Depuis ses débuts tonitruants en Formule 1 en 2007, Lewis Hamilton a toujours inscrit au moins un podium par saison. Une régularité impressionnante qui symbolise autant son talent que sa capacité d’adaptation. Mais en 2025, pour sa première année avec la Scuderia Ferrari, le septuple champion du monde pourrait vivre une désillusion de taille : finir une saison sans monter une seule fois sur la boîte.
Une adaptation compliquée à la SF-25
Transfuge de Mercedes depuis 2024, Lewis Hamilton entame sa collaboration avec la Scuderia pleine de promesses. Pourtant, à la mi-saison 2025, le constat est alarmant : zéro podium, des performances décevantes et une position au championnat en retrait par rapport à ce que l’on peut attendre d’un pilote de son calibre. Lors du récent Grand Prix d’Italie, Hamilton n’a pu faire mieux qu’une sixième place, confirmant les limites de la SF-25 – et son malaise persistant au volant.
« Je ne me sens toujours pas à 100 % à l’aise dans la voiture », a déclaré Hamilton après la course, dans des propos relayés par Motorsport Next Gen. Le Britannique explique devoir adopter « un style de conduite inhabituel » pour compenser les caractéristiques capricieuses de la monoplace. Une déclaration lourde de sens qui met en lumière un problème de fond : l’adéquation entre Hamilton et la stratégie technique de Ferrari reste, pour l’heure, incertaine.
Ferrari en panne de rythme : une inertie stratégique ?
Si Hamilton peine, c’est aussi parce que Ferrari semble avoir du mal à suivre le rythme des écuries de pointe. En 2025, Red Bull et McLaren dominent les débats, et même Mercedes retrouve des couleurs. La SF-25, bien qu’encore prometteuse sur certains circuits, souffre d’un déficit en appui aérodynamique et d’une instabilité chronique sur les zones humides et les freinages appuyés.
Ce manque de performance globale pousse la stratégie de Ferrari à l’usure : chercher à capitaliser sur les opportunités tout en évitant la casse. Mais pour un pilote comme Hamilton, la patience a ses limites. À 40 ans, le Britannique est venu à Maranello pour écrire une ultime page glorieuse de sa carrière, et non pour s’enliser dans une reconstruction similaire à celle qu’il a connue avec Mercedes post-ère hybride.
Un enjeu de carrière et d’image pour Hamilton
Terminer une saison sans podium ne serait pas qu’une simple anomalie dans le palmarès d’Hamilton : ce serait un signal fort que le lien entre l’homme aux 103 victoires et la Scuderia pourrait ne pas fonctionner. Sur le plan psychologique, il s’agirait d’un revers majeur après son choix audacieux de quitter Mercedes pour Ferrari, un pari risqué qui devait symboliser un nouveau départ.
La pression est double : satisfaire les attentes toujours immenses autour de Ferrari et celles autour de son propre héritage sportif. Si Hamilton subit actuellement ce passage à vide, ses efforts pour retrouver la performance ne sont pas à négliger. Sa méthodologie de travail et son exigence technique stimulent aussi l’équipe – mais le temps presse.
Quels scénarios pour la suite de la saison 2025 ?
Au regard du calendrier restant, quelques circuits pourraient néanmoins permettre à Hamilton de viser le podium, notamment Singapour et Abu Dhabi, où le grip plus élevé et les virages serrés pourraient compenser les déficits de la SF-25. À condition, bien sûr, que des améliorations soient apportées rapidement, notamment sur le plan du grip mécanique et de l’efficacité en virage lent.
Mais surtout, Ferrari devra revoir sa stratégie d’évolution et peut-être, assumer une hiérarchisation claire entre ses deux pilotes. Car si Charles Leclerc semble tirer un meilleur parti de la voiture cette saison, la Scuderia devra trancher : faut-il tout miser sur un pilote pour sauver l’honneur ?
La perspective d’une saison 2025 sans podium pour Lewis Hamilton est donc bien réelle. Elle cristallise les tensions entre adaptation individuelle et performances collectives. Et si cette saison devait rester vierge de trophées, elle rappellerait douloureusement que, même avec toute l’expérience du monde, s’imposer chez Ferrari reste un défi à part.