Une Ferrari F40 oubliée pendant une décennie ? L’histoire paraît incroyable, et pourtant, elle est bien réelle. Elle concerne Ion Tiriac, figure emblématique du tennis roumain, devenu collectionneur de voitures d’exception après une brillante reconversion dans le monde des affaires. Retour sur une anecdote étonnante qui met en lumière l’un des modèles les plus emblématiques de Maranello… mais aussi l’ampleur d’une passion automobile démesurée.
Ion Tiriac : Du court de tennis aux garages de prestige
Pour les amateurs de tennis, Ion Tiriac est connu pour avoir remporté Roland-Garros en double en 1970 aux côtés d’Ilie Năstase. Mais après sa carrière sportive, l’ancien joueur s’est reconverti avec brio dans la finance, les assurances et plus généralement les affaires. Sa fortune actuelle est estimée par le magazine Forbes à près de 2 milliards d’euros. Une réussite qui lui permet de vivre sa passion pour l’automobile sans compter.
La Tiriac Collection, installée à Bucarest en Roumanie, est la preuve concrète de cette passion. Avec plus de 400 voitures de luxe dans son parc personnel, dont environ 200 exposées au public, l’homme d’affaires roumain possède l’une des plus remarquables collections privées d’Europe. La star ? Une Ferrari F40, modèle mythique de Maranello… oubliée pendant dix longues années dans un garage allemand.
Ferrari F40 : quand le mythe est mis de côté
Dans une interview accordée à la chaîne YouTube consacrée à sa collection (voir vidéo à partir de 9’40), Ion Tiriac livre une anecdote aussi surprenante qu’inédite. Dans les années 1990, pris par son emploi du temps chargé, il décide de laisser une Ferrari F40 dans un garage à Munich, faute de place dans ses propres installations. Pourtant, au fil des années, ce bijou historique sera complètement oublié.
« Dix ans plus tard, il [le garagiste] m’appelle et me demande : ‘Monsieur, j’en fais quoi de la F40 ?’. J’avais oublié ma Ferrari depuis dix ans ! », raconte Ion Tiriac, avec un mélange d’humour et de dérision. Le modèle qu’il avait acquis pour environ 610 000 € à l’époque était pourtant une pièce d’orfèvrerie de l’histoire Ferrari. Produite entre 1987 et 1992 en seulement 1 315 exemplaires, la Ferrari F40 est l’ultime chef-d’œuvre validé par Enzo Ferrari lui-même. Son V8 biturbo de 2,9 litres développant 478 chevaux propulse la supercar à plus de 320 km/h : une prouesse technologique à l’époque.
Un oubli révélateur de la rareté et de la valeur de la F40
Aujourd’hui, la F40 est considérée comme l’un des véhicules les plus emblématiques jamais conçus par la Scuderia. Elle symbolise l’approche radicale de Ferrari en matière de performance et d’aérodynamisme, sans compromis sur le confort ; une F40 est brute, extrême, authentique. Cet oubli de Tiriac souligne paradoxalement sa valeur inestimable : peu de collectionneurs pourraient aujourd’hui « oublier » une telle pièce d’histoire, alors que ce modèle atteint régulièrement des sommes supérieures à 2 millions d’euros aux enchères.
Cette anecdote met également en lumière un point intéressant du monde des collectionneurs ultra-riches. Lorsque la passion automobile s’affiche dans une telle abondance, il devient parfois possible de perdre de vue même les modèles les plus mythiques. Mais pour Ferrari, un tel incident renforce presque l’aura unique de la F40. Ce n’est pas qu’une voiture : c’est une légende à moteur, même lorsqu’elle dort pendant dix ans dans l’oubli.
Ferrari F40 : une icône toujours aussi convoitée
Aujourd’hui, l’histoire de la F40 oubliée par Tiriac fait sourire, mais elle inscrit aussi cette supercar dans une mythologie moderne où chaque exemplaire a son récit unique. Pour les fans de la Scuderia Ferrari, c’est une preuve supplémentaire du charme intemporel de ce modèle. Même loin des circuits de Formule 1, Ferrari continue de faire vibrer les passions, entre nostalgie, prestige et fascination mécanique.
Et dans le monde fermé des voitures de collection, une Ferrari F40 n’est jamais tout à fait oubliée… même lorsqu’elle l’est réellement.