Depuis le début de la saison 2024 de Formule 1, la Scuderia Ferrari se bat autant contre ses adversaires qu’avec ses propres imperfections. Un point d’achoppement majeur : la gestion des pneumatiques. Frédéric Vasseur, directeur de l’écurie italienne, l’admet volontiers. Sur une grille ultra resserrée, où les écarts de performance se mesurent en dixièmes, chaque détail adapté au bon moment peut changer la donne. Focus sur les améliorations, les défis, et les espoirs de Maranello pour retrouver le sommet.
Des qualifications en souffrance… enfin améliorées ?
Le Grand Prix de Miami 2024 a tiré la sonnette d’alarme : aucune des deux Ferrari n’a atteint la Q3, un fait révélateur d’une difficulté structurelle. Le problème ? L’incapacité chronique à placer les pneus neufs dans leur plage optimale de température. Un vrai déficit de performance, surtout dans une Formule 1 moderne où se qualifier dans le top 6 est essentiel pour viser le podium.
Depuis, la Scuderia n’est pas restée inerte. À Monaco, Charles Leclerc a signé le deuxième temps en qualification, confirmant les progrès réalisés. De Miami à Barcelone, on constate une tendance encourageante : trois Grands Prix consécutifs où les deux monoplaces rouges (Leclerc et Sainz) accèdent systématiquement à la Q3. Ferraristes et tifosi peuvent retrouver le sourire – partiellement.
Frédéric Vasseur l’explique clairement : « Même avec un dixième de mieux, cela peut faire une énorme différence en termes de position » (source : conférence de presse post-GP d’Espagne). Et il ne s’agit pas de simples conjectures. À ce niveau de compétition, le moindre gain d’adhérence ou d’équilibre modifie l’issue d’une Q3. Toutefois, Vasseur reconnaît que ces efforts ne suffisent pas – encore – pour rattraper McLaren, dont l’avance reste tangible.
Regain de rythme et nouvel équilibre après Barcelone
Le Grand Prix d’Espagne disputé à Barcelone a marqué une nouvelle étape dans la reconquête technique de Ferrari. La course a donné des signaux positifs : au 40e tour, les Ferrari étaient à peine cinq secondes derrière Lando Norris, preuve d’une progression significative par rapport à Miami, où elles accusaient un tour de retard. Le rythme de course s’est nettement solidifié, signe qu’en plus des qualifs, la performance globale s’améliore.
L’un des facteurs ayant réduit l’écart avec McLaren ? Le changement réglementaire sur la flexibilité des ailerons avant, longtemps perçus comme un des atouts majeurs des rivaux britanniques. Attention toutefois au raccourci, prévient Vasseur. « Je ne dis pas que c’est l’aileron avant, ce n’est pas un raccourci… », souligne le Français. Le fond du problème reste le même pour toutes les écuries de pointe : comprendre comment exploiter les pneus, et surtout maintenir leur performance sur la durée.
Cette maîtrise, Ferrari commence à la retrouver, mais le chemin est encore long. Depuis Barcelone, les données sont plus précises. L’équipe s’est recentrée sur l’analyse thermique et mécanique du comportement des gommes. Objectif : exploiter rapidement la température idéale, éviter la surchauffe et maintenir une régularité qui fait souvent la différence entre une P3 et une P7.
Un dixième, une révolution ?
Vasseur le martèle : une différence d’un dixième par tour peut chambouler l’ordre d’une grille entière. C’est précisément ce qui rend la Formule 1 2024 si captivante – et si exigeante. Derrière McLaren, à la lutte avec Mercedes et Red Bull, Ferrari doit capitaliser sur des détails techniques et stratégiques, pour émerger dans un peloton où la moindre faiblesse se paie cash.
À ce titre, les progrès récents – même modestes – sont riches de promesses. Le potentiel est là, la direction est claire : optimiser l’extraction de performance dès le premier tour de Q1, maximiser la compréhension des gommes, et s’adapter rapidement aux évolutions réglementaires.
Ferrari est ainsi remontée à la deuxième place du championnat constructeurs post-Barcelone. Une dynamique à confirmer dès les prochaines courses. Pour espérer la victoire, chaque dixième doit être conquis comme s’il valait une seconde. Car en 2024, c’est presque le cas.