La Scuderia Ferrari traverse une zone de turbulences technique en cette saison 2025, alors que le mercato des ingénieurs bat son plein. Alors que l’écurie de Maranello espère rebondir après une campagne 2024 en demi-teinte, la perte de deux figures clés de son département moteur vient assombrir les perspectives à court et moyen terme.
Deux départs majeurs pour Turin : Zimmermann et Schmidt quittent le navire
Selon les informations croisées d’Autoracer et du Corriere dello Sport, deux ingénieurs moteurs haut placés au sein de Ferrari, Wolff Zimmermann et Lars Schmidt, s’apprêtent à quitter la Scuderia. L’un comme l’autre étaient impliqués au cœur du projet moteur 2026, un chantier majeur dans la transition vers les nouvelles réglementations énergétiques imposées par la FIA.
Wolff Zimmermann, en particulier, occupe un rôle de chef de projet moteur depuis plusieurs années. Sa réputation d’innovateur, notamment autour des systèmes hybrides et de la gestion énergétique, était précieuse pour les ambitions de Ferrari à l’aube de ce nouveau cycle réglementaire. Lars Schmidt, quant à lui, était en charge du développement des performances des moteurs thermiques. Ensemble, ils formaient une force vive autour de laquelle s’articulait une bonne partie du futur département propulseur à Maranello.
Le départ de ces deux ingénieurs marque un coup dur pour la Scuderia, encore sous la direction d’Enrico Gualtieri pour la partie moteur. En termes stratégiques, cela crée une volatilité préoccupante dans la préparation du moteur 2026, alors que chaque constructeur tente de maximiser son potentiel avant une refonte complète des unités de puissance.
Le projet Audi séduit… grâce à un ancien de la maison Ferrari
Ces départs chez Audi F1 ne sont pas totalement une surprise. La marque allemande, qui fera officiellement son entrée en F1 en 2026 en reprenant l’écurie Stake F1 (anciennement Alfa Romeo), a placé Mattia Binotto à la tête de son projet technique. Un nom bien connu à Maranello, puisque Binotto a dirigé la Scuderia jusqu’à fin 2023 avant de quitter le navire rouge.
Avec Binotto aux manettes, Audi attire discrètement mais sûrement des talents issus de Ferrari. Sa connaissance des profils clés du département moteur facilite l’opération débauchage – ce que confirme d’ailleurs indirectement le rapprochement de Zimmermann et Schmidt avec l’écurie allemande. L’ambition d’Audi est claire : constituer une équipe technique de haut niveau, aguerrie aux circuits, et familière des rouages d’un top team.
Cette stratégie d’Audi va au-delà du simple recrutement. Elle traduit une volonté d’arriver en Formule 1 avec un avantage compétitif technologique, en évitant une phase d’apprentissage trop longue. Un objectif réalisable… si les hommes recrutés parviennent à transposer le savoir-faire de Maranello vers Neuburg en Bavière, où seront développées les futures unités de puissance Audi.
Quelles conséquences pour Ferrari et le championnat F1 ?
Si Ferrari assure par la voix de ses représentants que le projet 2026 reste « sur les rails », force est de constater que les départs de deux cerveaux techniques risquent de faire bouger les lignes internes. Dans une ère où le moteur redevient stratégique en Formule 1 grâce à la nouvelle réglementation énergétique favorisant une plus grande proportion d’énergie électrique et la suppression du MGU-H, la perte d’expertise est coûteuse.
Le défi sera de taille pour Ferrari : remplacer rapidement ces profils d’expérience tout en maintenant la dynamique de développement. Le marché technique reste tendu, les profils expérimentés étant déjà prisés par d’autres écuries ambitieuses. Maranello pourrait soit promouvoir en interne, soit aller chercher à l’extérieur les talents nécessaires pour stabiliser son programme moteur.
Enfin, sur le long terme, ce mouvement prouve qu’Audi ne compte pas jouer les seconds rôles et commence déjà à perturber la hiérarchie existante, bien avant sa première participation officielle. Ferrari, de son côté, devra prouver que la solidité de son effectif technique ne dépend pas uniquement de quelques individualités.
Conclusion : Les départs de Zimmermann et Schmidt ravivent l’importance croissante du secteur moteur en F1, à l’aube du grand virage prévu en 2026. Pour Ferrari, il s’agira de transformer ce revers en opportunité… avant que ses ambitions rouges ne se colorent trop de gris bavarois.