilton n’a pas mâché ses mots : « C’est assez différent à cause du plafonnement budgétaire. […] Nous avons fait le switch très tôt sur 2026, et nous sommes donc coincés avec ce que nous avons pour le reste de l’année. »
Une déclaration qui en dit long sur la frustration du pilote britannique. En effet, avec la prochaine révolution technique attendue pour 2026, la quasi-totalité des écuries – Ferrari en tête – ont décidé de concentrer une large partie de leurs ressources sur la conception de leur future monoplace, au détriment du développement de la voiture actuelle.
Le plafonnement budgétaire, introduit en 2021 pour réduire les écarts entre les écuries et améliorer la viabilité économique de la discipline, limite les dépenses des équipes à environ 135 millions de dollars par an. Cette contrainte pousse les constructeurs à faire des choix stratégiques cruciaux, notamment lorsqu’un nouveau règlement pointe à l’horizon.
Ferrari mise sur 2026, au risque de sacrifier 2025
Du côté de Maranello, tout indique que Frédéric Vasseur et les ingénieurs de la Scuderia priorisent 2026, considérée comme une chance historique de rebattre les cartes. La SF-25, bien que compétitive à certains moments, souffre d’un manque de constance, notamment sur les circuits à haute dégradation de pneus ou à fort appui aérodynamique, un talon d’Achille déjà bien connu des rouges depuis plusieurs saisons.
Les choix techniques de Ferrari en 2025 semblent donc clairs : extraire le maximum de la voiture actuelle sans mobiliser de nouveaux développements majeurs. Une stratégie qui, si elle peut sembler pragmatique à long terme, laisse cependant Lewis Hamilton et Carlos Sainz — qui dispute sa dernière saison avec la Scuderia — à la merci de leurs adversaires directs.
Hamilton, fort de son expérience chez Mercedes lors du changement de règlement de 2014, sait à quel point une bonne préparation peut tout changer. Il pointe d’ailleurs les risques de ne pas jouer sur deux tableaux : « Nous allons simplement terminer l’année avec ce que nous avons », déplore-t-il. Une déclaration qui fait écho à ses souvenirs de 2008 et 2013, des années charnières en termes de transition technique.
Quel impact sur la dynamique du championnat ?
Le manque d’évolutions en 2025 pourrait redistribuer les cartes en fin de saison… ou entériner une hiérarchie figée. Chez Ferrari, l’objectif assumé est de maximiser les points avec les moyens du bord tout en préparant le véritable enjeu de 2026. Une vision à long terme qui repose sur l’espoir qu’Hamilton, avec son expérience, son exigence et ses capacités de développement, joue un rôle clé dans l’élaboration du nouveau projet.
Mais pour les fans, et particulièrement ceux du Cheval Cabré, la frustration est palpable. Voir une légende comme Hamilton, recrutée pour ramener Ferrari au sommet, devoir se contenter d’une saison de transition fait grincer des dents.
Reste que les propos du Britannique soulèvent un débat légitime : jusqu’où le plafonnement des coûts doit-il impacter l’intérêt sportif d’une saison ? La FIA devra peut-être revoir sa copie pour éviter que les années précédant un nouveau règlement technique ne deviennent des saisons fantômes.
En attendant, Hamilton et Ferrari devront composer avec une SF-25 probablement figée — tout en gardant les yeux rivés sur 2026, où tous les espoirs sont permis.