Le Grand Prix de Grande-Bretagne 2024 restera longtemps dans la mémoire de Charles Leclerc… mais pour de bien mauvaises raisons. Sur le circuit mythique de Silverstone, le pilote monégasque a vécu une véritable descente aux enfers, ponctuée d’erreurs, de mauvaises décisions stratégiques et d’une monoplace capricieuse sous la pluie. Une 14e place finale, bien loin des ambitions de Ferrari et de son pilote numéro un.
Un week-end à oublier pour Leclerc et la Scuderia
La météo britannique n’a pas épargné le paddock ce dimanche, avec des averses intermittentes qui ont considérablement complexifié les choix pneumatiques. Un climat chaotique certes, mais qui n’explique pas à lui seul la contre-performance de Charles Leclerc. Tandis que Carlos Sainz terminait à une solide 5e place, le Monégasque semblait totalement à la dérive, hors du tempo du peloton dès les premiers tours.
Après la course, c’est un Charles Leclerc abattu qui s’est exprimé devant les médias. Au micro de Viaplay, il n’a pas mâché ses mots : « C’était probablement l’une des pires courses de ma carrière. Ça a été un cauchemar du premier au dernier tour. […] On était complètement hors du coup pendant toute la course. » Des propos lourds de sens, qui confirment la désillusion vécue par celui qui, il y a encore quelques semaines, jouait les podiums à Miami ou Monaco.
Le problème semble multiple : d’une part, une stratégie risquée et non payante — un arrêt anticipé pour chausser les intermédiaires alors que la pluie n’était pas encore suffisamment intense —, et d’autre part, une SF-24 difficile à maîtriser en conditions humides. Leclerc a lui-même reconnu avoir été fautif sur plusieurs erreurs de pilotage, notamment des sorties de piste coûteuses en temps et en confiance.
Ferrari en retrait dans la hiérarchie : inquiétant signal ou simple accident ?
Ce résultat décevant de Leclerc n’est pas seulement un épisode isolé : il s’intègre dans une tendance plus large de perte de compétitivité pour la Scuderia Ferrari depuis le Grand Prix du Canada. À Silverstone, l’écurie italienne n’était tout simplement pas dans le coup face à une Mercedes en net regain de forme et une McLaren performante quelles que soient les conditions.
La question se pose alors : Ferrari a-t-elle manqué une évolution cruciale dans le développement de sa monoplace ? Depuis les améliorations techniques introduites à Barcelone, la SF-24 montre des signes de nervosité, notamment en virages rapides et sur pistes à faible adhérence. Carlos Sainz semblait plus à l’aise que Leclerc en course, ce qui amène également à s’interroger sur les réglages spécifiques adoptés par chaque pilote.
En conférence post-course, Frédéric Vasseur, directeur de l’écurie, a tenté de relativiser : « C’est une course difficile. Il faut analyser les données en profondeur avant de tirer des conclusions trop hâtives. » Mais le ton employé par Leclerc laisse peu de doute sur l’urgence ressentie en interne : des réponses doivent être trouvées, et vite.
Cap sur Spa-Francorchamps : opération rédemption pour Leclerc
Il faudra se relever vite. Avec une pause de trois semaines avant le retour à la compétition en Belgique fin juillet, Ferrari dispose d’un laps de temps précieux pour diagnostiquer ses faiblesses et revoir ses stratégies. Spa-Francorchamps est un tracé que Leclerc affectionne, où il s’est déjà imposé en 2019. L’enjeu est donc double : reconquérir sa confiance personnelle après une débâcle, et réaffirmer la place de Ferrari dans le peloton de tête face à Red Bull, Mercedes et McLaren.
La course de Silverstone est peut-être une alerte salutaire pour Maranello. À condition de la transformer en opportunité de rebond, et non en spirale de doutes. Leclerc, en tout cas, ne compte pas s’avouer vaincu. Son désarroi évident laisse déjà place à l’envie de revanche : « Il faut que j’analyse ce qui s’est passé, ce que j’ai fait en termes de réglages, d’outils, de pilotage… Aujourd’hui, c’était extrême », affirmait-il aussi à Viaplay.
Du rouge Ferrari au noir cauchemar, il n’y a qu’un virage. Mais sur une piste comme celle de Spa, tout peut encore basculer.