Le Grand Prix d’Italie 2025 ne s’est pas révélé être la fête espérée pour la Scuderia Ferrari. Devant un océan de drapeaux rouges à Monza, Charles Leclerc n’a pu faire mieux qu’une 4e place amèrement acceptée, coiffé sur le poteau par la domination de Verstappen et la montée en puissance impressionnante des McLaren. Loin de masquer sa déception, le Monégasque a livré une analyse sans détour de sa course. Décryptage d’une performance en demi-teinte qui en dit long sur les lacunes encore palpables du cheval cabré.
Un départ combatif… mais des pneus en souffrance
Charles Leclerc a entamé sa course avec l’état d’esprit qu’on lui connaît : déterminé, incisif, et prêt à se battre pour chaque position. Dès les premiers tours, un duel intense avec Oscar Piastri (McLaren) l’a obligé à repousser ses limites… et ses freinages. Un choix agressif qui n’était pas sans conséquence.
« La journée n’a pas été facile. J’ai essayé de me battre avec Piastri dans les premiers tours. Malheureusement, j’ai très vite surchauffé tous mes pneus », a confié Leclerc après la course (source : interview post-course F1TV, 8 septembre 2025). Les blocages répétés en entrée de virage ont ainsi altéré prématurément ses gommes, rendant le premier relais particulièrement délicat.
Ce phénomène n’est pas nouveau : la SF-25 reste sujette à une dégradation thermique plus marquée que ses rivales sur certains circuits. Face à la Red Bull toujours impériale dans la gestion de la performance sur la durée et à des McLaren désormais redoutables sur la gestion des pneumatiques, Ferrari a une fois encore payé son manque de constance en course.
La SF-25 en difficulté sur le plan de la dégradation
Après un été prometteur, ponctué par de bonnes performances à Spa et à Zandvoort, Ferrari abordait Monza avec ambition. Mais la réalité du terrain a rattrapé l’écurie italienne. La monoplace SF-25, bien que compétitive en qualifications, a montré ses limites sur le rythme de course.
La question de la dégradation des pneumatiques reste un point noir que les ingénieurs de Maranello peinent à résoudre. Sur le circuit rapide de Monza, où la traction et les freinages appuyés sollicitent fortement les pneus, les limites du package technique se sont révélées criantes. Cette faiblesse a mis Charles Leclerc dans une impasse stratégique : incapable de suivre le rythme des McLaren après avoir endommagé ses pneus, il a rapidement dû se battre pour conserver une position honorable plutôt que de viser le podium.
Ferrari semble persister à privilégier la performance pure sur un tour, mais la régularité sur la durée des relais fait toujours défaut. Un déséquilibre qui devient un véritable talon d’Achille dans un championnat où la moindre lacune est exploitée par des concurrents affûtés.
Un Leclerc lucide, une Ferrari en quête de solutions
Le ton employé par Leclerc après l’épreuve résume avec justesse l’état d’esprit actuel chez Ferrari : lucidité, frustration contrôlée, mais surtout volonté de rebond. « Je ne pouvais pas faire grand-chose de plus », a-t-il conclu, avec un réalisme désarmant.
Ces mots traduisent une prise de conscience partagée au sein de l’écurie italienne. Si 2025 a offert de belles éclaircies, à commencer par la superbe victoire de Carlos Sainz à Imola en mai dernier, Ferrari n’a pas encore trouvé la recette pour enchaîner les podiums face à une concurrence qui ne cesse de progresser.
La mise à jour aérodynamique introduite en Hongrie a certes apporté quelques gains de performance, mais l’équilibre entre performance, usure des pneus et efficacité des relais reste à peaufiner. Une problématique qui devrait d’ailleurs guider la prochaine phase de développement, orientée vers une meilleure gestion thermique et plus de souplesse sur les circuits exigeants en traction.
Cap sur Bakou : un nouveau défi de taille
Leclerc l’a déclaré : “J’aurai à cœur de me reprendre à Bakou”. Et il a raison. Le tracé du Grand Prix d’Azerbaïdjan, prévu pour le 21 septembre, est un terrain de jeu atypique, mêlant longues lignes droites et virages serrés, où les qualités de pilotage et les choix de configuration sont déterminants.
En 2023 et 2024, Ferrari y avait réalisé de solides performances, notamment grâce à la bonne vitesse de pointe de ses monoplaces. Mais la version 2025 du circuit, avec sa nouvelle chicane lente en fin de deuxième secteur, pourrait redistribuer les cartes. Un défi que les ingénieurs devront relever avec audace, sans quoi les ambitions de podium risquent encore de s’éloigner.
À trois semaines de ce rendez-vous capital, l’heure est au travail en coulisses. Car si Ferrari veut vraiment prétendre à mieux cette saison, il faudra transformer la frustration de Monza en moteur de progrès.