Le Grand Prix de Hongrie 2025 promettait monts et merveilles pour Charles Leclerc et la Scuderia Ferrari. Auteur d’une splendide pole position sur le sinueux tracé du Hungaroring, le Monégasque faisait figure de favori. Pourtant, après 70 tours de course, c’est une frustrante quatrième place qui vient ternir un week-end que Ferrari aurait dû dominer. Analyse d’un gâchis technique et stratégique.
Une pole impressionnante, une course en déclin
Dès les qualifications du samedi, Charles Leclerc avait montré que la SF-25 pouvait rivaliser avec les meilleures. Sa pole position, arrachée de haute lutte face aux McLaren de Norris et Piastri et à une Mercedes revancharde, laissait entrevoir un dimanche radieux. Mieux encore, le départ fut maîtrisé : solide, agressif, Leclerc conserva sa position et géra parfaitement ses pneus dans le premier relais, maintenant Norris à distance pendant quasiment 30 tours.
Mais malgré cette belle entame, les premiers signes d’alerte sont apparus dans le deuxième relais. Les gommes arrière surchauffent, la SF-25 commence à glisser dans les virages lents, et l’écart avec les poursuivants fond. C’est à ce moment-clé que Ferrari n’a pas su réagir. George Russell, plus rapide dans la Mercedes, puis Fernando Alonso, opportuniste dans l’Aston Martin, parviennent à dépasser un Leclerc impuissant.
Une panne technique ruinant tous les espoirs
À l’arrivée, le verdict est amer : « Extrêmement déçu… à partir du 40e tour on a eu un problème avec le châssis. Il n’y avait plus aucun espoir », déclarait Charles Leclerc dans les colonnes d’Autohebdo (source : autohebdo.fr). Selon les premières analyses internes, la SF-25 aurait subi une dégradation de l’équilibre aérodynamique arrière, perturbant considérablement la stabilité en sortie de virage.
Un souci que Leclerc n’a pu que subir, perdant jusqu’à deux secondes par tour en fin de course. Dès lors, la stratégie, qu’elle soit à un ou deux arrêts, devenait presque secondaire : « La stratégie à un arrêt n’aurait rien changé parce que malheureusement avec mon problème de châssis on perdait deux secondes par tour », expliquait-il, visiblement abattu.
Le pilote monégasque a tout donné, repoussant les limites dune monoplace clairement déficiente : « Je savais que c’était à la limite… je ne pouvais pas faire grand-chose très honnêtement, j’ai tout donné. »
Stratégie, fiabilité : Ferrari doit tirer des enseignements
Ce nouveau revers met une fois encore en lumière l’un des talons d’Achille de Ferrari ces dernières saisons : la capacité à transformer une bonne qualification en un résultat probant le dimanche. Cette 4e place n’est pas seulement un résultat décevant sur le papier ; elle représente aussi une occasion manquée de creuser l’écart sur ses rivaux au championnat constructeurs, d’autant plus que Red Bull et Mercedes ont tous deux engrangé de précieux points à Budapest.
Mattia Binotto disait autrefois que « chaque défaite est une opportunité déguisée ». Voici donc une opportunité toute trouvée pour Frédéric Vasseur et ses ingénieurs. La pause estivale arrive au bon moment : Ferrari doit identifier en profondeur les sources de fiabilité défaillante, notamment sur les composants de châssis, afin de ne plus gâcher d’aussi belles positions de départ.
Une pause pour repartir de zéro
Alors que la Formule 1 marque une trêve de trois semaines avant de reprendre à Zandvoort, il est impératif pour Ferrari de maximiser ce temps d’arrêt. Dix courses restent à disputer en 2025 et les écarts sont serrés dans les deux championnats. Leclerc, lui, mérite mieux que de finir à quelques secondes du podium avec l’amère impression d’avoir couru avec une main attachée dans le dos.
Si la SF-25 peut signer des poles face aux Red Bull et McLaren, elle doit désormais prouver sa constance sur toute une course. Sinon, les rêves de titres s’évaporeront une fois encore sur l’autel des regrets techniques. Et pour Leclerc, le compteur des victoires depuis son arrivée en 2019 reste cruellement bloqué…
Un été pour souffler, analyser, corriger… et revenir plus fort.