Dévoilée en février 2024, l’arrivée de Lewis Hamilton chez Ferrari pour la saison 2025 a fait trembler le paddock. Septuple champion du monde, star mondiale et pilote au palmarès hors norme, Hamilton était censé incarner un renouveau pour la Scuderia. Pourtant, à Maranello, le mariage entre le champion britannique et l’équipe italienne semble loin de faire l’unanimité.
Des tensions en coulisses : Hamilton, un choix marketing plus que sportif ?
C’est Arturo Merzario, ancien pilote Ferrari des années 1970, qui relance le débat. Dans une déclaration récemment accordée au Figaro (source : lefigaro.fr), l’Italien affirme que près de « 90 % des employés » de Ferrari n’étaient pas favorables à la venue du Britannique. Selon lui, cette arrivée aurait été perçue essentiellement comme une opération commerciale plus que stratégique, alimentant les doutes au sein même du personnel technique et sportif de l’équipe.
« Quand un pilote ne se sent pas valorisé ou intégré au groupe, il perd sa motivation », avertit Merzario. Et de souligner que Lewis Hamilton aurait du mal à mobiliser l’équipe autour de lui, faute de cohésion interne. Des propos forts, qui remettent en question la logique derrière cette recrue de prestige.
À Maranello, la Scuderia poursuit depuis plusieurs saisons une quête difficile du titre, sans succès depuis le sacre de Kimi Räikkönen en 2007. Dans ce contexte, parier sur un « top driver » tel que Hamilton, âgé de 40 ans en 2025, pouvait sembler audacieux. Mais la greffe semble difficile, alors que Charles Leclerc, pilote maison, bénéficiait jusque-là d’un soutien intégral.
Un pari stratégique à double tranchant pour la Scuderia Ferrari
Si Ferrari a voulu frapper un grand coup médiatique, les effets sur la performance sportive restent à démontrer. Du côté des résultats, la SF-25 peine encore à se hisser régulièrement sur la première ligne, et les tensions internes n’arrangent rien. Hamilton, malgré son expérience et son immense palmarès, n’a pas encore retrouvé la dynamique conquérante qui faisait sa force chez Mercedes.
Toujours selon Merzario, cette situation pourrait même démoraliser le Britannique : « Ce n’est pas fini. Il attend la bonne occasion. (…) Je pense que Lewis se sent comme quelqu’un qui a été détruit par Ferrari », confie-t-il avec amertume. Ce sentiment d’isolement est particulièrement préoccupant à ce niveau de compétition, où l’harmonie avec les ingénieurs, les mécaniciens et les stratèges est cruciale.
La comparaison avec les stratégies d’autres top teams, comme Red Bull et Mercedes, souligne que la stabilité et l’unité jouent un rôle majeur dans la conquête des titres. L’arrivée d’un pilote extérieur, aussi titré soit-il, peut venir bousculer un équilibre fragile – surtout lorsqu’un favori du public tel que Leclerc est déjà installé et soutenu localement.
Quel avenir pour Hamilton et Ferrari en 2025 ?
Ferrari traverse une phase critique. La saison 2025 devait marquer un tournant sous l’impulsion de Frédéric Vasseur, donnant un coup d’accélérateur au projet technique et humain. Mais l’intégration d’Hamilton ralentit-elle finalement cette évolution ?
À ce stade de la saison, l’équipe n’a pas encore obtenu de victoire (chiffres à vérifier selon le Grand Prix le plus récent), et les choix stratégiques en course continuent d’alimenter les critiques. L’alchimie entre Hamilton et la VF-25 ne semble pas encore évidente, tout comme son entente avec Leclerc, dont le contrat a été prolongé jusqu’en 2027.
Le défi pour Ferrari est désormais clair : transformer cette alliance en réussite morale et sportive. Cela implique un travail de fond sur la cohésion interne, la communication et la clarté des rôles. Hamilton, en véritable champion, a encore les armes pour relever le défi – à condition que la Scuderia parvienne à faire bloc derrière lui.
Car si l’arrivée d’Hamilton a pu diviser au départ, elle peut encore devenir un catalyseur pour la réussite… ou, au contraire, un épisode amer d’une reconstruction manquée.
En somme, Ferrari joue gros. Et à Maranello comme ailleurs, les paris risqués ne pardonnent pas.