Depuis maintenant plus de six saisons, Charles Leclerc rêve de ramener Ferrari au sommet. Mais à l’issue d’un Grand Prix du Canada décevant pour la Scuderia, le Monégasque a vidé son sac : selon lui, la SF-25 n’est tout simplement pas une monoplace capable de remporter des courses. Une déclaration limpide, tranchante… et qui en dit long sur la frustration grandissante qui habite les rangs de Maranello.
Une SF-25 frustrante et limitée, selon Leclerc
Le week-end québécois aurait pu ressembler à une éclaircie. En qualifications, Leclerc semblait en mesure de jouer la première ligne, voire mieux. Mais une mauvaise gestion des pneumatiques en Q3 ne lui a permis d’effectuer qu’une seule tentative rapide, le reléguant à la huitième place sur la grille.
Une erreur stratégique qui s’ajoute à son accrochage lors des EL1 – une sortie de piste coûteuse pour la voiture numéro 16. En dépit d’un premier relais encourageant en course, où Leclerc parvenait à suivre le rythme des McLaren, une stratégie d’arrêts peu audacieuse a ruiné ses chances de remonter plus haut.
Après l’épreuve, le pilote Ferrari ne cachait plus sa déception : « La voiture ne permet tout simplement pas de viser la victoire, même si on exploite bien le potentiel. » (Source : Auto-Moto / Interview d’après-course). Une sentence sans appel, qui met en lumière les limites actuelles du package développé par la Scuderia.
Stratégie douteuse, ambiance pesante : un cocktail qui freine Ferrari
À Montréal, l’ambiance dans le stand Ferrari était loin d’être sereine. Des rumeurs insistantes entourant l’avenir de Frédéric Vasseur, en fin de contrat, ont semé le doute dans les garages. Le directeur d’équipe, pourtant soutenu publiquement par ses pilotes, a dénoncé une « atmosphère peu propice aux bons résultats » – une déclaration relayée par plusieurs médias spécialisés dont Motorsport.com.
Ce climat tendu, combiné aux lacunes stratégiques affichées en course, conduit à une stagnation que même les pilotes les plus talentueux ne peuvent compenser. Entre choix de pneus douteux et absence de réelles tentatives agressives, Ferrari paraît manquer de tranchant dans ses décisions. Un problème récurrent ces dernières saisons.
Un avenir flou et un présent inquiétant
L’abandon de Lando Norris et quelques incidents en piste ont permis à Leclerc et Sainz de grappiller des points au Canada, mais cela ne suffit plus. L’enjeu pour la Scuderia ne se limite pas à des Top 5 réconfortants. Le cheval cabré aspire à la victoire, et chaque course semble repousser un peu plus cette ambition.
Dans un contexte où la réglementation 2026 accapare déjà l’attention des équipes, le développement des monoplaces actuelles est réduit. Une situation qui pénalise Ferrari, d’autant plus que la SF-25 semble souffrir d’un concept de base trop limité pour rivaliser avec les McLaren, Red Bull ou Mercedes. Et 2025 pourrait ressembler à une saison de transition longue et frustrante.
Leclerc, symbole d’un espoir qui s’impatiente
Arrivé chez Ferrari en 2019, Charles Leclerc incarne à lui seul les espoirs de reconquête. Mais après six saisons, seulement huit victoires et un titre honorifique de vice-champion en 2022, la patience du Monégasque semble s’éroder. Ses déclarations post-Canada confirment un constat implacable : il est prêt à performer, mais attend de Maranello un outil à la hauteur de ses ambitions.
Alors que les rumeurs de transferts et de bouleversements techniques pour 2026 s’intensifient, les prochains mois seront cruciaux pour éviter de voir le joyau de Ferrari finir par regarder ailleurs.
Ferrari, en quête d’identité et de performance, se retrouve aujourd’hui à un carrefour. L’urgence n’est plus seulement technique, elle est aussi humaine. Et dans cet équilibre, Leclerc joue, plus que jamais, un rôle central.