Essais Libres 2 au Canada : Ferrari perturbée, Mercedes en confiance

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par Alex Marcol

Le Grand Prix du Canada débute sous haute tension pour la Scuderia Ferrari. Alors que les Mercedes semblent retrouver des couleurs et que les Williams créent la surprise, Ferrari voit sa préparation initiale plombée par un incident pour Charles Leclerc. Analyse complète de cette deuxième séance d’essais libres, entre rebondissements, tendances stratégiques et signaux faibles annonciateurs du week-end.

Une deuxième séance sans Charles Leclerc : les ambitions de Ferrari freinées

Coup dur pour la Scuderia : Charles Leclerc n’a pas participé aux Essais Libres 2 à Montréal. En cause, un contact avec le mur lors de la première séance, survenu à l’extérieur d’un virage, qui a occasionné des dégâts trop importants pour permettre à la SF-24 #16 de reprendre la piste dans l’après-midi. Sans surprise, la Scuderia a fait le choix de privilégier la sécurité et l’intégrité du châssis en vue des qualifications et de la course.

Privé de précieuses données en configuration EL2, le Monégasque partira avec un déficit d’informations par rapport à ses rivaux pour aborder les réglages clés du week-end — une problématique que Ferrari devra compenser vendredi soir via la simulation et la télémétrie de Carlos Sainz, 10e temps de la séance.

Notons que dans des conditions de piste similaires à celles de la première séance, la majorité des équipes ont pu étalonner efficacement les gommes tendres. Leclerc, absent, laisse Ferrari dépendante des analyses de Sainz, qui n’a pas semblé en mesure de rivaliser avec les Mercedes ou McLaren.

Mercedes impressionne, McLaren garde le rythme, Ferrari en observation

La deuxième séance d’essais a vu George Russell prendre le meilleur temps en 1:12.123, juste devant son compatriote Lando Norris (+0.028s). Lewis Hamilton complète la solide performance de Mercedes avec une 3e place remarquée. Voilà qui confirme une nette montée en forme des Flèches d’Argent sur un circuit Gilles Villeneuve qui récompense traction, grip mécanique et efficacité aux freinages — atouts que semblait manquer à la Ferrari ce vendredi.

Chez McLaren, Norris continue d’impressionner, tandis que son coéquipier Oscar Piastri reste plus discret avec une 6e position. Le duel entre les deux écuries britanniques prend de l’ampleur course après course, ce qui pourrait reléguer Ferrari à un rôle d’observateur si les Rouges ne déverrouillent pas plus de performance d’ici la qualification.

Autre surprise du jour : la belle forme des Williams. Avec un 4e chrono pour Alex Albon et une 7e place pour Logan Sargeant, l’écurie de Grove capitalise sur un week-end où leur faible traînée aérodynamique semble enfin récompensée. Un signal intéressant pour les observateurs qui surveillent les progrès du milieu de grille.

Montréal, un circuit exigeant qui peut tout bouleverser

Le circuit semi-urbain de Montréal ne pardonne aucune erreur, comme le démontre l’accident de Charles Leclerc en EL1, suivi de celui de Lance Stroll en EL2. Ce type de tracé exige une confiance absolue dans le comportement de la monoplace sur les vibreurs, combinée à une stabilité sous freinage. C’est précisément là que la Ferrari de 2024 peut montrer des faiblesses, comme déjà observé à Imola ou à Miami.

En attendant les EL3 à 18h30 (heure française), les techniciens de la Scuderia Ferrari vont devoir redoubler d’analyse : simulations, extrapolations de données de la SF-24 de Sainz et recalibrage du set-up. En particulier, le travail à mener sur les longs relais et la gestion des pneus en configuration course sera crucial pour ne pas hypothéquer les chances de podium dimanche.

La Scuderia ne doit pas perdre de vue que le niveau de compétitivité est cette saison extrêmement serré. Une qualification manquée jouerait un rôle déterminant sur ce circuit où les opportunités de dépassement sont limitées malgré la présence de plusieurs zones DRS.

Quelles attentes pour Ferrari ?

Si les essais de vendredi ne donnent pas encore un verdict définitif, ils envoient des signaux qui ne peuvent être ignorés. L’absence de Charles Leclerc en EL2 handicape Ferrari, mais la réactivité de l’équipe et les potentielles évolutions à venir pourraient compenser ce manque de roulage.

Du côté de Carlos Sainz, on attend un rebond. Le pilote espagnol devra hausser le ton en qualifications pour offrir des options en stratégie de course. Face à des adversaires directs ultra-compétitifs que sont Russell, Norris, Hamilton, Piastri et les Red Bull (Verstappen seulement 9e ici), Ferrari doit frapper fort dès les EL3.

Le retour aux avant-postes passe par une lecture fine des données, et surtout, une capacité à oser des ajustements radicaux si les conditions l’exigent. Une chose est certaine : à Montréal, rien n’est jamais écrit d’avance.

Rendez-vous ce samedi soir pour les Essais Libres 3, ultime occasion de rectifier le tir avant la qualification décisive.

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