Dans le paddock de la Formule 1, les rumeurs vont bon train. Et en ce début de saison 2025, la Scuderia Ferrari est au cœur des débats : Lewis Hamilton, arrivé cette année à Maranello, pourrait bien bouleverser l’équilibre interne de l’équipe italienne. Alors que Charles Leclerc semblait jusqu’ici le fer de lance du projet Ferrari, Nico Rosberg, champion du monde 2016 avec Mercedes, met en garde le Monégasque. En cause : la capacité stratégique de Hamilton à tisser des liens solides avec son environnement, un atout dont Rosberg a lui-même souffert durant ses années en tant que coéquipier du Britannique.
Un jeu d’échecs en rouge : Leclerc contre Hamilton
Avec l’arrivée de Lewis Hamilton chez Ferrari en 2025, l’écurie mythique de Maranello a décidé de miser gros. Septuple champion du monde, véritable légende vivante du sport, Hamilton a été accueilli avec un mélange d’ambition et de précaution. Cependant, malgré des débuts mitigés sur les premières courses de la saison, plusieurs observateurs, dont Nico Rosberg, estiment que le pilote britannique est en train de poser méthodiquement ses pions.
Lors d’un entretien relayé par Motorsport Next Gen, Rosberg explique : « Il y a beaucoup de lobbying qu’un pilote peut faire pour influencer l’équipe en sa faveur. C’était l’une des plus grandes forces de Lewis, et quand je me battais contre lui chez Mercedes, il était vraiment doué pour construire des relations solides avec toute la direction de l’équipe. » Il ajoute : « Il va utiliser ces compétences chez Ferrari, car il n’y a jamais de mal à avoir de plus en plus de soutien de l’équipe. »
Comprendre les propos de Rosberg revient à analyser une autre facette de la Formule 1 : celle des enjeux politiques internes. Car dans une équipe, au-delà des performances pures en piste, les affinités entre pilotes, ingénieurs et dirigeants peuvent orienter le développement technique, les stratégies de course et, in fine, les résultats au championnat.
Quels enjeux pour Ferrari et ses pilotes en 2025 ?
Charles Leclerc incarne depuis 2019 la jeunesse et l’espoir de Ferrari. Chouchou du Tifosi, fin connaisseur des rouages de la maison italienne, il a souvent été présenté comme le visage du futur champion maison. Mais ce statut est aujourd’hui mis à l’épreuve. Si Hamilton parvient à reproduire chez Ferrari le même schéma d’influence qu’il a instauré chez Mercedes, Leclerc pourrait perdre l’avantage psychologique et politique qu’il détenait jusqu’ici.
C’est toute la stratégie de Ferrari qui se retrouve interrogée : peut-on maintenir une égalité parfaite entre deux pilotes de ce calibre ? À court terme, c’est aussi la réussite collective de l’écurie qui est en jeu. Ferrari poursuit sa quête d’un premier titre mondial depuis 2008 chez les pilotes et 2007 pour une couronne individuelle. Leclerc est plus rapide depuis le début de saison, mais Hamilton n’est jamais aussi redoutable que lorsqu’il est dos au mur.
Par ailleurs, Ferrari doit composer avec un contexte ultra-concurrentiel en 2025 : Red Bull, bien que fragilisé par les turbulences internes post-Verstappen, demeure terriblement compétitif ; McLaren et Mercedes progressent ; et Aston Martin s’affirme comme un sérieux outsider. Chaque point, chaque prise de décision, chaque cohabitation entre coéquipiers peut faire basculer une saison.
La fin d’une hiérarchie ou le début d’une guerre froide ?
Le risque pour Ferrari réside dans une potentielle fracture interne. Leclerc et Hamilton ne sont pas seulement deux immenses pilotes, ce sont aussi deux leaders naturels. Leur entente, bien que cordiale en façade, devra passer l’épreuve du feu : désaccords stratégiques en course, rivalité dans le développement de la SF-25B, ou encore déséquilibres dans l’attention accordée par les ingénieurs à l’un ou à l’autre.
Si Leclerc perd l’appui historique qu’il a su bâtir à Maranello, et si Hamilton utilise son vécu et son art du relationnel à l’intérieur de la structure italienne, alors c’est la dynamique même de la Scuderia qui pourrait basculer. À ce titre, l’alerte de Rosberg n’est pas anodine : « Soudain, j’apprenais que Lewis était allé dîner la veille au soir à Stuttgart avec Dieter Zetsche, le PDG de Daimler. Rien que d’entendre ça, c’était comme un coup de poignard au cœur… »
A n’en pas douter, Ferrari devra jouer les équilibristes pour préserver l’harmonie et éviter les tensions qui ont parfois plombé son passé (coucou Prost vs Mansell, Vettel vs Leclerc…). Car si la Scuderia parvient à canaliser l’immense talent de ses deux pilotes vers un objectif commun, alors les tifosi peuvent rêver à un retour au sommet. Mais si les lignes de front se figent, gare aux dégâts collatéraux.
La saison 2025 est longue… Et les batailles les plus féroces se jouent parfois loin des courbes des circuits.