Grand Prix de Miami : Ferrari dans la tourmente, inquiétude grandissante avant la course

Photo of author

par Alex Marcol

À Miami, la Scuderia Ferrari traverse un nouveau week-end difficile, loin des ambitions affichées en début de saison. Les performances de la SF-25 ne sont pas au rendez-vous, et les signaux envoyés par les pilotes sont pour le moins alarmants. Focus sur les limites dévoilées par la monoplace italienne lors du Sprint et de la séance de qualifications.

Un sprint trompeur mais révélateur d’un vrai malaise

Sur le papier, la troisième place de Lewis Hamilton au Sprint de Miami pourrait faire penser à une progression, mais le résultat est davantage le fruit d’une stratégie opportuniste que d’une réelle compétitivité de sa monoplace. Le Britannique, malgré une qualification modeste (7e), a su tirer parti d’un arrêt anticipé et du pari des pneus tendres pour devancer Verstappen et les Mercedes – un scénario favorable, mais peu représentatif du rythme pur des voitures.

Du côté de Ferrari, le Sprint a été plus cahoteux encore. Charles Leclerc a percuté le mur dès le tour de reconnaissance, compromettant ses chances avant même que la course ne débute. Pourtant considéré comme l’un des pilotes les plus à l’aise dans cet exercice, il n’a pas pu défendre ses chances, et s’est retrouvé immédiatement sur la défensive pour la suite du week-end.

Une séance de qualifications révélatrice des faiblesses de la SF-25

Si l’on espérait un redressement en qualifications, le verdict a été sans appel : les deux Ferrari ont été dominées par les McLaren, Mercedes… et même les Williams ! Charles Leclerc, en proie à un manque de grip et de performance sur les courtes distances, ne signe que le huitième temps, tandis que Carlos Sainz n’est jamais parvenu à se mêler à la lutte pour les premières lignes.

Plus préoccupant encore, même Lewis Hamilton – pourtant sur une voiture également en difficulté – n’a pas vu la Q3, échouant en Q2. Le septuple champion du monde n’a pas mâché ses mots : « On se fait battre par les Williams en qualifications, donc ils font un super boulot, mais notre rythme pur… C’est préoccupant. Il nous faut des évolutions, des améliorations, beaucoup de choses pour être meilleurs », a-t-il déclaré à Sky Sports F1.

Leclerc inquiet : un retard qui devient structurel ?

De l’autre côté du cercle rouge, Charles Leclerc partage les mêmes inquiétudes. Après plusieurs Grands Prix encourageants, notamment en Australie, le pilote monégasque pensait voir Ferrari sur une dynamique ascendante. Mais à Miami, le retour à la réalité est brutal : « Être relégué à cinq dixièmes sur un circuit aussi court, c’est significatif. Cela met en lumière les failles de notre voiture sur ce type de tracé. »

Le principal problème ? Une monoplace qui manque d’adhérence mécanique sur les sections sinueuses, combinée à une instabilité sur les changements d’appui rapides. Résultat : la Ferrari SF-25 souffre face à la polyvalence des Red Bull et à la montée en puissance des McLaren. Et lorsque la météo s’en mêle, la situation s’empire.

Pas à l’aise sous la pluie : un mal chronique

Autre sujet d’inquiétude : le comportement de la voiture sur piste humide. Lors du Sprint Shootout, Leclerc a testé les pneus intermédiaires – un pari risqué dans des conditions changeantes – qui a mené à sa sortie de piste dès le tour de reconnaissance. Le Monégasque avoue que ce choix stratégique était une erreur : « Prendre le départ en pneus intermédiaires était une erreur, on n’aurait jamais dû prendre ce risque. »

Lewis Hamilton enfonce le clou : « La voiture n’était pas bonne sur le mouillé. Je ne sais pas si ce sera mieux demain. On verra bien », a-t-il confié en zone mixte. Le manque de confiance des pilotes sur piste humide souligne un défaut structurel de la SF-25 : une aérodynamique qui peine à fonctionner dans les conditions précaires, et une tendance au sous-virage que ni le setup ni les pneus ne parviennent à corriger efficacement.

Quels enjeux pour Ferrari à Miami ?

Avec une position moyenne sur la grille et un manque général de performance, Ferrari aborde le Grand Prix de Miami sur la défensive. Misant sur un scénario de course imprévisible (pluie, voiture de sécurité, stratégie agressive), la Scuderia n’a aujourd’hui d’autre choix que de limiter les dégâts en espérant un rebond rapide grâce aux futures évolutions techniques prévues dans les prochaines semaines.

Plus que jamais, le week-end en Floride ressemble à un tournant : Ferrari, désormais menacée par ses rivales directes, doit impérativement corriger le tir pour rester dans la course aux podiums. Miami pourrait bien cristalliser les fragilités d’une écurie dont les ambitions ne suffisent plus à masquer les lacunes techniques.

Laisser un commentaire