Le retour sur les pistes après la trêve estivale s’annonçait prometteur pour la Scuderia Ferrari. Pourtant, dès les premiers tours de roue à Zandvoort, Lewis Hamilton et Charles Leclerc ont été confrontés à une réalité bien plus brutale que prévu. Alors que le mythique circuit néerlandais accueille la 13e manche de la saison 2025 de Formule 1, les deux pilotes de la SF-25 ont exprimé de vives inquiétudes sur le comportement de leur monoplace.
Un vendredi noir pour Ferrari à Zandvoort
Dès les Essais Libres 1, la Ferrari SF-25 a montré des signes alarmants d’instabilité. Lewis Hamilton, sixième des EL2 mais auteur de plusieurs erreurs inhabituelles, a évoqué une voiture « imprévisible » rendant le pilotage difficilement contrôlable. « J’ai touché l’herbe, j’ai fait un tête-à-queue […] ce n’est pas la qualité de pilotage que nous visons », a confié le septuple champion du monde à la presse, citée par Motorsport.com. Deux tête-à-queue en une session pour un pilote de son calibre illustrent une monoplace difficile à appréhender sur un circuit aussi technique que Zandvoort.
Charles Leclerc ne s’est pas montré plus enthousiaste après une huitième place très moyenne lors des EL2. Le Monégasque a déclaré avoir vécu l’un de ses vendredis les plus compliqués de la saison. « C’est très bizarre ce qui s’est passé aujourd’hui […] sur deux virages, on perd huit dixièmes, ce qui est complètement fou », a-t-il expliqué dans des propos relayés par Canal+. Malgré quelques points positifs sur la majorité du tracé, la performance insuffisante dans deux parties précises du circuit compromet fortement le potentiel de la SF-25 en configuration qualifications.
Des faiblesses structurelles plus profondes ?
Ce que révèle cette journée difficile à Zandvoort, c’est peut-être un problème structurel persistant de la Ferrari 2025. Bien qu’à certains moments de la première moitié de saison la SF-25 ait montré de réels progrès, notamment en vitesse de pointe et dans la gestion des pneus, ce genre d’instabilité à faible vitesse dans les virages techniques remet en cause l’un des axes prioritaires du développement : la constance aérodynamique.
Le tracé de Zandvoort, étroit et exigeant, met en lumière toutes les failles d’une monoplace mal équilibrée. Si Ferrari espère jouer les premiers rôles à nouveau, elle ne peut se permettre de subir autant de variations de performance d’un circuit à l’autre. L’écart d’efficacité dans certaines courbes — jusqu’à huit dixièmes perdus dans un virage selon Leclerc — est symptomatique d’un souci fondamental d’adhérence ou de lisibilité du comportement aérodynamique. Les conditions de vent changeantes vendredi n’arrangent rien, mais ne peuvent à elles seules expliquer ces déficiences.
Une réaction attendue dès les qualifications
Ferrari n’est pas étrangère aux coups de théâtre stratégiques du samedi. L’écurie de Maranello a souvent été capable d’améliorer significativement sa copie entre les essais libres et les qualifications, grâce à un gros travail nocturne entre les ingénieurs à Maranello, en relation directe avec ceux sur place. Toutefois, la tâche s’annonce ardue compte tenu de la nature même des difficultés : difficile de croire à une « solution miracle » comme l’a souligné Charles Leclerc.
Avec la concurrence affûtée de Red Bull, McLaren et Mercedes, Ferrari ne peut se permettre un week-end hors du top 6 si elle veut rester dans la lutte pour le podium au championnat constructeurs. L’arrivée d’Hamilton chez les Rouges cette saison avait pourtant relancé l’espoir d’une dynamique vertueuse. Son expérience et son feedback technique très affûté devraient théoriquement permettre à Ferrari de mieux structurer son développement en cours de saison.
Reste à savoir si cet avertissement précoce aux Pays-Bas n’est qu’un faux pas passager ou le signe d’un malaise plus profond.
Vers une remise en question technique ?
Zandvoort pourrait être un tournant technique pour la Scuderia. Avec encore dix Grands Prix à disputer après les Pays-Bas, une réaction rapide du département technique sera clé pour éviter une dérive permanente face aux rivaux. Les prochaines heures seront donc cruciales dans les garages rouges. Le réveil attendu de Ferrari passera par une lucidité sans faille, un retour aux bases de réglage et une connaissance plus fine des limites de la SF-25.
Alors que Hamilton et Leclerc tirent la sonnette d’alarme, les fans de la Scuderia espèrent une métamorphose rapide pour que le rêve rouge ne s’effiloche pas dès la rentrée.