Le rêve rouge vire au cauchemar pour Lewis Hamilton. L’arrivée du septuple champion du monde chez Ferrari avait suscité une vague d’enthousiasme au sein du paddock et parmi les tifosi. Mais après plusieurs Grands Prix, dont un calvaire en Espagne, la situation semble se détériorer dangereusement. À tel point que Nico Rosberg, ancien rival et champion du monde 2016, s’inquiète publiquement pour son ancien coéquipier chez Mercedes. Analyse d’un début de saison tendu pour la Scuderia et son pilote star.
Une performance inquiétante en Espagne
Au Grand Prix d’Espagne, Lewis Hamilton espérait enfin accrocher son premier podium au volant d’une Ferrari. Pourtant, c’est une sixième place austère qui est venue ternir ses ambitions. À Barcelone, le Britannique n’a jamais semblé en mesure de rivaliser avec son coéquipier Charles Leclerc, qui a su saisir l’opportunité d’un tracé favorable pour arracher la 3e place.
Ce contraste dans les performances, sur un circuit que Hamilton connaît pourtant par cœur, a jeté un froid. Le pilote de 39 ans a reconnu ne pas comprendre ce qui a cloché pendant la course. « Je ne peux pas l’expliquer », a-t-il confié après l’arrivée. Une confession rare pour un pilote reconnu pour sa rigueur et sa constance. De quoi nourrir les inquiétudes et attiser les débats autour de son intégration chez Ferrari.
Nico Rosberg s’interroge : un constat sévère mais lucide
Invité à commenter la course sur Sky Sports, Nico Rosberg n’a pas mâché ses mots en analysant la situation de son ancien coéquipier. « Il n’a pas d’explication non plus. Il y a peut-être eu un souci avec le plancher, c’est possible. Ces voitures sont tellement sensibles, une dégradation minime peut coûter très cher en rythme », a-t-il déclaré.
Mais au-delà des hypothèses techniques, c’est l’état psychologique de Hamilton qui interpelle. « Quand on ne comprend pas ce qui ne va pas, surtout lorsque son coéquipier monte sur le podium, c’est vraiment difficile à encaisser. La situation est très sombre », a ajouté Rosberg, en référence à la spirale négative qui semble s’installer (source : Sky Sports, juin 2024).
Le constat semble partagé : malgré l’expérience colossale de Hamilton, son adaptation à la SF-24 n’est pas aussi fluide qu’espéré. Et dans un contexte dominé par Red Bull et la montée en puissance de McLaren, chaque occasion manquée coûte cher.
Un défi stratégique pour Ferrari et Vasseur
Pour Frédéric Vasseur, directeur d’équipe de la Scuderia, cette situation pose un vrai casse-tête stratégique. D’un côté, Charles Leclerc se montre plus à l’aise, tant dans la compréhension de la monoplace que dans la communication avec les ingénieurs. De l’autre, Hamilton peine à retrouver le niveau qui a fait de lui une légende. Il en résulte un déséquilibre potentiel, compliqué à gérer en interne.
Ferrari joue gros cette saison. Avec une SF-24 plus compétitive que les années précédentes et un duo de pilotes considéré comme l’un des plus solides du plateau, Maranello misait sur un retour en force. Si l’un de ses piliers vacille, c’est tout le programme qui pourrait en pâtir. Les regards sont désormais tournés vers le Grand Prix du Canada, où Hamilton devra impérativement réagir.
Impact sur le championnat et sur l’avenir
Lewis Hamilton est un pilote hors norme, capable de renaître de ses cendres comme il l’a prouvé à de multiples reprises par le passé. Mais cette fois, le contexte diffère. En rejoignant Ferrari, il savait qu’il sortait de sa zone de confort. Le projet est ambitieux, mais encore en construction. Ce démarrage poussif rappelle que l’arrivée d’un champion dans une nouvelle équipe n’est jamais un gage de succès immédiat.
Pour la Scuderia, il va falloir redoubler d’efforts dans le développement de la monoplace, trouver la clé de la régularité, et surtout maintenir l’équilibre au sein du duo Leclerc-Hamilton. Car les ambitions de titre constructeurs ne toléreront pas des weekends à une seule voiture compétitive.
Alors, simple contre-performance isolée ou signe d’un mal plus profond ? Le prochain Grand Prix s’annonce déjà comme un tournant dans la saison 2024 de Ferrari… et de Lewis Hamilton.