La Scuderia Ferrari avait de gros espoirs pour cette course sprint à Spa-Francorchamps, mais la performance de Lewis Hamilton en qualifications a laissé un goût amer dans la bouche de Frédéric Vasseur. Pour la première fois de la saison, le septuple champion du monde a été éliminé dès la SQ1. Un scénario inattendu qui a immédiatement suscité la réaction du patron de la Scuderia.
Une sortie prématurée en SQ1 : Hamilton en difficulté
Vendredi après-midi, le ciel ardennais était chargé, mais pas autant que le visage de Lewis Hamilton après sa prestation. Sur une piste séchante, le pilote britannique a successivement commis deux erreurs dans ses tours rapides, se voyant éliminé sans gloire dès la toute première séance qualificative. Un incident rare pour le champion vétéran.
Sur les ondes de Canal+, Frédéric Vasseur a exprimé, non sans retenue, son désarroi face à cette contre-performance : « Lewis, c’est un peu dommage : en Q1, il était six-sept dixièmes plus vite que Charles [Leclerc] jusqu’à la première erreur », a-t-il avancé, visiblement frustré.
Le patron de la Scuderia n’a pas manqué d’identifier les éléments extérieurs qui ont, selon lui, perturbé le Britannique. Il évoque un tête-à-queue d’Andrea Kimi Antonelli et une trajectoire poussiéreuse laissée par une sortie de Yuki Tsunoda comme des facteurs de déconcentration. « On voit un gros nuage depuis la caméra embarquée, et il doit la perdre comme ça. La deuxième, je pense qu’il est juste un peu agressif sur le frein », a précisé Vasseur.
Une opportunité manquée pour Ferrari ?
Le plus gros regret de Frédéric Vasseur ne réside pas seulement dans l’erreur d’un pilote expérimenté, mais surtout dans les données précieuses envolées à cause de cette élimination. La course sprint représente en effet une occasion stratégique pour affiner les réglages en conditions réelles avant le Grand Prix du dimanche.
Dans un contexte où chaque détail compte pour aligner les stratégies entre Charles Leclerc et Lewis Hamilton, perdre l’opportunité d’une bonne position de départ au sprint équivaut à toucher à l’équilibre global du week-end. « Ça nous aurait aussi permis d’avoir plus de données », a reconnu Vasseur avec dépit. Ferrari lutte pour revenir au sommet cette saison et chaque erreur, aussi ponctuelle soit-elle, peut peser lourd dans une bataille face à Red Bull et Mercedes qui ne laissent que peu de place à l’improvisation.
Un avenir incertain mais encore ouvert pour ce week-end
La course sprint n’est certes pas l’enjeu principal d’un week-end de Grand Prix, mais elle peut jouer un rôle crucial sur le plan stratégique. Hamilton, relégué dans le peloton pour le départ, devra faire preuve de son expérience et de sa combativité pour remonter.
Quant à Vasseur, son discours lucide et exigeant montre à quel point Ferrari vise désormais l’excellence sans compromis. L’arrivée de Hamilton à Maranello cette saison avait pour but d’instaurer une culture de la victoire, inspirée par ses années triomphales chez Mercedes. Même si cette erreur est isolée, elle rappelle aux fans comme aux ingénieurs de Ferrari que l’adaptation du Britannique au fonctionnement de la Scuderia reste en cours.
Ce revers en qualifications n’entame en rien le potentiel du duo Leclerc-Hamilton. Mais il met en lumière les hauts standards d’une équipe qui sait qu’elle n’a plus droit à l’erreur dans sa mission de reconquérir le sommet de la hiérarchie F1.
La course sprint à Spa et le Grand Prix du dimanche seront donc scrutés de près. Ferrari aura à cœur de montrer que cet incident n’est qu’un accroc sur la route du retour vers la victoire.